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Le Manitoba tire de l’arrière en santé mentale, selon une psychologue

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Les patients manitobains en santé mentale font face à de longues attentes tant au privé qu’au public, selon la psychologue Jo Ann Unger.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Résidente de Brandon, Raven Deering a 25 ans et reçoit des traitements en santé mentale depuis qu’elle est adolescente. Son psychiatre ayant pris sa retraite, elle a appris qu’elle devrait attendre environ huit mois avant de poursuivre son traitement et ajuster sa médication.

Raven Deering travaille à temps plein et élève seule son enfant de 5 ans. Sa santé mentale ayant été compromise par la pandémie, elle a voulu prendre un rendez-vous pour une consultation, sans succès. Cela m’a brisé le cœur, dit-elle.

La Manitobaine estime être bien soutenue par sa famille, notamment grâce aux antidépresseurs prescrits par son ancien psychiatre. Elle réussit aussi à voir un psychologue de temps à autre. Malgré tout, elle regrette le soutien que lui apportait son psychiatre.

« Je dois tout faire moi-même maintenant [...] C’est un peu accablant. »

— Une citation de  Raven Deering, résidente de Brandon

Raven Deering s’inquiète pour celles et ceux qui ont moins de ressources qu’elle. Elle croit également qu’il devrait être plus facile d’accéder aux soins en santé mentale. C’est inquiétant que ces ressources soient maigres et inaccessibles dans l’immédiat [...] En huit mois, il peut arriver bien des choses, estime-t-elle.

Une attente répandue

Selon la présidente de l’organisme Manitoba Psychological Society, Jo Ann Unger, Raven Deering n’est pas la seule à faire face à une longue attente. La liste d’attente des personnes dans les réseaux public et privé est incroyable, affirme la psychologue.

Jo Ann Unger estime que des années de sous-financement ont mené à des problèmes de personnel, des listes d’attente interminables et un système où il est difficile de se retrouver.

« Si les gens ne reçoivent pas leur traitement en santé mentale à temps, la plupart du temps, leurs symptômes s’aggravent.  »

— Une citation de  Jo Ann Unger, psychologue et présidente de la Manitoba Psychological Society

D’après la psychologue, plusieurs facteurs empêchent les Manitobains d’obtenir des soins de santé mentale au moment opportun. Au public, les patients doivent être recommandés par un médecin et faire face à de longues attentes. Dans le secteur privé, les coûts s’accumulent rapidement.

Jo Ann Unger ajoute que le Manitoba est la province qui compte le plus petit nombre de psychologues par habitant au Canada. Pour être honnête, c’est difficile en tant que psychologue [...] de savoir quoi leur dire [...] Nous prenons de plus en plus de retard, confie-t-elle.

Plus de financement provincial

Selon un porte-parole de la ministre de la Santé mentale, Sarah Guillemard, le gouvernement du Manitoba a investi 58 millions de dollars depuis 2019 pour améliorer l’accès aux services de santé mentale et de dépendance. Le budget de 2022 pour ces services totalise 399 millions de dollars.

Le gouvernement du Manitoba va se concentrer sur l’amélioration de la capacité des services publics de santé mentale et de dépendance, explique le porte-parole de la ministre. La province a également défini une série de mesures pour promouvoir le développement de la main-d'œuvre en psychologie et en psychiatrie.

Ces initiatives font partie des lignes directrices d’un plan sur cinq ans, dont les grandes lignes ont été dévoilées par la ministre Sarah Guillemard en février dernier. Le plan comprend un financement de 17 millions de dollars pour la première année, dont 77 % serviront à financer davantage de services de santé mentale pour les Manitobains, selon la province.

Avec les informations de Lauren Donnelly

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