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Les crimes du futur : David Cronenberg sort ses tripes à Cannes

Le réalisateur canadien a présenté lundi ses Crimes du futur (Crimes of the Future) avec Léa Seydoux et Viggo Mortensen.

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«Les crimes du futur», de David Cronenberg, explore l'intérieur du corps humain.

Photo : Festival de Cannes

Agence France-Presse

Profond ou fumeux? Le public tranchera, mais David Cronenberg n'a pas failli à sa réputation de pape du film d'horreur sanglant avec la présentation à Cannes des Crimes du futur (Crimes of the Future), où il pousse plus loin que jamais son obsession pour le corps et ses viscères.

Le film, dans un futur indéterminé post-catastrophe, un monde en ruine où la douleur a été abolie, met en scène l'acteur fétiche du réalisateur, Viggo Mortensen (Une histoire de violence, 2005; Les promesses de l'ombre; 2007, Une méthode dangereuse, 2011). Cette fois, dans la peau d'un artiste performeur très particulier, Saul.

Ses créations? Des tatouages réalisés à vif sur ses organes internes au cours d'opérations chirurgicales menées en public. Le mot d'ordre : La chirurgie, c'est le nouveau sexe.

Le scalpel est manié par Caprice, interprétée par une Léa Seydoux au visage de cire, tandis qu'un nébuleux service de police, le Bureau du registre national des organes, représenté par Kristen Stewart, les surveille à distance.

Le film, parfois obscur, explore le thème de l'évolution et de ce qui est naturel ou non. On y voit notamment des néo-organes cultivés à l'intérieur des corps par des machines qui semblent être sorties des années 1980.

Toutefois, le long métrage marque surtout le retour à l'horreur corporelle pour le réalisateur, après huit ans d'absence.

Dans le corps humain

Dans ce film, j'ai essayé de regarder ce qu'il y avait à l'intérieur du corps, résume David Cronenberg pour l'Agence France-Presse (AFP) alors qu'il est en compétition pour la sixième fois. Le réalisateur de La mouche et de Vidéodrome dit avoir mûri son idée pendant plus de 20 ans avant d'en faire un film.

« Mon intérêt n'est pas de choquer et mon but n'est pas que les gens quittent la salle, mais ça peut arriver. »

— Une citation de  David Cronenberg, réalisateur

Dès la séquence d'ouverture, les âmes sensibles seront éprouvées : on y voit un enfant croquer dans une chaise en plastique comme dans une tablette de chocolat avant d'être assassiné, étouffé sous un coussin, par sa mère.

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David Cronenberg a été récompensé par les Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, les prix Écrans canadiens, le Festival de Cannes et la Mostra de Venise.

Photo : AFP / Alberto Pizzoli

Il y a des choses que je n'aimerais pas voir, mais c'est très spécifique. La cruauté, je n'aime pas, en particulier la cruauté envers les enfants. [...] Je ne dirais pas que ça me choque, mais je n'aime pas regarder, explique avec nuance celui qui a trois enfants et quatre petits-enfants.

Le parfum de souffre qui entoure le réalisateur de 79 ans n'est pas nouveau : dès ses débuts dans la compétition, en 1996, il faisait scandale, divisant la critique, mais remportant un prix spécial du jury, avec Crash. Ce film montrant sexe, violence et accidents de voiture a inspiré Titane, Palme d'or 2021, de Julia Ducournau.

Un autre type d'accident a eu lieu sur Crimes du futur, dont le tournage a été arrêté abruptement en raison de l'épuisement du budget.

Viggo Mortensen en pleine confiance

Acteur magnétique rendu célèbre grâce à ses rôles dans Le seigneur des anneaux, Une vie fantastique (Captain Fantastic) ou Green Book : sur les routes du sud, Viggo Mortensen, déjà souvent filmé nu par David Cronenberg, sort cette fois ses tripes, au sens propre.

Pour certaines prises, j'étais bien content de ne pas être dans ma propre peau, confie l'acteur à l'AFP, en référence notamment aux scènes d'éviscération, tournées à Athènes par plus de 40 °C. Clairement, il y a des choses que l'on ne peut pas faire à votre corps en faisant ensuite une deuxième ou une troisième prise!

C'est une histoire bien écrite et structurée de film noir, mais aussi une histoire d'amour, entre Léa Seydoux et mon personnage, une confiance sans borne, une connexion physique très forte et une histoire de sacrifice pour le bien-être physique de l'autre, poursuit-il.

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«Crimes du futur», de David Cronenberg, met en scène l'ablation d'organes à vif.

Photo : Capture d'écran de YouTube

Nous avons une amitié avec David et une confiance qui me permettent de le laisser essayer des choses inhabituelles que je n'essaierais pas forcément avec d'autres sans savoir s'ils les demandent pour la valeur du plan ou pour le spectacle, poursuit-il.

Pour lui, David Cronenberg est en avance sur son temps et ses films doivent être vus quatre ou cinq fois de suite pour être compris.

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