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Un organisme dénonce le manque de collaboration dans la gestion des CPE en N.-É.

Avec sa réforme, la province prévoit créer une seule organisation pour gérer tous les centres de la petite enfance à but non lucratif agréés, mais le CAPENÉ veut une deuxième organisation pour gérer les garderies francophones.

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En automne 2021, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a annoncé qu’une seule organisation sera créée pour gérer tous les centres de la petite enfance à but non lucratif agréés.

Photo : Radio-Canada / CBC

Le Centre d’appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPENÉ) veut mettre en place une organisation provinciale qui assumera la gestion complète des centres, services et programmes de garde d’enfants à but non lucratif agréés de la communauté acadienne de la province. Mais la ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance ne semble pas vouloir aller de l'avant avec cette proposition.

Le 17 février, le CAPENÉ a soumis une lettre détaillée à la ministre Becky Druhan, où il propose la création d’une organisation gérée par les francophones pour les garderies. Cette demande fait suite à l’annonce de la province informant qu’il n’y aurait qu’une seule organisation responsable des garderies à but non lucratif.

« Il est essentiel que la gestion et le développement des services de garde en français en Nouvelle‑Écosse se fassent par et pour les Acadiens et les francophones. »

— Une citation de  Sandra Pellerin, présidente du Centre d’appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse.

Dans un communiqué presse partagé le 19 mai, Suzanne Saulnier, directrice générale du CAPENÉ, explique qu’il est très regrettable que le gouvernement provincial ait refusé d’aller de l’avant avec une proposition qui se voulait novatrice et qui aurait pu inspirer l’ensemble de tous les services en petite enfance de la province. 

Selon madame Saulnier, pour assurer l’avenir du français dans la province, on a besoin vraiment de se prendre en main, puis gérer notre propre système d’éducation de la petite enfance jusqu’au postsecondaire.

Vers une assimilation linguistique?

Caroline Arsenault, présidente de la Fédération des parents de la Nouvelle-Écosse et parents d’élèves, affirme que l’éducation de la petite enfance touche tous les aspects de la vie d’une famille. 

C’est l’identité culturelle, c’est possiblement la seule langue qu’un enfant parle à l’âge de la petite enfance. C’est avoir une connexion à son héritage et à sa communauté, affirme madame Arsenault. De forcer les familles anglophones et francophones d’avoir contact à un système principalement anglophone, c’est de forcer une assimilation linguistique. C’est vraiment inacceptable et c’est très inquiétant pour toute la communauté. 

« C’est vraiment décevant d’avoir cette réaction-là de la ministre de l’Éducation et de la petite Enfance. »

— Une citation de  Caroline Arsenault, présidente de la Fédération des parents de la Nouvelle-Écosse

Pour Caroline Arsenault, ne pas avoir la garantie d'une éducation de la petite enfance en français pourrait avoir un effet domino sur les inscriptions au Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). C’est pour cette raison qu’elle veut voir une organisation francophone similaire au CSAP, mais pour les plus jeunes, afin d’assurer la protection de la langue.

La réponse du ministère

La ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Becky Druhan, a répondu au CAPENÉ par le biais d’une lettre où elle explique qu’un comité à été créé pour assurer l’engagement sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.

Elle ajoute que le comité sera chargé de consulter le public au fur et à mesure que la création de l’organisation se poursuivra et de rapporter ses commentaires au ministère.

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La ministre se veut rassurante dans ses discutions avec le CAPENÉ.

Photo : CBC / Robert Short

La ministre Druhan affirme que son objectif est d’avoir une place disponible pour tous les parents qui le souhaitent dans les garderies agréées de la province. La ministre affirme également que deux membres du comité représentent la communauté francophone et ses intérêts.

« Nous savons à quel point la langue et la culture des jeunes enfants sont importantes pour assurer la prospérité de la communauté acadienne. »

— Une citation de  Becky Druhan, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance

Mais pour Caroline Arsenault, ce n’est pas suffisant. Il faut des représentants d’organismes communautaires francophones, affirme-t-elle.

Selon elle, avoir deux francophones à la table des négociations n’est pas suffisant, car une personne a ses propres intérêts, mais un représentant d’organismes est plus informé sur l’opinion générale de la communauté.

Pour l’instant, le ministère n’est pas prêt à faire des démarches pour créer une organisation francophone chargée des garderies à but non lucratif. De son côté, le CAPENÉ reste optimiste et espère que les discussions avec le ministère se poursuivront.

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