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Sondage : le français en déclin, selon une majorité de Franco-Ontariens

Près des trois quarts des répondants voudraient par ailleurs que la province soit bilingue.

Une foule lors d'un concert sur fond de drapeau franco-ontarien

Le sondage a été mené en ligne du 5 au 16 mai auprès de 501 Ontariens francophones.

Photo : Radio-Canada

Une majorité de Franco-Ontariens estime que le français est en déclin dans la province, selon un sondage Ipsos commandé par Radio-Canada.

Cette enquête a été réalisée auprès de 501 francophones en Ontario, dans le cadre de la campagne électorale provinciale. En plus de répondre à des questions sur les partis politiques et leurs chefs, les personnes sondées se sont aussi exprimées sur des enjeux liés à la francophonie.

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils pensent de l’affirmation Le français est en déclin en Ontario, 61,4 % des répondants se disent tout à fait ou plutôt d'accord. C’est chez les plus jeunes que cette perception semble la plus forte : près de 70 % des 18-34 ans interrogés se disent globalement d’accord.

Les répondants de 55 ans et plus sont en revanche ceux qui ont approuvé en plus grand nombre (82,6 %) l’affirmation suivante : Il est important de protéger la pérennité de la langue française en Ontario. Toutes catégories confondues, cette affirmation a suscité un taux d’approbation général de 79 %.

Près des trois quarts des répondants au sondage croient par ailleurs que l’Ontario devrait être une province bilingue.

À la question À quel point est-ce important que le premier ministre ou la première ministre de l’Ontario soit capable de s’exprimer en français?, 41,2 % des Franco-Ontariens sondés répondent que c’est un élément très important et 37,3 %, assez important.

Rappelons qu’actuellement, aucun des chefs des quatre principaux partis ne parle couramment la langue.

Ce sont à peu près les mêmes proportions sur presque toutes les questions, on est toujours autour des deux tiers ou trois quarts, dépendamment de la formulation, constate Sébastien Dallaire, premier vice-président chez Ipsos Canada.

« Il y a une forte majorité de Franco-Ontariens qui aimeraient voir des changements, qui aimeraient qu’on en fasse plus, mais on ne peut pas parler de consensus. Ce n’est pas unanime. »

— Une citation de  Sébastien Dallaire

Enjeux francophones prioritaires

Parmi une série d’enjeux liés à la place du français en Ontario, les répondants étaient invités à identifier celui qui, à leur sens, est prioritaire pour le prochain gouvernement.

C’est l’accès aux soins de santé en français qui arrive en première position pour 20,4 % des sondés, mais sans toutefois se démarquer largement des autres enjeux cités. L’accès aux études supérieures en français n'est pas loin derrière (17,8 %) puis, à peu près à égalité à 15 %, le développement économique des entreprises francophones et la pénurie d’enseignants francophones.

Au sujet des soins de santé, près de 77 % des sondés se disent d’accord avec l’affirmation suivante : Le gouvernement de l'Ontario devrait offrir des services de santé en français de qualité égale aux services en anglais dans toutes les régions de l'Ontario. Là encore, Sébastien Dallaire s’étonne qu’il n’y ait pas de consensus.

On aurait pu s’attendre à un résultat plus fort. Il y a peut-être une certaine résignation ou acceptation que ce n’est pas toujours possible d’avoir les mêmes services en français. Il y a peut-être une minorité qui se dit : c’est OK [...] étant donné la situation minoritaire dans la province pour les francophones, je ne m’attends pas à ce qu’on puisse y arriver, interprète-t-il.

Sur un autre sujet, les Franco-Ontariens sondés semblent largement favorables au rétablissement d’un commissariat aux services en français indépendant.

Le Parti libéral, le NPD et le Parti vert ont tous trois promis qu’ils rendraient sa pleine autonomie au commissaire aux services en français s’ils sont élus. Ce poste relève dorénavant du Bureau de l'ombudsman.

Immigration francophone

Seuls 9,3 % des répondants au sondage placent l’immigration francophone comme enjeu prioritaire pour le prochain gouvernement.

À la question Dans quelle mesure êtes-vous en accord ou en désaccord que le gouvernement provincial en fait suffisamment pour intégrer les nouveaux arrivants francophones en les dirigeant vers les ressources disponibles en français?, les sondés sont divisés : 49,4 % se disent d’accord.

Sébastien Dallaire remarque ici des différences selon l’âge. Les plus jeunes sont beaucoup plus satisfaits que les moins jeunes [...] et malheureusement, il n’y a pas de pistes très claires à savoir pourquoi la différence est aussi marquée.

On sait que généralement, d’un sondage à l’autre, les jeunes sont plus favorables à l’immigration, à avoir des seuils d’immigration plus élevés. Mais dans ce cas-ci, on parle vraiment d’intégrer les immigrants francophones en leur fournissant des services, alors pourquoi les jeunes Franco-Ontariens sont plus optimistes?

Les personnes sondées devaient également sélectionner deux mesures à privilégier pour l'intégration des nouveaux arrivants francophones.

Améliorer l’offre de services en français dans les régions les plus minoritaires pour attirer et garder les immigrants et reconnaître des diplômes reçus à l’étranger arrivent en tête, à respectivement 50,3 % et 47 %.

Des différences régionales

Le sondage place les répondants dans deux catégories géographiques : ceux de l’Est de l’Ontario, et ceux du reste de la province. Sébastien Dallaire note que cela donne lieu à certaines différences régionales dans les réponses.

On voit sur certaines questions que les résidents de l’Est de l’Ontario sont peut-être un peu plus exigeants par rapport à l’avenir du français, la place que le français devrait prendre.

C’est la plus grande concentration de Franco-Ontariens qui est là, donc l’importance d’avoir accès à des services en français quand il y a beaucoup de francophones, c’est peut-être un droit qui est un peu plus tenu pour acquis, qu’on veut garder, explique-t-il. Et le fait qu’on est aussi plus proches du Québec : on a un point de comparaison très différent.

Méthodologie du sondage

Le sondage Ipsos commandé par Radio-Canada a été mené en ligne du 5 au 16 mai 2022 auprès de 501 Ontariens dont la langue d’usage ou la langue maternelle est le français.

Une pondération a été appliquée en fonction du genre, de l’âge et de la région afin de s’assurer que la composition de l’échantillon est représentative de l’ensemble de la population francophone de l’Ontario, selon les données de recensement.

Les résultats sont précis à plus ou moins 5 points de pourcentage (19 fois sur 20).

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