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D’ex-cadres de Rio Tinto réclament plus d’investissements au Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Le Complexe Jonquière de Rio Tinto à Arvida

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussiere

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D’ex-cadres de Rio Tinto, principalement de l'époque d'Alcan, dénoncent le manque d’investissements de la part de l’entreprise au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils estiment que le gouvernement du Québec doit être plus ferme envers la compagnie en raison des avantages hydroélectriques qu’elle détient dans la région.

Jacques Dubuc, qui a été directeur des communications chez Alcan, représente un groupe d’une vingtaine de retraités qui signent une lettre ouverte dans le journal Le Quotidien, mardi.

Au fil des dernières années, à entendre et à lire les décisions et les non-décisions de Rio Tinto et aussi du gouvernement du Québec, on s’est interrogé sur ce qui se passe vraiment dans les engagements qui avaient été pris au cours des années 1980 et antérieurement par rapport à ce qui se passe aujourd’hui , a déclaré, d’entrée de jeu, Jacques Dubuc en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.

Rio Tinto a acheté Alcan en 2007.

L’ancien porte-parole pour la région, puis pour l’Europe et l’Asie, croit que l’entreprise ne respecte pas les engagements pris envers la communauté régionale.

Quand tu travailles comme cadre dans une entreprise, tu t’engages au respect des choses, des communautés et des engagements que tu prends et on a vu glisser ces engagements. Aujourd’hui, on considère qu’il n’y a pas l’équilibre qui était tant recherché antérieurement , constate l’ex-porte-parole de la multinationale.

Le groupe est d’avis qu’il y a absence d’équité en ce qui a trait aux avantages hydroélectriques que détient Rio Tinto dans la région, ce qui lui confère un avantage compétitif exceptionnel . Les anciens employés constatent un arrêt des efforts de modernisation des installations de Rio Tinto sur le territoire du Royaume.

On va se ramasser avec un surplus de 400 MW quand on va fermer le centre d’électrolyse ouest. Ce sont des mégawatts qui n’iront pas à la production d’aluminium primaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean si on ne complète pas le développement des cuves d’électrolyse pour Arvida. Ça crée un déséquilibre majeur. On comprend qu’il y a moins d’emplois et que l’impact économique n’est plus le même, mais la vision d’avenir, la pérennité compétitive de la production d’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean vont être mises en péril , enchaîne Jacques Dubuc.

Ce déséquilibre a été progressif et a donné lieu à un glissement entre la volonté de moderniser et d’utiliser toute l’énergie à produire de l’aluminium, croit le retraité.

Cet avantage magistral que détient Rio Tinto n’est donc plus à l’avantage de la région. Jacques Dubuc pense même qu’il y a lieu de croire que la vision de l’ancienne Alcan s’est édulcorée avec le temps, même si cette vision n’était pas parfaite.

Lors des audiences sur le lac Saint-Jean dans les années 1980, les relations entre Alcan et la population n’étaient pas au beau fixe, relève Jacques Dubuc.

« Les gouvernements ont dû créer des conditions pour qu’il y ait un équilibre. Le bail de la Péribonka, signé en 1984, était une résultante d’une insatisfaction du milieu, qui souhaitait que la compagnie s’investisse. »

— Une citation de  Jacques Dubuc, ex-porte-parole, Alcan

Lors du renouvellement de l’entente en 2006, il y a eu à nouveau rupture.

Je pense que le gouvernement du Québec a aussi des responsabilités. Si en 2017-2018, il y a eu des renouvellements ou des ententes qui ne reflétaient pas l’esprit de ce qui a été fait en 1984, il y a des questions à poser. Ce qu’il faut considérer aujourd’hui, c’est que le gouvernement a les moyens, dans ses mains, de préserver l’esprit qui régnait en 1984, qui contribuait à créer un équilibre entre la mise en valeur des ressources naturelles et la pérennité de l’industrie de l’aluminium , a exprimé Jacques Dubuc.

Cette sortie publique d’une vingtaine d’ex-employés est motivée par le désir de voir changer les choses et de trouver des points de convergence entre les parties. Le groupe espère pouvoir rencontrer des représentants du gouvernement.

Rio Tinto répond aux reproches

L'entreprise Rio Tinto a répondu aux critiques exprimées par le groupe d'anciens cadres.

La multinationale affirme qu'elle respecte ses ententes avec le gouvernement du Québec et que la nouvelle direction travaille à augmenter son offre, alors que la situation de l'aluminium s'améliore depuis la dernière année.

Selon la porte-parole de Rio Tinto, le marché ne requiert pas seulement du métal primaire, mais recherche aussi du métal vert. Elle donne en exemple, dans la région, ses investissements au centre de recyclage de l'usine Laterrière et pour le développement d'Elysis.

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