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L’armée russe à l’assaut du dernier pré carré ukrainien de la région de Louhansk

Le métro de Kharkiv, qui a longtemps servi d'abri contre les bombes à ses habitants, a recommencé à fonctionner mardi.

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Un panache de fumée est visible après une frappe sur une usine de Soledar, petite localité située au sud-ouest de Sievierodonetsk et Lyssytchansk.

Photo : Getty Images / AFP/ARIS MESSINIS

Les troupes russes intensifient mardi leur offensive sur Sievierodonetsk et Lyssytchansk, des villes jumelles qui abritent la dernière poche de résistance de l’armée ukrainienne dans la région de Louhansk.

L’armée russe tente depuis plusieurs jours d’encercler les deux villes, situées respectivement à l’est et à l’ouest de la rivière Siverskiy Donets, mais en vain jusqu’ici.

Sievierodonetsk est entièrement sous le contrôle des autorités ukrainiennes. Mais c'est vraiment très difficile, a commenté à la télévision ukrainienne le gouverneur régional Serguiï Gaïdaï.

« Aujourd'hui, nous constatons que le nombre des bombardements à Sievierodonetsk a augmenté. Ils détruisent simplement toute la ville. »

— Une citation de  Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk

Les Russes bombardent le centre de la région de façon chaotique et ininterrompue, a ajouté le gouverneur dans un message subséquent sur Telegram.

Selon M. Gaïdaï, quatre personnes qui vivaient probablement dans un même appartement ont été tuées dans la matinée lorsqu’une frappe russe a touché leur immeuble d'habitation.

Quelque 15 000 personnes vivent toujours à Sievierodonetsk, estime le gouverneur.

« Nous comprenons que les Russes ont maintenant jeté toutes leurs forces, soit pour s'en emparer, soit pour assiéger toute la partie de la région de Louhansk qui est contrôlée par l'Ukraine. »

— Une citation de  Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk
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Une infirmière d'un hôpital de Kostiantynivka, dans l'Est ukrainien, s'occupe d'un homme qui a subi une intervention chirurgicale après avoir été blessé aux jambes et à l'abdomen à Sievierodonetsk.

Photo : La Presse canadienne / AP/Francisco Seco

Plus à l’ouest, dans la région de Donetsk, l’armée ukrainienne maîtrise la situation, même si des sirènes avertissant les citoyens de possibles bombardements se font entendre.

Des journalistes de Reuters qui s’y sont rendus rapportent avoir vu des rues achalandées, un marché local bondé, des enfants faisant du vélo dans les rues et un violoniste jouant devant une épicerie.

Deux autobus se préparaient à tenter de se rendre à Lyman, au nord-ouest de Sloviansk, pour évacuer des civils aux prises avec d’importants bombardements de l’armée russe.

Des combats sont en cours pour le contrôle de la ville de cette ville, un important noeud ferroviaire dont la prise constituerait un progrès important dans ces tentatives d'encerclement, a affirmé le chef des séparatistes prorusses de Donetsk, Denis Pouchiline.

Des unités russes et de la milice populaire [l'armée séparatiste prorusse] sont entrées dans la ville, a-t-il affirmé lors d'une émission pro-Kremlin diffusée sur YouTube, ces informations étant impossibles à vérifier dans l'immédiat.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Kiev admet la perte de trois localités de la région de Donetsk

Le gouverneur ukrainien de Donestk, Pavlo Kyrylenko, a reconnu mardi soir que les troupes russes se sont emparées de trois localités de la région, dont Svitlodarsk, à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Sievierodonetsk.

Les autorités de la république prorusse autoproclamée de Donetsk, établie sur une partie de la région après la guerre de 2014, avaient annoncé la prise de Svitlodarsk plus tôt dans la journée.

Le ministère ukrainien de la Défense a pour sa part évoqué en matinée d'intenses combats en cours dans les environs de Popasna et de Bakhmout.

La chute de Bakhmout donnerait aux Russes le contrôle d'un carrefour qui sert actuellement de centre de commandement impromptu à une grande partie de l'effort de guerre ukrainien.

Malgré les risques qu’ils courent, des résidents de la ville ne veulent pas partir, s’est désolé son maire adjoint, Maxim Soutkovyï, devant un autocar à moitié vide prêt à emmener des civils vers des endroits plus sûrs.

Des journalistes de Reuters disaient lundi avoir été témoins d’intenses bombardements sur la route reliant Bakhmout à Lyssytchansk. Des blindés, des tanks et des lance-roquettes de l’armée ukrainienne se dirigeaient vers la ligne de front.

Ça fait trois mois, aujourd'hui, que l'armée russe a lancé son offensive en Ukraine. Ses attaques se concentrent dans le Donbass, dans l'Est du pays. Et l'horreur continue. Reportage de Lise Villeneuve.

Nous avons de très violents combats dans les régions de Gorlovka [Horlivka, selon la graphie ukrainienne], d'Avdiivka, de Maryinka, de Novomaryinka, quatre localités situées près de la ville de Donetsk, a pour sa part signalé le même jour Edouard Bassourine, un représentant des forces séparatistes prorusses qui contrôlent la région du même nom.

Le commandement ukrainien pour la région du Sud a aussi évoqué une avancée de ses divisions à travers la région de Mykolaïv en direction de la région de Kherson, contrôlée par les Russes, qui y ont introduit leur monnaie, le rouble. Il a accusé les occupants d'avoir tué des civils cherchant à fuir la ville en voiture.

Les forces ukrainiennes pilonnent dorénavant les positions russes avec des systèmes d'artillerie occidentaux tout nouvellement acheminés, en particulier des obusiers américains, a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne.

À Marioupol, maintenant sous contrôle russe, environ 200 corps ont été retirés mardi des décombres d'un immeuble de logements détruit depuis un bon moment, selon un conseiller du maire de la Ville, Petro Andryouchtchenko. Les corps étaient en décomposition et la puanteur se répandait dans le quartier, a-t-il dit.

Le ministère russe de la Défense a quant à lui annoncé avoir retiré toutes les mines terrestres ou marines placées aux alentours du port de Marioupol par les derniers défenseurs de la ville, qui se sont rendus la semaine dernière.

Le métro de Kharkiv reprend du service

Après près de trois mois d'interruption en raison de l'offensive russe, le métro de Kharkiv, qui a longtemps servi d'abri contre les bombes pour les habitants de la deuxième ville la plus populeuse d'Ukraine, a repris son fonctionnement mardi.

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Le métro de Kharkiv a recommencé à fonctionner mardi, trois mois après une longue interruption de service attribuable à l'offensive russe.

Photo : Getty Images / AFP/DIMITAR DILKOFF

Ça fait bizarre. Des gens ont vécu ici pendant trois mois et maintenant on dirait un jour normal, où tu vas au travail comme d'habitude, résume Artiom Zelensky, 28 ans, carrossier dans un garage, qui fait partie des milliers d'habitants de Kharkiv qui ont pris le métro dès les premières heures de son ouverture.

« C'est dur de rester à la maison. Il faut aller travailler, reconstruire la ville, gagner de l'argent pour vivre. On ne sait pas de quoi demain sera fait. »

— Une citation de  Artiom Zelensky, carrossier à Kharkiv

L'étau autour de Kharkiv s'est desserré ces dernières semaines, en raison d'une contre-offensive de l'armée ukrainienne, et les forces russes semblent avoir renoncé à essayer de la reprendre, pour concentrer plus de troupes dans le sud et l'est du pays, où les combats continuent.

Le métro de Kharkiv, ville de 1,4 million d'habitants avant la guerre, accueillait 158 millions de personnes par an sur ses trois lignes qui comptent une trentaine de stations. Trois stations situées dans le nord-est de la ville, un secteur toujours en proie aux tirs d'artillerie, restent fermées, et des centaines de personnes y vivent toujours.

Les autorités avaient demandé aux personnes qui s'étaient réfugiées dans les autres stations du métro de partir avant dimanche, leur proposant des relogements temporaires alors que de nombreux immeubles de la ville ont été détruits ou sont dans des zones dangereuses.

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Le cercueil d'un soldat ukrainien tué au combat est porté en terre, lundi, à Kharkiv. Le bilan exact des soldats tombés au combat depuis le début de la guerre est inconnu.

Photo : La Presse canadienne / AP/Bernat Armangue

Les trains ne passent pour le moment que toutes les 20 ou 30 minutes, mais la cadence doit s'accélérer dans les prochains jours. Le transport y sera gratuit pour les 15 prochains jours, a indiqué à la presse le maire Igor Terekhov, qui a symboliquement emprunté le métro mardi.

« Nous avons décidé de relancer le métro parce qu'on doit relancer l'économie. Beaucoup de gens ne travaillaient pas et n'avaient plus d'argent. »

— Une citation de  Igor Terekhov, maire de Kharkiv

La retraitée Tetyana Volkova, 64 ans, se dit contente que la vie revienne à la normale. On était dans les caves et on peut sortir à nouveau, explique-t-elle en allant chez une amie qu'elle n'a pas vue depuis longtemps.

Mais quand on évoque la situation militaire, son visage s'assombrit et elle semble réprimer des larmes. Elle avoue avoir peur. Tout est entre les mains de Dieu. Je ne comprends pas, c'est le mal et ça ne peut pas durer. Je préfère ne pas en parler.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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