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Du personnel activement recherché par un hôtelier de Roberval

Une chambre de l'Hôtel Château Roberval est vide.

Une chambre de l'Hôtel Château Roberval

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

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La saison chaude se profile à l'horizon. C'est donc le branle-bas de combat dans le secteur touristique pour faire face au manque de main-d'œuvre et le problème est particulièrement aigu dans un hôtel du Lac-Saint-Jean.

C'est directement proportionnel. À l'Hôtel Château Roberval, plus le début de l'été approche, plus la pression monte, et ce, pour une raison fort simple.

Ce que ça me prend, ce sont des bras, s'exclame sans ambages le directeur de l'établissement, Maxime Beaubien.

Le recrutement est devenu un véritable casse-tête pour lui. Au fil du temps, les pièces du casse-tête sont devenues de plus en plus difficiles à dénicher.

Avant la pandémie, j'avais quand même de la difficulté, mais c'était un peu moins pire. Présentement, même les étudiants ne postulent pas, déplore-t-il.

S'il y a du monde qui cherche des emplois, je suis là, lance-t-il, mi-figue, mi-raisin.

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L'Hôtel Château Roberval

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Idéalement, M. Beaubien pourrait compter sur 50 travailleurs à l'approche de la période estivale. Or, il en manque une quinzaine pour atteindre ce chiffre magique.

Déjà, les effets de cette disette se font cruellement sentir. Des chambres doivent être fermées sur une base épisodique. De plus, certains services sont interrompus temporairement. Par exemple, lorsqu'un client effectue un séjour de plus d'une journée, le ménage n'est pas systématiquement fait dans sa chambre sur une base quotidienne.

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Le directeur de l'Hôtel Château Roberval, Maxime Beaubien

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Dans de pareilles circonstances, l'époque où un gestionnaire d'hôtel pouvait rester bien tranquillement dans son bureau est clairement révolue. Il doit dorénavant mettre la main à la pâte.

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La buanderie de l'établissement

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Je me déplace dans l'hôtel là où il y a le plus de besoins et j'aide les employés pour qu'ils passent une belle journée, qu'ils n'aient pas trop un gros fardeau sur les épaules. Je fais des chambres. Je vais à la buanderie, dans la cuisine, à la réception, raconte-t-il.

M. Beaubien remercie le ciel de pouvoir compter sur des vétérans à la loyauté indéfectible.

La plupart de mes travailleurs fiables et fidèles depuis plusieurs années, ce sont des gens plus âgés, de 55 à 65 ans, constate-t-il.

Un éternel recommencement

Malgré tous les efforts déployés par Maxime Beaubien présentement, il y a fort à parier qu'à pareille date l'an prochain, il sera de retour à la case départ.

La multiplication des emplois vacants dans le domaine de l'hôtellerie est un problème criant et multifactoriel. Il est donc inutile de se bercer d'illusions : il ne se réglera pas du jour au lendemain.

C'est un défi à la fois complexe et généralisé qui plombe ce secteur économique partout au Québec, souligne le préfet de la municipalité régionale de comté du Domaine-du-Roy, Yanick Baillargeon.

Une compétition sans merci

Dans l'ensemble des régions, on court tous après le même bassin d'employés et c'est difficile de se démarquer, observe M. Baillargeon.

À son avis, les dirigeants des hôtels du Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent s'empresser de courtiser les citadins maintenant que la crise de la COVID-19 connaît un certain essoufflement.

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Des passants à Montréal

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Ils ont longtemps eu le sentiment d'être confinés, renfermés. C'est là qu'il y a un gain à faire. Il faut aller chercher ces gens-là qui désirent avoir de l'espace pour vivre, un coût de la vie moins élevé. Ils ne veulent plus se ramasser dans le trafic. Ils souhaitent profiter de la nature, énumère Yanick Baillargeon, avec optimisme.

Il ajoute que des efforts doivent aussi être investis pour favoriser l'arrivée de travailleurs étrangers dans le secteur de l'hébergement touristique en misant toujours sur le même leitmotiv.

On ne va pas seulement recruter des employés. On va chercher des gens. Il faut qu'ils soient bien intégrés au milieu, martèle M. Baillargeon, avec conviction.

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Le préfet de la municipalité régionale de comté du Domaine-du-Roy, Yanick Baillargeon

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

La créativité, une absolue nécessité

La directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Dubord, n'a absolument rien contre les solutions préconisées par M. Baillargeon, bien au contraire.

Par contre, selon elle, il est important d'envisager d'autres options et elle cite d'ailleurs certains exemples.

Il faut penser aux personnes à mobilité réduite, à celles qui sont judiciarisées, soutient-elle.

Collectivement, on doit trouver des mécanismes pour mobiliser ces gens-là et leur donner la place qui leur revient [au sein du marché du travail], affirme Mme Dubord, d'un ton convaincu.

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La directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Dubord

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Un peu moins de spontanéité, s'il vous plaît

Mme Dubord avance que les clients eux-mêmes doivent s'habituer à faire leur bout de chemin dans le contexte qui prévaut à l'heure actuelle.

Avant la pandémie, les Québécois avaient souvent tendance à arriver à la dernière minute. Sur une impulsion, ils décidaient de venir visiter la région, se rappelle-t-elle, avec une certaine nostalgie.

Or, avec le manque de main-d'oeuvre dans le domaine de l'hôtellerie, il va falloir qu'ils apprennent à planifier davantage, à faire des réservations et à s'assurer qu'il y a de la disponibilité avant de partir de chez eux, conclut-elle.

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