•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Grand Nord de l’Ontario se sent négligé par les politiciens

Chargement de l’image

Des villages comme Moosonee ne sont accessibles par la route qu'en hiver.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada

Susanna Baxter estime que sa vie est faite d’obstacles. L’accès limité aux soins de santé, l’éducation inadéquate, les difficultés d’accès à l’eau potable et les maisons surpeuplées ne sont que quelques-uns des problèmes auxquels elle a fait face en grandissant à Marten Falls, un village autochtone du Grand Nord ontarien.

La mère célibataire de 34 ans déplore l’inaction des différents gouvernements au cours des années.

Ils nous apportent seulement une certaine aide quand nous déclarons l’état d’urgence, observe-t-elle. Nous devons grimper sur le toit et hurler avant d’obtenir une quelconque aide.

Chargement de l’image

Susanna Baxter veut que le gouvernement qui sera élu le 2 juin se préoccupe davantage des difficultés des habitants du Grand Nord ontarien.

Photo : La Presse canadienne / Photo soumise par Susanna Baxter

Elle espère que le gouvernement qui sera élu le 2 juin soutiendra sans réserve les résidents du Grand Nord, une vaste région qui couvre plus du tiers de la province.

« Je ne voudrais pas qu’ils nous oublient. Je me suis sentie comme ça toute ma vie et je ne veux pas que mes enfants soient oubliés. »

— Une citation de  Susanna Baxter, mère de trois enfants

Mme Baxter, comme d’autres habitants de la région, aimerait que le Grand Nord de l'Ontario soit une priorité. Le coût de la vie, l’insécurité alimentaire, le manque de services de santé et le logement sont des questions particulièrement importantes.

Susanna Baxter travaille au centre de santé communautaire. L’épicerie de sa famille lui coûte entre 400 $ et 600 $ par deux semaines, ce qui l’amène à vivre d’un chèque de paie à l’autre. Et les aliments ne sont pas toujours frais quand ils arrivent dans le Nord, constate-t-elle.

Si elle ou ses enfants ont besoin de soins dentaires ou souffrent de problèmes de santé graves, ils doivent se rendre à Geraldton, à plus de 200 km.

Le maire de Moosonee, un village juste au sud de la baie James, pense que le Grand Nord a souvent été ignoré par les politiciens. Wayne Taipale raconte que le député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James, Guy Bourgouin, s’est rendu à un certain nombre de reprises dans la région ces dernières années.

Il aimerait que les représentants des autres partis politiques fassent la même chose.

« C’est comme si les autres partis dans la course oubliaient que la province ne s’arrête pas à North Bay ou à Sudbury. »

— Une citation de  Wayne Taipale, maire de Moosonee

Le manque d’infrastructures explique en grande partie les difficultés d’accès aux biens et aux services dans le Grand Nord ontarien, explique le professeur d’économie à l’Université Lakehead Livio Di Matteo.

Ce sont des communautés éloignées. On ne peut pas s’y rendre en roulant une heure ou deux sur l’autoroute 401. On doit souvent prendre un tout petit avion, ajoute-t-il.

Même si vous vouliez y construire des maisons, précise M. Di Matteo, il faudrait transporter les matériaux sur les routes d’hiver qui ne sont pas praticables très longtemps.

Tout est plus compliqué et plus coûteux : construire des maisons, aménager des installations ou offrir Internet à haute vitesse pour améliorer le niveau de vie et attirer des travailleurs de la santé et de l’éducation.

Chargement de l’image

Bruce Achneepineskum, le chef de la Première Nation de Marten Falls, en Ontario

Photo : Radio-Canada / Jody Porter CBC

Le chef de la Première Nation de Marten Falls, Bruce Achneepineskum, raconte que les enfants ne sont pas à l’école cette année parce qu’il n’y a pas de logement adéquat pour les enseignants.

Ça ne serait acceptable nulle part ailleurs au Canada, affirme-t-il.

La province promet depuis des années de favoriser l’exploitation des gisements miniers du Cercle de feu, à 500 km au nord de Thunder Bay. Les routes toutes saisons qui seraient construites pour le projet relieraient les villages autochtones de la région et faciliteraient le transport de la population, l’offre de services et l’acheminement des marchandises.

Les progressistes-conservateurs, qui tentent d’être réélus, de même que les libéraux et les néo-démocrates ont promis d’aller de l’avant. Mais indépendamment du parti qui sera élu, des consultations doivent avoir lieu avec les Premières Nations de Webequie et de Marten Falls, qui seront touchées par le projet.

Les deux Premières Nations mènent la planification de ce projet routier. M. Achneepineskum espère que la route sera construite, mais souhaite aussi que le projet soit fait correctement, notant que les précédentes politiques touchant les Premières Nations, comme pensionnats pour Autochtones, ont eu des conséquences désastreuses.

Ce sont nos terres ancestrales, dit-il. Nous voulons protéger ce territoire en tous points; que ce soit pour l’environnement, les ressources qu’il recèle et le partage des revenus, la façon dont l’impact environnemental est évalué, qui sont les joueurs de l’industrie et la collaboration avec les gouvernements pour que les Premières Nations profitent elles aussi de cette prospérité.

« Nous espérons être à la table de négociations où un véritable dialogue peut avoir lieu et de vrais partenariats peuvent être établis. »

— Une citation de  Bruce Achneepineskum, chef de la Première Nation de Marten Falls

Susanna Baxter a elle aussi un message pour les partis politiques dans la course : Pensez à nous. Et pas seulement pendant la campagne.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !