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Pour la première fois, le monde compte plus de 100 millions de personnes déplacées

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Des réfugiés ukrainiens à Lviv s’apprêtent à monter dans un autocar à destination de Varsovie.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Agence France-Presse

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a poussé pour la première fois le nombre de personnes déracinées dans le monde au-dessus de la barre des 100 millions, ont averti les Nations unies lundi.

Cela doit servir de signal d’alarme pour nous permettre de résoudre et de prévenir les conflits destructeurs, de mettre fin aux persécutions et de lutter contre les causes profondes qui contraignent des personnes innocentes à fuir leur foyer, a déclaré le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

« Le chiffre de 100 millions est saisissant. C'est une source d’inquiétude qui donne à réfléchir. C’est un chiffre qui n’aurait jamais dû être atteint. »

— Une citation de  Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés

La situation était déjà grave, comme le révèlent les statistiques du HCR. Fin 2021, le nombre de personnes déracinées dans le monde avait atteint les 90 millions en raison de nouvelles vagues de violence ou de conflits prolongés dans des pays tels que l’Éthiopie, le Burkina Faso, le Myanmar, le Nigéria, l’Afghanistan et la République démocratique du Congo.

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Des centaines de personnes ont été déplacées dans des camps de réfugiés à l'intérieur de l'Éthiopie afin de fuir les violences dans la zone de Metekel, dans l'ouest du pays.

Photo : afp via getty images / EDUARDO SOTERAS

Puis, le 24 février, le président russe Vladimir Poutine a ordonné l’invasion de l’Ukraine voisine, jetant ainsi de nouveaux millions de personnes sur les routes pour fuir les combats et pour rejoindre des régions moins exposées ou un autre pays.

L’Europe n’avait pas connu un flot aussi rapide de réfugiés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Presque 6,5 millions d’Ukrainiens ont quitté le pays, essentiellement des femmes et des enfants, les hommes en âge de se battre devant rester au pays. Et l’ONU estime qu’ils pourraient être 8,3 millions d’ici la fin de l’année.

En Ukraine même, on estime que quelque huit millions de personnes sont des déplacés internes.

Avant l’invasion russe, l’Ukraine comptait 37 millions de personnes dans les régions sous le contrôle de son gouvernement. Ce chiffre exclut la Crimée, annexée en 2014 par la Russie, et les régions de l’est contrôlées par des séparatistes prorusses.

Ces 100 millions de déracinés représentent plus de 1 % de la population mondiale, et seulement 13 pays dans le monde ont une population supérieure à ce nombre, rappelle le HCR pour donner une meilleure idée de l’ampleur du phénomène.

Solidarité à deux vitesses

La réponse de la communauté internationale envers les personnes qui fuient la guerre en Ukraine a été extrêmement positive, s’est réjoui Filippo Grandi. Cet élan de compassion est bien réel et une mobilisation similaire est nécessaire à l’égard de toutes les autres crises dans le monde, a-t-il souligné.

Toutefois, l’élan de générosité et la mobilisation d’aide publique pour l’Ukraine contrastent fortement avec l’accueil beaucoup plus mitigé réservé aux réfugiés d’autres théâtres de guerre comme l’Afghanistan ou la Syrie.

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Des milliers d'Afghans ont tenté de fuir l'Afghanistan à l'aéroport de Kaboul après la prise de pouvoir des talibans, en août 2021.

Photo : (Wakil Kohsar/AFP/Getty Images)

Aussi le patron du HCR rappelle-t-il que l’aide humanitaire n’est qu’un palliatif, pas un remède.

Pour inverser la tendance, les seules réponses sont la paix et la stabilité, afin que des personnes innocentes ne soient plus contraintes de choisir entre, d'une part, le danger immédiat du conflit et, d'autre part, une fuite et un exil difficiles, martèle-t-il.

Vendredi, il avait critiqué la vingtaine de pays qui, plus de deux ans après le début de la pandémie de COVID-19, continuent de fermer leur frontière aux demandeurs d’asile au nom de la sécurité sanitaire. Il les soupçonne d’en faire un prétexte pour ne pas les rouvrir.

Un rapport de deux ONG, publié le 19 mai, a comptabilisé presque 60 millions de personnes déplacées internes dans le monde l’année dernière, dont beaucoup à cause de catastrophes naturelles.

La situation dans le monde n’a jamais été aussi mauvaise, a fait observer le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Jan Egeland. Le monde s’écroule, a-t-il insisté.

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