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L’urgence de l’Hôpital Grace de Winnipeg surpeuplée et sous pression

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La salle d’urgence de l’Hôpital Grace, à Winnipeg, qui a une capacité de 31 lits, reçoit parfois jusqu’à 90 patients à la fois, selon une infirmière.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada

Même si la pandémie ne nuit plus autant aux hôpitaux winnipégois qu’auparavant, le réseau demeure tout de même sous pression et la situation s’aggrave dans certains cas. L’Hôpital Grace, à Winnipeg, est particulièrement touché, selon une infirmière qui y travaille.

Selon l’infirmière des urgences à qui CBC/Radio-Canada a accordé l’anonymat parce qu'elle craint des représailles, jusqu’à 20 patients attendent dans les couloirs de l’hôpital à tout moment. Il n’y a pas de bouton d’appel sur les murs [ou] d’oxygène accessible [dans les couloirs], explique-t-elle.

« Ce n’est pas un lieu adéquat pour les patients. »

— Une citation de  Une infirmière de l’Hôpital Grace

Les patients doivent attendre dans les couloirs parce que la salle d’urgence, conçue pour une capacité de 31 lits, reçoit parfois jusqu’à 90 patients à la fois. L’infirmière affirme que les urgences de l’hôpital accueillent plus de 80 patients à la fois plusieurs fois par semaine.

Dans les dernières semaines, les gestionnaires de l’Hôpital Grace ont tenté tout ce qui est possible pour pourvoir les postes et les quarts vacants. L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) demande d’ailleurs aux infirmières de la santé publique de travailler dans la salle d’urgence potentiellement pendant plusieurs semaines.

Ces six derniers mois, l’infirmière de l’Hôpital Grace affirme avoir eu connaissance de neuf collègues qui ont quitté les urgences, fatigués et insatisfaits des heures supplémentaires obligatoires.

Selon elle, en plus des problèmes de manque de personnel, il y a eu un pic dans le nombre de patients gravement malades à l’hôpital. Ces facteurs combinés font déborder la salle d’urgence.

Les urgences sont censées servir à offrir les soins nécessaires dans l’immédiat à un patient qui arrive à l’hôpital. Ensuite, le patient est déplacé vers les soins intensifs ou un autre département pour être soigné. Quand il va mieux, il peut retourner chez lui et récupérer, explique l’infirmière.

Or, les départements qui devraient absorber les patients des urgences sont fermés à cause du manque de personnel. D’après l’infirmière, lorsqu'il n'y a pas d'endroit où ils peuvent être transférés, les patients se retrouvent coincés dans la salle d’urgence.

Une situation pas idéale

Lorsque Jan Wynn a appris que son père, alors patient à l’Hôpital Grace, allait être déplacé en dehors des urgences à la fin du mois d’avril, elle a d’abord été contente. Une fois sur place, sans nouvelles pendant un long moment, elle est allée s’informer à la réception.

Il s’avère que j’étais passée à côté de lui et je ne l’ai même pas vu parce qu’il était dans le couloir, raconte Mme Wynn. Elle affirme que des membres du personnel soignant lui ont avoué que la situation n’était pas idéale.

Jan Wynn raconte que son père a passé sept heures dans un couloir. Elle a attendu avec lui, après avoir approché une chaise pour être près de lui, même si elle savait qu’elle prenait de la place.

« Je ne voulais pas qu’on oublie qu’il était là. »

— Une citation de  Jan Wynn

Jan Wynn a décidé de raconter ce qui est arrivé à son père après avoir lu dans un article que la ministre de la Santé, Audrey Gordon, disait que l’attente de patients dans les couloirs des hôpitaux était un phénomène à court terme.

On essaie de rassurer le public en disant que tout va bien. Et ce que j’ai vu dans ma courte expérience, ce n’est pas bien, soutient Jan Wynn. Depuis son passage à l’Hôpital Grace, le père de Mme Wynn a été transféré à l’Hôpital Saint-Boniface.

Un porte-parole de la province a qualifié la santé des Manitobains de plus haute priorité du gouvernement.

L’ORSW a quant à lui déclaré que les problèmes dans le réseau de la santé de Winnipeg découlent de l'augmentation subite du nombre de patients. C’est un problème qui n’est pas apparu du jour au lendemain et nous sommes déterminés à remédier à la situation et à fournir des soins sécuritaires et efficaces à tous ceux qui en ont besoin, dit-il.

Avec les informations d'Ian Froese

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