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Washington et ses alliés prônent le statu quo en Asie-Pacifique

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Les États-Unis, le Japon, l'Australie et l'Inde s'inquiètent des manœuvres militaires de la Chine à proximité de territoires disputés, comme Taïwan et des îles du Pacifique.

Photo : Reuters / Ministre japonais de la Défense

Agence France-Presse

Les dirigeants des États-Unis, du Japon, de l'Australie et de l'Inde réunis mardi à Tokyo ont mis en garde contre tout changement « du statu quo par la force », alors que l'influence militaire croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique inquiète.

À l'issue de leur sommet dans la capitale nippone, les quatre pays regroupés dans l'alliance informelle du Quad (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité) ont semblé dresser un parallèle entre les ambitions territoriales de Pékin et l'invasion russe de l'Ukraine qui ébranle les principes fondamentaux de l'ordre international.

Aucun changement du statu quo par la force ne sera jamais toléré nulle part, particulièrement en Asie-Pacifique, a prévenu le premier ministre japonais Fumio Kishida lors d'une conférence de presse.

Alors que la Chine renforce ses capacités militaires et multiplie exercices et manœuvres à proximité de territoires disputés, dont Taïwan, le président américain Joe Biden avait lancé lundi que les États-Unis seraient prêts à utiliser leurs moyens militaires en cas d'invasion de ce territoire autonome

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Le « Quad » est une alliance informelle formée en 2007 pour contrer l'influence grandissante de la Chine en Asie-Pacifique.

Photo : AFP / Yuichi Yamazaki

Il a cependant précisé mardi que l'ambiguïté stratégique, doctrine américaine consistant à ne reconnaître diplomatiquement que la Chine continentale tout en s'engageant à donner à Taïwan les moyens militaires pour se défendre en cas d'invasion, restait inchangée.

Je veux rappeler à la partie américaine qu'aucune force au monde, y compris les États-Unis, ne peut empêcher le peuple chinois d'accomplir une unification nationale complète, a réagi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

Si Washington persiste sur la mauvaise voie, cela aura non seulement des conséquences irrémédiables pour la relation sino-américaine, mais aussi un coût insupportable pour les États-Unis, a-t-il ajouté.

Des manœuvres militaires contestées

Des bombardiers chinois et russes ont volé mardi ensemble à proximité du Japon, a annoncé après le sommet le ministre nippon de la Défense Nobuo Kishi, qui y a vu une provocation de Pékin et Moscou contre le Quad.

Alors que la communauté internationale répond à l'agression de l'Ukraine par la Russie, le fait que la Chine ait entrepris une telle action en collaboration avec la Russie [...] est préoccupant. Cela ne peut être sous-estimé, a dit M. Kishi.

Les membres du Quad s'inquiètent régulièrement des manœuvres militaires et des tentatives chinoises de grignotage autour d'îles du Pacifique.

Dans leur déclaration mardi, MM. Biden et Kishida ainsi que le nouveau premier ministre australien Anthony Albanese et l'Indien Narendra Modi ont fait spécifiquement référence à la militarisation de secteurs contestés, à l'utilisation dangereuse de navires de garde-côtes et de milices maritimes et aux efforts visant à perturber les activités d'exploitation des ressources d'autres pays, autant d'activités que la Chine est accusée de mener dans la région.

Ils ont également dévoilé un programme de surveillance maritime visant à promouvoir la stabilité et la prospérité dans nos mers et nos océans.

Leurs déclarations ont cependant évité toute mention explicite de la Chine ou de la Russie, alors que l'unité du Quad est compliquée par des désaccords avec l'Inde, seul membre à n'avoir pas condamné l'invasion russe de l'Ukraine, augmentant même ses importations de pétrole russe malgré les critiques.

Mais M. Biden avait laissé peu de doutes sur les objectifs du Quad, estimant quelques heures plus tôt que ce sommet était celui des démocraties contre les autocraties.

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Le premier ministre indien Narendra Modi est le seul leader du Quad à ne pas avoir critiqué l'invasion russe de l'Ukraine.

Photo : AFP / Yuichi Yamazaki

La stratégie américaine vise une région Asie-Pacifique libre, ouverte, connectée, sûre et résiliente. L'attaque de la Russie contre l'Ukraine ne fait que souligner l'importance de ces objectifs, les principes fondamentaux de l'ordre international, avait-il ajouté.

Les pays de la région s'inquiètent également des efforts de Pékin pour nouer des alliances avec des nations du Pacifique.

Après un accord de sécurité conclu le mois dernier avec les îles Salomon, la Chine pourrait selon certains médias vouloir l'étendre à d'autres : Vanuatu, Samoa, Tonga et Kiribati.

Les membres du Quad ont aussi annoncé mardi vouloir investir au moins 50 milliards de dollars américains dans des projets d'infrastructures en Asie-Pacifique au cours des cinq prochaines années.

Nous nous engageons à travailler en étroite collaboration avec nos partenaires et la région pour stimuler les investissements publics et privés, ont déclaré les quatre dirigeants dans leur déclaration commune.

Après cette rencontre, Joe Biden est reparti mardi pour Washington, achevant ainsi sa tournée asiatique qui avait démarré par un séjour de trois jours en Corée du Sud, et sur lequel planait la possibilité d'un nouvel essai nucléaire nord-coréen.

Cette crainte ne s'est pas matérialisée jusqu'ici, mais Washington s'est dit préparé à cette éventualité, alors que les discussions sont au point mort depuis l'échec d'un sommet en 2019 entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain de l'époque Donald Trump.

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