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Épreuve des faits : les taxes foncières plus élevées à Amos qu’ailleurs dans la région

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Les citoyens d’Amos paient plus de taxes que ceux des autres principales villes de l’Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Les taxes foncières sont-elles trop élevées à Amos? C’est du moins l’avis d’un citoyen, Daniel Coutu, qui doit verser plus de 4000 $ cette année pour une maison évaluée à 244 000 $.

En moyenne, les citoyens d’Amos paient plus de taxes que dans les autres principales villes de l’Abitibi-Témiscamingue, mais aussi que dans les autres villes de taille comparable dans la province.

Sur la même base comparative, soit la valeur moyenne d'une résidence sur leur territoire, Val-d’Or, Rouyn-Noranda, La Sarre et Ville-Marie réclament moins de taxes qu’Amos. Les données sont tirées de chacune des administrations municipales concernées.

Au-delà des comparatifs, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette réalité. Le maire d’Amos, Sébastien D’Astous, considère que la valeur moyenne d’une résidence sur un territoire donné ne doit pas être la seule donnée pour comparer les taxes entre différentes villes.

Je pense qu’on a un équilibre très responsable. La Ville d’Amos est toujours comparée à des villes de grande taille comme Val-d’Or et Rouyn. Nous voulons être attractifs, attirer des gens. Nous voulons avoir la même palette de services, c’est ce que les gens demandent. Nous avons une population de 13 000 habitants pour payer tout ça, expose-t-il.

Mais en comparant à d’autres villes du Québec avec une population similaire, Amos se retrouve encore à être l’une qui demande le plus de taxes pour une résidence de valeur moyenne.

Les services ne sont pas nécessairement les mêmes. Les villes peuvent être limitrophes à une plus grosse ville qui vont fournir des services. Il faut prendre aussi en considération le coût des matériaux, des employés, le coût de la vie en Abitibi-Témiscamingue, où tout est généralement plus cher, tient à faire observer le maire d’Amos.

Plusieurs augmentations

Résident dans le centre urbain d’Amos, Daniel Coutu a subi une augmentation de son compte de taxes d’un peu plus de 300 $ cette année. Alors qu’il devait débourser près de 3840 $ en 2021, il a dû verser 4156 $ en 2022.

Ça semble facile d’augmenter les taxes. J’ai déjà écrit au ministère des Affaires municipales que je ne pouvais rien faire, à moins de former un comité de citoyens et amasser 1000 noms, déplore-t-il.

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L'hôtel de ville d'Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Rappelons que la Ville d’Amos est celle, parmi les principales villes de la région, qui a décrété la plus grande augmentation de taxes cette année, soit 6 %. Elle est passée d’un budget de dépenses de 43,62 millions de dollars en 2021 à 46,16 millions de dollars. En l’espace d’un an, la dette à long terme de la Ville est passée de 41,8 millions à 49,2 millions de dollars.

Il y a eu des gagnants et des perdants parce qu’on a rééquilibré les propriétés. Ce ne sont pas toutes les propriétés qui ont pris 6 %. C’est surtout les propriétés qui se sont améliorées ou de l’argent a été investi, explique Sébastien D’Astous.

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Sébastien D'Astous, préfet de la MRC Abitibi et maire d’Amos (archives)

Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier

Le maire d’Amos rappelle que la Ville a eu à procéder à d’importants travaux nécessaires au cours des dernières années, notamment au niveau des infrastructures d’eau et des égouts.

On n’aime pas ça monter les taxes. On n’aime pas ça surtaxer nos citoyens. Les gens sont friands d’avoir beaucoup de services de qualité. [...] On a fait beaucoup de travail ces dernières années parce qu’on se rend compte que les coûts n’arrêtent pas d’augmenter, indique le maire d’Amos.

Besoin de ménage dans les finances municipales

Le directeur pour le Québec de la Fédération des consommateurs du Canada (FCC), Renaud Brossard, est d’avis que trop de villes à travers la province augmentent leurs taxes sans considérer d’options pour diminuer leurs dépenses.

Il y aurait plutôt un besoin de ménage dans les finances municipales. Il devrait y avoir plus de retenue de la part de nos élus en matière de dépenses, croit-il.

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Amos a annoncé des hausses de taxes de l’ordre de 6 % au niveau résidentiel pour 2022.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Interrogé à savoir s’il y a moyen de réduire certaines dépenses de la Ville d’Amos afin d’alléger le fardeau fiscal des citoyens, Sébastien D’Astous rappelle qu’il s’agit avant tout d’évaluer combien de services ces derniers désirent avoir.

Est-ce qu’on peut faire mieux? C’est toujours un choix entre diminuer l’offre de services, de l’augmenter ou de maintenir une offre de services qu’on va stabiliser et s’assurer que la rénovation et l'entretien va être conséquente de la quantité du parc qu’on a, note le maire d’Amos.

L’argent ne suit pas

Sans vouloir commenter directement les taxes municipales à Amos, le conseiller aux communications et aux relations médias à l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Patrick Lemieux, signale que les villes ont de plus en plus de responsabilités cédées par Québec et que leurs finances en sont directement impactées.

Les municipalités sont appelées à intervenir sur le terrain pour un paquet de nouveaux enjeux, que ce soit en environnement, en famille, en développement économique. Paradoxalement, les villes se retrouvent à assumer un plus grand nombre de responsabilités, l’argent ne suit pas. Les sources de revenus auxquelles elles ont accès sont limitées parce qu’elles doivent de plus en plus offrir des services à la personne, mais c’est la propriété qui est taxée, donc juste ce qui est bâti, précise-t-il.

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Patrick Lemieux, conseiller aux communications et aux relations médias de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Photo : Gracieuseté / Union des municipalités du Québec

Pour assurer le maintien d’un minimum de services et respecter leurs obligations, les villes et municipalités du Québec dépendent à 70 % de l’impôt foncier, soit les taxes provenant des propriétés, selon l’UMQ. L’organisme de représentation demande à Québec de réformer ce modèle de financement, entre autres en accordant plus de compensations financières.

On travaille toujours avec le gouvernement pour obtenir plus de financement pour les municipalités pour des programmes précis, que ce soit en infrastructure, en protection du patrimoine, de l’environnement. Il faut bonifier les sommes allouées aux municipalités pour éviter qu’elles doivent utiliser les revenus fonciers pour financer les initiatives comme celle-là, spécifie le conseiller aux communications et aux relations médias de l’UMQ, Patrick Lemieux.

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