•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec doit en faire plus contre les violences sexuelles à l’école, selon des jeunes

Chargement de l’image

Des représentants du collectif La voix des jeunes compte, en compagnie des députées Christine Labrie (au centre) et Véronique Hivon (à droite).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un regroupement d’élèves interpelle de nouveau le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge pour souligner que la loi visant à réformer le traitement des plaintes en milieu scolaire ne sera pas suffisante pour répondre aux enjeux de violence sexuelle à l’école.

Alors que le projet de loi 9 visant à créer un tel poste entrera bientôt dans la dernière ligne droite avant son adoption, le collectif La voix des jeunes compte a donné une conférence de presse à l’Assemblée nationale mardi pour demander de nouveau au gouvernement d’en faire plus.

Ils demandent notamment que la question de la violence sexuelle à l’école fasse l’objet d’une loi-cadre qui soit dédiée à cette problématique, plutôt que de dépendre de la Loi sur l’intimidation et la violence à l’école qui ne répond pas aux attentes.

Mon ami a subi une agression sexuelle à l’école de la part d’un élève. Il s’est retrouvé dans le bureau de l’intervenante face à son agresseur qui lui a remis une lettre d’excuses. C’est la conséquence après un premier incident en vertu du protocole interne mis en place par la Loi sur l’intimidation, a illustré Kenza Chahidi, membre du collectif.

« Mon ami s’est vu forcé d’accepter cette lettre et l’intervenante a mentionné qu’elle devait accepter les excuses de la part de l’agresseur parce qu’elle connaissait l'élève et que, paraît-il, c’était un bon garçon et qu’il n'allait pas recommencer. »

— Une citation de  Kenza Chahidi, membre de La voix des jeunes compte

Victime de violence sexuelle à l’âge de 14 ans, Sha'Nyce Mocombe aujourd'hui âgée de 17 ans, se questionne : Lorsqu’un jeune est obligé de faire une fellation dans le vestiaire ou lorsqu’un jeune reçoit des commentaires sur ses seins par son professeur devant toute la classe, ou lorsqu’un jeune se fait toucher les fesses à répétition, est-ce que le Protecteur de l’élève sera vraiment en mesure d’intervenir auprès de la victime et de l’agresseur?

Elle rappelle que les violences sexuelles sur les jeunes sont la norme et non pas l’exception. Selon les statistiques, en 2019, les personnes âgées de moins de 18 ans représentaient 62 % des victimes d’infractions sexuelles enregistrées par la police et 46 % des victimes d’agressions sexuelles.

Le collectif dénonce des protocoles inadaptés et le manque de ressources appropriées.

Les députés Christine Labrie et Véronique Hivon ont tenu un point de presse ce matin pour dénoncer les violences sexuelles commises envers des élèves du primaire et du secondaire. On en parle avec Christine Labrie, la députée de Sherbrooke de Québec solidaire, et Kenza Chahidi, une étudiante de 19 ans.

QS et le PQ en soutien

Sans s’opposer à la création d’un poste de Protecteur de l’élève, Québec solidaire et le Parti québécois soutiennent la démarche du collectif et étaient présents à leur conférence de presse.

« On a franchi un grand pas au Québec avec la création du tribunal spécialisé sur les violences sexuelles et conjugales, avec toute une approche dédiée en accompagnement. Il faut que cette même philosophie puisse exister au niveau scolaire et s’adapter à la réalité des jeunes. »

— Une citation de  Véronique Hivon, porte-parole du PQ en matière d’éducation

Des gains ont été faits grâce à la lutte menée de longue date par les jeunes, a résumé la députée solidaire Christine Labrie en évoquant le processus accéléré de traitement des plaintes pour violence sexuelle et la formation spécifique des protecteurs de l’élève quant à cette problématique.

Elle souligne toutefois que cette problématique ne devrait pas relever de politiques reliées à la Loi sur la violence et l’intimidation à l’école, des politiques qui datent de déjà 10 ans et qui malheureusement n’ont jamais donné les résultats escomptés, a-t-elle déclaré.

Du côté du cabinet du ministre Roberge, on souligne que « le projet de loi 9 va déjà très loin et qu'« une trentaine d'amendements ont été déposés spécifiquement sur les violences sexuelles ».

« Les jeunes on tété consultés et écoutés », indique l'attaché de presse du ministre Roberge, Florent Tanlet. Il souligne en outre que les enseignants peuvent utiliser une banque d'heures de formation pour se former notamment à la question des violences sexuelles et que toutes les écoles doivent déjà se doter de plans d'intervention.

Déposé en novembre 2021, le projet de loi 9 sur le protecteur national de l’élève propose de créer un organisme autonome, externe au réseau scolaire, sous la gouverne d’un protecteur national. Son bureau chapeauterait des protecteurs régionaux responsables d'examiner les plaintes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !