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Des survivants du pensionnat de Kamloops reviennent sur une année agitée

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Des chaussures d'enfants ont été disposées près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, au printemps 2021, en souvenir des enfants dont les restes ont été retrouvés enterrés sur le site.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Radio-Canada

La fin du mois de mai marquera le premier anniversaire de la découverte des restes de plus de 200 enfants à l'emplacement d'un ancien pensionnat pour Autochtones, à Kamloops, en Colombie-Britannique. La découverte a réveillé des traumatismes chez certains survivants, mais a eu l’effet d’une catharsis chez d’autres, leur permettant d’enfin tourner la page sur leur passé.

Les cauchemars récurrents qui tourmentaient le chef de la Première Nation d'Upper Nicola, Harvey McLeod, depuis cette découverte ont pris fin l'automne dernier lorsqu'il a rêvé d’une jeune fille du pensionnat qui lui annonçait qu'elle était enfin arrivée chez elle.

Harvey McLeod, 68 ans, a passé deux ans au pensionnat pour Autochtones de Kamloops. Il a interprété ce rêve comme un signe selon lequel il pouvait faire la paix avec le passé.

« Ça a été à la fois difficile et merveilleux. »

— Une citation de  Harvey McLeod, chef de la Première Nation d'Upper Nicola

Percy Casper, un membre de la Première Nation de Bonaparte aujourd'hui âgé de 73 ans, a quant à lui passé 10 ans dans ce pensionnat. Il raconte qu'il a dû puiser de la force au fond de lui-même après l'annonce de la découverte des restes d'enfants. Il a eu l’impression de vivre à nouveau un traumatisme et a éprouvé de la colère.

Quand j'ai appris la nouvelle au sujet des restes des [...] enfants, c'est comme si on avait trop tiré sur l'élastique. J'étais épuisé et prêt à éclater, se souvient-il.

Pour s'en sortir, il s’est tourné vers les cérémonies traditionnelles autochtones pour parvenir à guérir spirituellement. Également vétéran de la guerre du Vietnam, Percy Casper a retrouvé une paix intérieure à la suite d'une cérémonie du solstice d'été près de Cache Creek, en Colombie-Britannique.

C'était à moi d'accomplir ce voyage intérieur spirituel. Je devais me guérir moi-même. J'ai des enfants, j'ai des petits-enfants, rappelle-t-il avoir pensé à ce moment-là.

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Deux survivantes s'enlacent en juin 2021 après avoir témoigné de leur expérience au pensionnat pour Autochtones de Kamloops.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Âgé de 79 ans, Mike Arnouse a quant à lui vécu 11 ans au pensionnat pour Autochtones de Kamloops. La dernière année a permis à ce membre de la Première Nation d’Adams Lake de renouveler son engagement à vivre en harmonie avec la Terre.

Il existe un cycle de la vie. Nous appartenons à ce cycle. Les oiseaux savent quoi faire. Les mammifères savent quoi faire. Les poissons savent quoi faire. Mais nous, le savons-nous? s’interroge-t-il.

Retour en enfance

Nicole Schabus, une experte en droit autochtone et environnemental à l'Université Thompson Rivers, à Kamloops, raconte que des survivants de pensionnats bouleversés l'ont appelée au cours des heures qui ont suivi l'annonce de la découverte des restes d'enfants, en mai 2021.

Les survivants sont revenus à l'époque où ils étaient des enfants, ce qui a réveillé les traumatismes intergénérationnels, souligne-t-elle.

Elle indique que plusieurs lui ont confié avoir rêvé de petits garçons esseulés.

Ils ont mis un certain temps à prendre conscience du fait qu'ils rêvaient d’eux-mêmes, conclut-elle.

Le pensionnat pour Autochtones de Kamloops a été en activité de 1890 à 1969. Le gouvernement fédéral a pris la relève de l'Église catholique pour gérer l'établissement, qui a été utilisé comme école de jour jusqu'à sa fermeture, en 1978.

La Commission de vérité et réconciliation a recensé au moins 51 morts dans ce pensionnat de 1915 à 1963. Déjà, en 1918, des responsables de la santé croyaient que les pensionnaires étaient mal nourris, a-t-elle noté dans son rapport de 4000 pages publié en 2015.

Selon ce rapport, plus de 4100 enfants autochtones ont perdu la vie à cause de diverses négligences dans de tels pensionnats au Canada.

Une cérémonie aura lieu lundi à Kamloops afin de souligner le premier anniversaire de la découverte.

Harvey McLeod estime que la découverte des sépultures anonymes a contraint les gens, les institutions et le pays tout entier à affronter le passé. Cela va prendre du temps, mais cela va tous nous changer d'une façon ou d'une autre, croit-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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