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Des parents en quête de place en garderie dénoncent les coûts des listes d’attente

Des manteaux accrochés dans le couloir d'une garderie d'Ottawa le 28 mars 2022.

Des parents à la recherche de places en garderie ont des frais à régler pour inscrire leurs enfants sur des listes d'attente en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Des parents britanno-colombiens à la recherche de places en garderie déplorent de devoir débourser de l’argent pour inscrire leurs enfants sur des listes d’attente. Les montants dépensés, souvent importants, sont non remboursables, selon eux, et ne garantissent pas d’obtenir une place.

Rory Richards est maman de trois enfants, dont deux jumelles de 5 ans. Ces cinq dernières années, elle estime avoir dépensé plus de 5000 $ pour les inscrire sur des listes d’attente dans l’espoir d’avoir une place.

Si l'on considère le nombre de garderies qu'il faut appeler, vous pouvez imaginer le fardeau financier, en plus du stress émotionnel [que toute cette recherche implique], déplore-t-elle.

D'après Mme Richards, certaines garderies ne confirment même pas aux parents si elles ont des places disponibles avant que les parents remplissent une demande et paient les frais.

Par ailleurs, comme tout le processus ne garantit pas l’obtention d’une place, elle met en doute le bien-fondé de ce système : Le fait de n'avoir été appelé au cours des cinq dernières années par aucune de ces garderies remet vraiment en question la légitimité de ces frais.

Geronimo Ratcliffe a quant à lui refusé de payer pour inscrire sa fille de 2 ans sur des listes d’attente de garderies, accusant, lui aussi, la pertinence de ces méthodes et la transparence des établissements.

« Comment puis-je savoir si j’ai même été ajouté à la liste d'attente? Si le gouvernement ne réglemente pas ce processus, pourquoi devrais-je payer ? »

— Une citation de  Geronimo Ratcliffe
Geronimo Ratcliffe dans un parc de Vancouver le 21 mai 2022.

Geronimo Ratcliffe, un père de Vancouver, s'interroge sur la pertinence des méthodes et la transparence de certains établissements.

Photo : Radio-Canada

Une source de revenus pour certaines garderies

Selon la porte-parole de la Coalition pour la défense des garderies de la Colombie-Britannique (Coalition of Childcare Advocates of British Columbia), Sharon Gregson, les frais de listes d’attente que facturent certaines garderies ne sont pas nouveaux.

Certaines demandent des frais minimes, comme 20 $, pour aider à compenser certains coûts administratifs, explique-t-elle. Mais d’autres garderies à but lucratif profitent du désespoir des parents et facturent des frais élevés pour les listes d'attente, qui ne sont pas remboursables et ne garantissent pas l'obtention d'une place.

Elle déplore que ce système devienne une source de revenus pour ces établissements.

Le problème est de nature systémique, à son avis, et pour y faire face, la province devrait s’attaquer à la rémunération des travailleurs du domaine.

Une grille salariale équitable à l'échelle de la province garantirait une rémunération globale juste pour les éducateurs, croit-elle.

Une solution, les places à 10 $ par jour

En réponse à ces inquiétudes, la ministre d'État pour la Petite enfance de la Colombie-Britannique, Katrina Chen, dit être au fait des frais des listes d’attente de certaines garderies, disant qu’elle a elle-même dû payer pour y inscrire son fils il y a plusieurs années.

Elle affirme que la province est en train d’étudier la question et, plus largement, de trouver des façons de rendre la garde d’enfants plus abordable pour les parents.

Katrina Chen rappelle que les parents ont à présent accès à 6500 places en garderie à 10 $ par jour en Colombie-Britannique, et que ces places subventionnées seront au nombre de 12 500 d’ici la fin de 2022.

Elle précise que les garderies participantes à ce programme n’ont pas le droit de facturer des frais aux parents pour s’inscrire sur une liste d’attente.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique entouré du maire de Vancouver et de la ministre d'État pour la Petite enfance lors d'une annonce à Vancouver, le 4 juillet 2019.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, entouré du maire de Vancouver, Kennedy Stewart (à sa droite), et de la ministre d'État pour la Petite enfance, Katrina Chen (à sa gauche), lors d'une annonce à Vancouver en juillet 2019.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Selon la ministre, la province doit à la fois réduire les coûts de garde d’enfants pour les parents, mais aussi soutenir les prestataires de ces services.

À ce propos, Katrina Chen évoque qu’un complément salarial de 4 $ l'heure est offert à toutes les personnes qui travaillent en petite enfance.

Avec des informations de Georgie Smyth et de Michelle Gomez

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