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De mauvaises conditions d’hébergement dénoncées à la RPA Château Bellevue de Val-Bélair

Deux femmes posent côte-à-côte pour une photo. Elles sont dehors.

Maureen McCarthy et Marie-France Théberge (de gauche à droite) ne pensaient pas que leurs proches seraient traités de la sorte au Château Bellevue de Val-Bélair.

Photo : Radio-Canada / Alexane Drolet

Radio-Canada

Des familles de résidents du Château Bellevue de Val-Bélair dénoncent les mauvaises conditions d'hébergement qui perdurent depuis des mois. Devant la foulée des plaintes et griefs contre la résidence privée, la direction a été mise à pied. Les nouveaux responsables travaillent sur un plan d'action pour remédier à la situation.

Un texte d'Alexane Drolet

Insalubrité, médicaments oubliés et hygiène négligée... La liste de reproches est longue. Sept familles de résidents se sont mobilisées afin que les conditions de la Résidence privée pour aînés (RPA) s'améliorent.

Magasiner sa résidence

Les parents de Marie-France Théberge vivent au Château Bellevue de Val-Bélair. Une résidence qu'elle a choisie minutieusement, il y a sept mois, après en avoir visité une dizaine.

Elle voulait s'assurer de trouver le meilleur endroit pour ses parents atteints de démence et d'Alzheimer. En octobre dernier, lorsqu'elle a visité le Château Bellevue, elle est tombée sous le charme.

Quand tu entres là, c'est beau et moderne. Mais là tout d'un coup, ils nous amènent à l'aire de soins qui est fermée et sécurisée. Quand la porte s'est ouverte, j'ai eu un peu un bémol, affirme-t-elle.

Ce bémol est attribuable au manque de propreté. Elle trouvait que les planchers étaient sales et peu entretenus comparativement à l'accueil. Elle constatait tout de même que ses parents allaient être bien dans cette résidence.

Je me suis dit que l'important, c'est la qualité des soins et le personnel, dit-elle.

Les problèmes s'accumulent

Marie-France a réussi à trouver une chambre double pour que ses parents soient hébergés ensemble. Elle débourse 6900 $ par mois pour ses deux parents. Un mois après leur emménagement, elle s'est assuré que tous les soins nécessaires aient été donnés.

Son père a eu besoin qu'une barre d'appui soit installée, mais après avoir formulé plusieurs demandes, aucune installation n'a été faite. Son père a chuté à trois reprises.

À moment donné, je reçois un appel en plein milieu de l'après-midi pour me dire que mon père est au CHUL et qu'il avait encore chuté. Il s'était fracturé le fémur. La résidence ne m'avait même pas averti, confie Marie-France.

Sa méfiance envers la résidence a alors commencé et les problèmes se sont accumulés.

Ma mère porte les mêmes vêtements pendant cinq à six jours de suite. Mon père n'a pas de protection sur lui, il urine dans ses pantalons, énumère celle qui décide de prendre les choses en main.

Marie-France Théberge a décidé de dénoncer la situation auprès d'autres proches de résidents. C'est ainsi qu'elle a fait la rencontre de Maureen McCarthy qui était aux côtés de sa mère, dans la chambre d'en face.

Je me suis rapidement rendu compte que je n'étais pas seule , raconte Marie-France.

La priorité de l'entreprise remise en doute

Maureen a quatre frères et sœurs. Au cours des derniers mois, ils ont perdu confiance envers le Château Bellevue, au point qu'ils ont décidé de ne pratiquement jamais laisser leur mère seule à la résidence, malgré les 4500 $ qu'ils versent au Château Bellevue, chaque mois.

On est là tous les jours et à tous les jours, il y a quelque chose de pas normal, déplore Maureen.

Elle a installé sa mère dans la résidence il y a quatre mois. Elle regrette son choix depuis.

Leur raison d'être, c'est des immeubles pour être rentables, mais leur raison d'être devrait être le bien-être de nos aînés, de nos parents, considère Maureen.

Elle accuse le Château Bellevue d'être une business qui n'opère pas nécessairement pour les bonnes raisons.

La facturation fonctionne très bien. Ça, c'est très efficace, mais les soins ne sont pas là, tranche-t-elle.

Une situation prise très au sérieux

Au cours des dernières semaines, la nouvelle direction générale a travaillé sur un plan d'action pour répondre aux griefs soulevés par les familles des résidents.

Cette action fait suite à la mise à pied de la précédente direction, dans la foulée des plaintes formulées par les familles. Le plan prévoit de vérifier toutes les tâches effectuées par le personnel, en plus d'améliorer l'animation, la qualité du ménage et des soins offerts.

Marie-France et Maureen se disent satisfaites du plan d'action déposé. Elles souhaitent maintenant le voir mis en œuvre rapidement.

Mes parents ont travaillé toute leur vie et je leur ai promis que je prendrai soin d'eux jusqu'en fin de vie, ajoute Marie-France, avec émotion.

En plus des plaintes verbales, trois familles de résidents à l’unité de soins ont déposé leurs réclamations au commissaire aux plaintes.

Les gestionnaires du Château Bellevue déclarent qu'ils collaborent avec celui-ci. À ce jour, deux dossiers sont toujours en cours de traitement; le troisième a été rejeté.

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