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Des apiculteurs s’élèvent à nouveau contre l’usage des pesticides

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Des abeilles à la ruche (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphan Gravel

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La forte mortalité des abeilles de ce printemps n'épargne pas les apiculteurs qui réitèrent l’urgence d'interdire l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes et du glyphosate, réputés néfastes pour les abeilles.

À l'échelle de la province, les membres des Apiculteurs et apicultrices du Québec ont enregistré une perte moyenne de 60 % de leurs ruches, soit le triple de la mortalité habituelle.

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Des ruches de l'apiculteur Thierry Trigaux.

Photo : Radio-Canada

Au Bas-Saint-Laurent, l'apiculteur Thierry Trigaux a constaté des pertes similaires au sein de ses ruches. Seulement une vingtaine de ses 50 colonies d'abeilles ont survécu à l'hiver.

L'apiculteur de Baie-des-Sables pointe du doigt un parasite, le varroa, qui a profité de l'été tardif et de l’automne chaud pour proliférer et décimer ses abeilles.

« Depuis quelques années, on a des hivers très difficiles pour les abeilles. Malheureusement, d’une année à l’autre, on n'arrive plus à remonter le cheptel [au niveau de] santé qu’on avait au départ. »

— Une citation de  Thierry Trigaux, apiculteur de Baie-des-Sables

Reconstituer un rucher est une opération délicate. Il faut prélever une partie du couvain d’une ruche pour en reconstituer d’autres. On affaiblit un peu les colonies survivantes pour essayer de multiplier le nombre de ruches. Plus on a de pertes, plus on doit prélever de couvains dans les colonies survivantes pour rebâtir le rucher, explique-t-il.

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Thierry Trigaux, apiculteur à Baie-des-Sables, constate que ses ruchers peinent à se maintenir en santé.

Photo : Radio-Canada / Pierre Chapdelaine de Montvalon

Une telle opération peut se réaliser pour des pertes de 10 % à 20 %, mais pas pour des pertes de 50 % à 60 %, ajoute Thierry Trigaux. L'apiculteur avait déjà perdu les deux tiers de ses ruches en 2018.

Mettre fin aux pesticides

Une aide de 12 millions de dollars a d'ailleurs été demandée par Apiculteurs et apicultrices du Québec au gouvernement. Selon Thierry Trigaux, cette aide serait la bienvenue. Il maintient toutefois qu'il faut voir plus loin et repenser notre utilisation des intrants chimiques en agriculture.

Ce n’est pas avec de l’argent qu’on rebâtit un rucher, c’est avec du travail. Il existe d’autres solutions que l’argent, je pense notamment aux conditions de production en agriculture. On utilise beaucoup d’intrants chimiques, qui sont des destructeurs d’abeilles, analyse l'apiculteur.

En Gaspésie, l'apiculteur John Forest constate aussi des pertes plus importantes qu'à l'habitude, même si elles restent bien moindres que celles auxquelles font face ses collègues.

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John Forest estime lui aussi que les pertes de l'hiver sont plus importantes que d'habitude (archives).

Photo : Radio-Canada

Le résident de Maria dénonce l'utilisation de pesticides et la perte de biodiversité dans l'agriculture, notamment dans les bleuetières.

« Comme on utilise beaucoup de glyphosate, ça tue beaucoup, ça appauvrit. Ils essayent de faire de la monoculture avec rien, puis les abeilles manquent de fleurs pour se développer. C’est pour ça qu’on parle beaucoup de pissenlit cette année, et de ne pas couper la pelouse. »

— Une citation de  John Forest, apiculteur de Maria

Sur la Côte-Nord, les ruches de l’apiculteur Yannick Tremblay, des Bergeronnes, n’ont pas connu l’hécatombe qui a décimé les ruchers de ses collègues. Seulement 10 % de ses ruches n’ont pas survécu à l’hiver.

Ses pertes liées au varroa sont aussi très faibles, une situation qu’il explique par le peu d’apiculteurs sur la Côte-Nord et par la saison plus courte dans la région.

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Yannick Tremblay dispose d'une cinquantaine de ruches.

Photo : Gracieuseté de Yannick Tremblay

Il croit toutefois que l'utilisation de pesticides néonicotinoïdes et du glyphosate est une problématique majeure qu’il faut régler.

Yannick Tremblay déplore d'ailleurs l’inaction du gouvernement à cet effet. On a l’impression que ça ne bouge pas. Il y a de l’écoute, mais ça change à pas de tortue, ou pratiquement pas, constate-t-il.

Appui du Parti québécois

Face à cette mortalité élevée des colonies d'abeilles dans la province, le Parti québécois proposait, en fin de semaine, d'interdire l'utilisation des pesticides néonicotinoïdes et du glyphosate.

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Méganne Perry Mélançon, porte-parole du PQ d'agriculture et d'alimentation (archives).

Photo : Radio-Canada

La députée de Gaspé et porte-parole du PQ en matière d'agriculture et d'alimentation, Méganne Perry  Mélançon, s'est dite préoccupée par les effets néfastes de ces insecticides sur les pollinisateurs, mais aussi sur la qualité de l'air, de l'eau, des sols et des aliments.

« Ce type de pesticides est encore trop utilisé, malgré les objectifs que le gouvernement s’est fixés de réduire de 25 % l’utilisation de certains pesticides. On voit que ça ne fait qu’augmenter, et on voit dans les cours d’eau, près des territoires agricoles, que le niveau de pesticides est encore trop élevé. »

— Une citation de  Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé et porte-parole du PQ en matière d'agriculture et d'alimentation

Le PQ demande aussi au gouvernement de débloquer l'aide d'urgence de 12 millions de dollars réclamée par les apiculteurs, afin de les aider à surmonter une mortalité de leurs ruches trop fois plus élevée que la moyenne.

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