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La tique cause la mort de nombreux jeunes orignaux

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Un jeune orignal infesté de tiques.

Photo : D. Pierre/gracieuseté : Steeve Côté

Radio-Canada

De nombreux jeunes orignaux infestés de tiques en meurent, selon un chercheur qui étudie ces animaux au Nouveau-Brunswick et au Québec.

Les chercheurs ont commencé à s’intéresser à ce phénomène à la suite de signalements provenant des États de la Nouvelle-Angleterre, indique Steeve Côté, biologiste à l’Université Laval. Des chasseurs et des randonneurs ont signalé des carcasses d’orignaux, particulièrement des veaux, qui montraient des signes d’infestation de tiques.

Les chercheurs ont capturé des orignaux et ils ont éliminé ou grandement réduit le nombre de tiques sur la moitié d’entre eux. Ils ont installé un collier de localisation GPS sur tous les orignaux capturés et ils les ont relâchés, explique M. Côté.

Cette première expérience sur 108 animaux, des veaux pour la plupart, a eu lieu en 2020 dans le sud du Nouveau-Brunswick et dans certaines régions du Québec. Les chercheurs ont déterminé que 20 animaux parmi ceux qu’ils n’avaient pas soignés sont morts cet hiver-là contre 5 parmi ceux qu’ils avaient soignés.

D’autres résultats de l’hiver dernier montrent des résultats similaires. Parmi 46 veaux soignés, seulement 3 sont morts. Le taux de mortalité chez les bêtes non soignées était d’environ 50 % pour un total de 23 morts.

Un parasite vorace

La tique est un parasite qui passe l’hiver à se nourrir du sang de son hôte. Une fois adulte, la femelle pond ses œufs et le cycle recommence. Certains animaux particulièrement infestés ont été signalés comme comptant jusqu’à 80 000 tiques, souligne M. Côté.

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Dans certains cas, jusqu'à 80 000 tiques ont été trouvées sur un seul orignal.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

Ces insectes peuvent consommer la moitié, voire les deux tiers, du sang d’un jeune orignal, par exemple. C’est considérable, explique le biologiste.

L’animal infesté peut devenir anémique. Il passe beaucoup de temps à se gratter au point de moins manger et de perdre des sections de fourrure. Il perd ainsi de la chaleur. Son état de santé se détériore et il finit par mourir, habituellement au printemps, détaille M. Côté.

La croissance de la population de tiques semble être favorisée par des étés chauds et humides et par des hivers doux, indique Steeve Côté.

Au Québec, précise-t-il, seulement un orignal a survécu parmi les 12 que les chercheurs suivaient et qu’ils n’avaient pas soignés. Le taux de mortalité était d’environ 92 %.

D’autres chercheurs au Maine ont effectué une étude similaire cet hiver. Presque 90 % des jeunes orignaux qu’ils suivaient dans le cadre de leurs travaux sont morts.

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Lorsqu'il est infesté de tiques, l'orignal se frotte aux arbres et perd de sa fourrure.

Photo : Radio-Canada / Kayla Housell

Il n’y a pas de solution facile pour aider ces animaux, ajoute Steeve Côté. La meilleure option, selon lui, serait un plan de gestion qui encouragerait les orignaux à passer l’automne à l’extérieur des habitats qu’ils fréquentent au printemps. Il serait ainsi plus difficile pour les jeunes tiques de trouver un hôte.

Entre-temps, Steeve Côté s’attend à un déclin de la population d’orignaux dans les dix prochaines années.

Les chercheurs comptent poursuivre leur étude l’hiver prochain pour une dernière saison.

D’après un reportage de Steven Webb, de CBC

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