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Marineland : un avocat, un cinéaste et un scientifique interdits d’accès

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Sur cette photo d'archives, des touristes font la queue dans une zone d'observation pour voir deux attractions de Marineland. Le parc a ouvert pour la saison samedi.

Photo : The Canadian Press / SCOTT DUNLOP

Radio-Canada

Marineland a interdit l'accès à ses installations à un certain nombre de personnes, dont certaines n'ont jamais visité l'attraction touristique de Niagara Falls, quelques jours avant l'ouverture de la saison.

Un avocat, un cinéaste et un scientifique figurent parmi les personnes qui ont reçu un avis, dont le libellé est identique, à l'exception des noms.

Les avis indiquent que les destinataires n'ont pas le droit d'entrer sur la propriété connue sous le nom de Marineland of Canada, Inc. et ne peuvent pas y pénétrer à tout moment et pour quelque raison que ce soit.

Les gens qui reçoivent un tel avis qui entrent sur la propriété peuvent être accusés en vertu de la Loi sur l'intrusion dans les biens et être passible d'une amende de 2000 $ en cas de condamnation, peut-on lire dans le document, qui est signé par la propriétaire Marie Holer.

Marineland, qui a ouvert ses portes pour la saison samedi, n'a pas répondu aux multiples demandes de commentaires de La Presse canadienne.

Miranda Desa, avocate de l'organisation militante Last Chance for Animals, a déclaré avoir reçu l'un tel avis mardi. Il indique que l'interdiction s'applique non seulement à Mme Desa, mais aussi à toute l'organisation, ses employés, bénévoles, représentants, agents, directeurs et affiliés.

La première chose qui me vient à l'esprit est "qu'est-ce qu'ils cachent?", a-t-elle déclaré. J'ai aidé Last Chance for Animals à déposer une plainte contre Marineland pas plus tard que l'automne dernier.

L'année dernière, Last Chance for Animals a envoyé un enquêteur à Marineland pour voir ce qui se passait à l'intérieur du parc. L'organisation a envoyé des vidéos dans le cadre d'une plainte à la police régionale de Niagara en septembre 2021 et son enquêteur a fait une déclaration à la police un mois plus tard. En décembre 2021, la police régionale de Niagara a accusé Marineland d’utiliser des dauphins et des baleines à des fins de divertissement, une accusation que l'attraction touristique nie.

Marineland a imputé l'accusation à des activistes motivés par l'idéologie qui ont déposé une plainte à la police. Cette semaine, Marineland a comparu pour la quatrième fois devant le tribunal pour ces accusations. L'affaire a été ajournée jusqu'en juin.

En mars, les policiers ont contacté la direction de Last Chance for Animals pour lui demander davantage de photographies et de vidéos, selon Mme Desa. Je pense qu'ils cherchent à empêcher Last Chance for Animals d'être présent et de voir ce qui se passe, a-t-elle déclaré au sujet de l'interdiction de Marineland.

Mme Desa a déclaré que les membres de l'organisation respecteront l'avis d'intrusion, tout en soulignant qu'ils n'ont pas vraiment de recours pour lutter contre l'interdiction. Il y a beaucoup de bonnes façons de continuer à défendre les droits des animaux, a-t-elle déclaré.

Rob Laidlaw, directeur exécutif de l'organisation de défense des droits des animaux Zoocheck, a lui aussi déclaré avoir reçu l'avis en début de semaine. Cela semble idiot, ils ne peuvent pas vraiment bannir tout le monde, a-t-il déclaré. M. Laidlaw a déclaré avoir reçu un avis similaire il y a plusieurs années.

Je n'ai pas l'intention d'y retourner, ce n'est pas nécessaire, a-t-il déclaré.

D'autres personnes ayant reçu l'avis d'intrusion sont restées perplexes, notamment trois conseillers du Whale Sanctuary Project, un projet de refuge côtier en Nouvelle-Écosse pour les baleines autrefois gardées dans des parcs marins. Je n'ai rien à voir avec Marineland, a déclaré en riant le documentariste Harry Rabin. C'est vraiment bizarre.

Il soupçonne que la notification qu'il a reçue a peut-être un rapport avec son prochain documentaire Cry of the Wild, sur les 100 baleines qui ont été capturées et détenues dans les eaux russes et destinées aux parcs marins du monde entier.

Sara Dubois, responsable scientifique en chef de la British Columbia Society for the Prevention of Cruelty to Animals [Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de la Colombie-Britannique, traduction libre], pense que ce sont ses liens en tant que conseillère du Whale Sanctuary Project qui lui ont permis de figurer sur la liste.

Honnêtement, j'ai pensé qu'il s'agissait d’un pourriel, a-t-elle déclaré. Je n'ai jamais eu de contact avec Marineland, je n'ai jamais visité Marineland, je n'ai jamais parlé publiquement de Marineland jusqu'à maintenant.

Une troisième conseillère du du Whale Sanctuary Project, Liv Baker, qui vit à New York, a également déclaré qu'elle n'avait jamais visité ou discuté du parc auparavant.

C'est étrange, a déclaré Mme Baker, professeure dans le programme de comportement et de conservation des animaux au Hunter College.

Charles Vinick, directeur exécutif du Whale Sanctuary Project, a lui aussi affirmé avoir reçu un avis. Il ajoute que certains autres de ses collègues en ont aussi reçu un, mais pas tous. C'est étrange, croit-il lui aussi.

Marineland et le projet de sanctuaire avaient déjà eu des discussions sur le transfert potentiel de certaines baleines à un moment donné, mais ces discussions ont pris fin en décembre lorsque Marineland a publié un rapport alléguant que les eaux du sanctuaire étaient trop polluées.

Nous sommes impatients de discuter avec Marineland à l'avenir, a déclaré M. Vinick.

Avec les informations de La Presse canadienne

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