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Australie : le nouveau premier ministre promet de redorer l’image du pays

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«Le peuple australien a voté pour le changement», a dit dimanche Anthony Albanese, 59 ans, dont la victoire a mis fin à neuf ans de gouvernement conservateur.

Photo : Getty Images / Lisa Maree Williams

Agence France-Presse

Le travailliste Anthony Albanese, qui s'apprête à devenir premier ministre de l'Australie après sa victoire aux législatives, a promis dimanche de redorer l'image de son pays, largement considéré à l'étranger comme étant à la traîne en matière de lutte contre les changements climatiques.

Je veux vraiment changer le pays, a déclaré M. Albanese, qui doit prendre ses fonctions lundi et s'envoler peu après pour Tokyo. Il y participera mardi au sommet du Quad (États-Unis, Japon, Inde, Australie), et rencontrera séparément ses homologues indien, Narendra Modi, et japonais, Fumio Kishida, ainsi que le président des États-Unis, Joe Biden.

Cela nous permet de faire savoir au monde qu'il y a un changement de gouvernement, a-t-il déclaré aux journalistes. Il y aura quelques changements dans la politique, en particulier en ce qui concerne les changements climatiques et notre engagement envers le monde sur ces questions, a-t-il ajouté.

Toutefois, à deux jours de ce premier déplacement officiel à l'étranger, M. Albanese attendait toujours dimanche de savoir si son Parti travailliste disposera au Parlement australien d'une majorité absolue ou s'il devra trouver des alliés pour gouverner.

Selon les résultats officiels partiels, les travaillistes pouvaient déjà compter dimanche sur 74 sièges à la Chambre des représentants et disposaient d'une légère avance dans une 75e circonscription.

La majorité absolue (76 sièges) à la Chambre, qui compte 151 députés, paraissait donc à leur portée, l'issue étant encore incertaine dans plus d'une dizaine de circonscriptions.

Le peuple australien a voté pour le changement, a dit dimanche Anthony Albanese, 59 ans, dont la victoire a mis fin à neuf ans de gouvernement conservateur.

La coalition libérale du premier ministre sortant Scott Morrison a perdu de nombreux sièges partout au pays. Toutefois, elle a connu ses pires défaites dans des circonscriptions qui étaient jusqu'à présent ses chasses gardées face à une poignée de candidats indépendants.

Ces candidats sont surnommés les teals, un terme qui signifie sarcelles mais qui désigne aussi la couleur entre le bleu (des conservateurs) et le vert (des écologistes). Il s'agit pour la plupart de femmes élues grâce à des programmes en faveur de l'environnement, opposés à la corruption et pour l'égalité des genres.

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La victoire de M. Albanese a été saluée par les dirigeants de plusieurs pays insulaires du Pacifique.

Photo : Getty Images / James D. Morgan

Le ministre sortant des Finances, Josh Frydenberg, a notamment été humilié dans son fief de Melbourne par la teal Monique Ryan.

Mme Ryan s'est dite prête à soutenir le gouvernement de M. Albanese si celui-ci s'engageait sur un objectif de 60 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et s'il créait dans les six mois une puissante agence fédérale anticorruption.

J'ai vraiment très hâte de travailler avec lui, a-t-elle dit dans une entrevue accordée à une chaîne de télévision dimanche.

Anthony Albanese a promis de réduire de 43 % les émissions de GES d'ici 2030. Son prédécesseur avait été critiqué pour s'en tenir à un objectif de -28 % en 2030 par rapport à 2005.

Une superpuissance des énergies renouvelables

Les teals ont exploité la colère des banlieues aisées de Sydney et de Melbourne contre le soutien inconditionnel de Scott Morrison à l'industrie du charbon, malgré trois années de sécheresses, d'inondations et d'incendies aggravés par le réchauffement climatique, qui ont bouleversé la vie de millions de personnes.

Dans son discours de victoire, Anthony Albanese a promis de transformer l'Australie en superpuissance des énergies renouvelables. Cependant, il est jusqu'à présent resté sourd aux appels pour en finir avec le charbon, qui reste un des moteurs de l'économie du pays et qui compte de nombreux partisans chez les travaillistes.

Sa victoire a été saluée par les dirigeants de plusieurs pays insulaires du Pacifique, dont l'existence même est, pour beaucoup d'entre eux, menacée par les changements climatiques.

Parmi vos nombreuses promesses de soutien au Pacifique, aucune n'est la plus bienvenue que votre projet d'accorder la priorité au climat. L'avenir commun de nos peuples en dépend, a déclaré le premier ministre des Îles Fidji, Frank Bainimarama.

Le climatoscepticisme affiché par le précédent premier ministre australien avait envenimé les relations entre Canberra et ses voisins et alliés du Pacifique, une région où la Chine cherche à étendre son influence.

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