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Un premier concours de films TikTok au Festival de Cannes

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De courts films à la verticale étaient à l'honneur vendredi à Cannes.

Photo : Getty Images / Joe Maher

Agence France-Presse

Pour des cinéastes de la relève, les vidéos courtes de TikTok offrent une grande liberté de création à petit budget. Au Festival de Cannes, le réseau social, qui est devenu partenaire officiel, était en vedette vendredi.

Pour la première fois, la plateforme a lancé un concours de films courts pour des créations beaucoup plus construites que ce que [les tiktokeurs et tiktokeuses] font habituellement, selon Angèle Diabang, cinéaste sénégalaise et membre du jury du #TikTokShortfilm qui a remis ses prix vendredi.

Claudia Cochet, tiktokeuse assidue, mais surtout comédienne, a remporté le prix du meilleur script pour une œuvre de trois minutes, Princesse moderne.

Cette habituée des planches de théâtre, âgée de 34 ans, a découvert le réseau social et rejoint son milliard d'adeptes lors du premier confinement de mars 2020, alors qu'elle était privée de scène.

Aujourd'hui, je poste presque une vidéo par jour, des scènes de la vie quotidienne qui basculent dans le fantastique. J'ai 250 000 abonnés, raconte-t-elle à l'AFP.

TikTok m'offre une liberté de créer et une audience, assure-t-elle. Et ça me donne confiance pour faire des choses seules.

Un film court sur les violences faites aux femmes

Pour le #TikTokShortfilm, Claudia Cochet a voulu aborder un sujet grave, pas vraiment familier de l'audience de TikTok, qui vient plutôt y rechercher des sujets fun : les violences faites aux femmes.

Pour les très gros plans qu'elle voulait tourner, elle a exceptionnellement mis de côté son téléphone intelligent et préféré une caméra 16K.

Finalement, peu de mots et aucune violence physique à l'écran, mais beaucoup de signes de malaise et d'émotion dans cette histoire de fille battue qui finit par commettre l'irréparable pour se défendre.

Quand on est victime de violence conjugale, on n'ose pas en parler, mais on peut le montrer..., explique Claudia Cochet.

Juger le cinéma de trois minutes

On peut avoir l'impression que trois minutes, c'est court, mais on a vraiment essayé de les juger comme des films de 120 minutes, a expliqué Camille Ducellier, réalisatrice française et membre du jury, lors de la présentation des prix.

Cette dernière, plus habituée au grand écran, apprécie beaucoup le format vertical imposé par TikTok car ça permet de s'affranchir du poids de toutes ces décennies à l'horizontale et donc de réinventer toute une nouvelle grammaire visuelle.

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TikTok propose de courtes vidéos filmées à la verticale.

Photo : afp via getty images / LIONEL BONAVENTURE

Pour elle, ce jeu de cadrage ne renvoie pas seulement au téléphone intelligent, mais aussi à la fenêtre, la porte, et du coup se rapproche plus de la peinture.

À l'initiative de ce concours, Éric Garandeau, directeur de TikTok France, affirme à l'AFP que plusieurs dizaines de milliers de créateurs et créatrices ont participé au concours, dans 44 pays.

Pour cet ancien président du Centre national du cinéma, TikTok revient aux origines du cinéma, à l'époque de la "minute Lumière".

Aujourd'hui, le cinéma est parfois un peu "obèse" et le réseau social offre une alternative plus courte et une expérience plus intense, estime-t-il.

Un Grand Prix en noir et blanc

En écho à cette analyse, le lauréat d'un des Grand Prix Matej Rimanic joue avec les codes des premiers films sortis en salle, avec une histoire d'amour en noir et blanc, muette, où les deux protagonistes, des vingtenaires d'aujourd'hui, s'envoient des messages sur des avions en papier.

Pour cette première, Éric Garandeau a choisi un jury avec un grand brassage de diversité, du TikTokeur vedette Khaby Lame (deuxième personne la plus suivie au monde sur le réseau) au cinéaste franco-cambodgien hardcore très engagé Rithy Panh, président du jury.

Ce dernier a créé quelques remous quand il a démissionné pour dénoncer des pressions de la plateforme sur les choix du jury, avant de se raviser et de reprendre sa place quelques heures seulement avant le palmarès, assurant que le jury était de nouveau souverain.

Vendredi après-midi, la plateforme n'a pas autorisé les membres du jury à répondre aux questions de la presse après la remise des prix.

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