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Moscou compte abolir l’âge limite pour s’engager dans l’armée

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Un soldat russe en patrouille dans la ville de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, une des rares villes ukrainiennes d'envergure conquises par l'armée russe, le 20 mai 2022.

Photo : La Presse canadienne / AP

Radio-Canada

Aux prises avec une résistance acharnée de l’armée ukrainienne dans le Donbass, Moscou se prépare à élargir les rangs de son armée en y acceptant pour la première fois des citoyens de plus de 40 ans.

C’est ce qui ressort d’un projet de loi inscrit dont la teneur a été dévoilée lors de la publication de l’ordre du jour de mercredi de la Douma, le Parlement russe, qui est contrôlé par le président Russie unie du président Vladimir Poutine.

Le but du projet de loi est d'éliminer la limite d'âge pour les citoyens en âge de travailler [...], à laquelle ils ont le droit de conclure le premier contrat de service militaire, indique une note explicative accompagnant le texte législatif.

Selon cette note, seuls les citoyens âgés de 18 à 40 ans sont actuellement autorisés à conclure un premier contrat avec l'armée. Pour les citoyens étrangers, la fenêtre est de 18 à 30 ans.

Or, pour l'utilisation d'armes de haute précision, le fonctionnement d'armes et d'équipements militaires, des spécialistes hautement professionnels sont nécessaires, donc plus âgés.

La nouvelle loi aiderait donc à attirer des spécialistes dans des domaines populaires, principalement liés aux civils (soutien médical, ingénierie, maintenance, exploitation, communications, etc.) pour le service militaire sous contrat, indique la note.

De lourdes pertes pour l'armée russe

Si elle se refuse à donner des chiffres précis, la Russie admet tout de même avoir subi des pertes importantes depuis que le Kremlin a lancé son offensive en Ukraine, le 24 février. Kiev affirme avoir tué plus de 29 200 soldats, un chiffre invérifiable.

Le renseignement militaire britannique a pour sa part avancé lundi que les pertes des forces russes après les trois premiers mois du conflit sont aussi importantes que celles subies pendant la guerre de neuf ans menée par l’Union soviétique en Afghanistan.

Selon des estimations, ce conflit pourrait avoir fait 15 000 victimes dans les rangs de l’armée soviétique.

L’Institute for the Study of War a rapporté lundi soir qu’une association d’anciens combattants russes pressait le Kremlin de déclarer une mobilisation générale dans les régions voisines des pays membres de l’OTAN et de l’Ukraine.

Selon ce groupe de réflexion, basé à Washington, l’Assemblée panrusse des officiers plaide en outre pour que le service militaire obligatoire passe d’un an à deux ans, et que la peine de mort soit imposée aux déserteurs.

Le groupe d’anciens combattants demande au président Poutine de reconnaître que la Russie ne cherche pas qu’à dénazifier l’Ukraine, mais qu’elle déclare une guerre pour récupérer des territoires historiques de la Russie.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Un conflit qui s’annonce long

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, et le secrétaire du puissant Conseil de sécurité de Russie ont tous deux laissé entendre mardi que Moscou va devoir combattre longtemps en Ukraine pour atteindre les objectifs de son intervention.

Nous continuons l'opération militaire spéciale jusqu'à la réalisation de tous les objectifs, peu importe l'énorme aide occidentale au régime de Kiev et la pression sans précédent des sanctions, a dit le ministre Choïgou, lors d'une visioconférence avec des homologues de l'ex-URSS partiellement retransmise à la télévision.

Selon lui, les efforts russes pour éviter de faire des victimes civiles ralentissent, bien sûr, le tempo de l'offensive, mais cela est délibéré. Selon le plus récent bilan de l’ONU, la guerre a coûté la vie à plus de 3900 civils, un chiffre sous-estimé. Selon Kiev, le seul siège de Marioupol pourrait avoir fait plus de 20 000 victimes.

Un peu plus tôt, dans une rare entrevue accordée au journal russe Argoumenty i Fakty, le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev, a signifié que les opérations militaires dureraient le temps qu'il faudra.

Nous ne courons pas après les délais, a-t-il dit, relevant que les objectifs fixés par le président [Vladimir Poutine] seront remplis. Il ne peut en être autrement, la vérité est de notre côté, a-t-il ajouté.

Moscou attend le plan de paix italien

La Russie n'a pas encore pris connaissance du plan de paix pour l'Ukraine évoqué par l'Italie, mais elle espère le recevoir par voie diplomatique, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a présenté les grandes lignes de ce plan la semaine dernière et a dit en avoir discuté avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pendant une visite à New York.

« Nous n'avons pas encore vu (le plan). Nous espérons qu'il va nous être transmis par voie diplomatique et que nous pourrons en prendre connaissance. »

— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Luigi Di Maio a suggéré vendredi pendant une conférence de presse que des organisations internationales comme l'ONU, l'Union européenne et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe interviennent en tant que facilitateurs pour permettre, dans un premier temps, la mise en œuvre de cessez-le-feu locaux en Ukraine.

Outre Antonio Guterres, le chef de la diplomatie italienne a indiqué avoir présenté les grandes lignes de ce plan à des représentants des pays membres du G7.

L'ancien président russe Dimitri Medvedev, aujourd'hui vice-président du Conseil de sécurité russe, a réservé un accueil glacial à cette initiative et à toute autre proposition qui pourrait émaner des pays occidentaux.

Il semble que [le plan] n'ait pas été élaboré par des diplomates, mais par de petits politologues qui ont lu beaucoup de journaux provinciaux et ne se basent que sur les mensonges ukrainiens, a-t-il écrit sur son compte Telegram.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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