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Élections en Ontario : les enjeux autochtones largement ignorés

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De gauche à droite : Doug Ford, Andrea Horwath, Steven Del Duca et Mike Schreiner.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

En 180 minutes de débat entre les chefs des partis politiques de l’Ontario, les Autochtones ont été mentionnés seulement quatre fois. Les enjeux liés à la santé, à l’éducation et au coût de la vie ont dominé les discussions et ont relégué les enjeux autochtones à l’arrière-plan, selon plusieurs représentants des Premières Nations de la province.

Pourtant, la campagne électorale a commencé en force pour les communautés autochtones de l’Ontario : les 133 chefs de la province ont eu l’occasion de discuter directement avec les leaders des différents partis politiques lors d’un événement tenu à la fin du mois d’avril.

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Glen Hare déplore le manque d'intérêt des partis politiques de l'Ontario durant la campagne électorale de 2022. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mais depuis cet événement organisé par les chefs autochtones de l’Ontario, les dirigeants des différents partis sont demeurés silencieux face aux enjeux les plus importants pour la communauté, selon le chef régional de l’Ontario pour l’Assemblée des Premières Nations, Glen Hare. Je suis vraiment déçu. Je croyais que les choses allaient réellement changer.

« Année après année, j’ai l’impression que les enjeux touchant les Premières Nations sont de moins en moins présents dans les campagnes électorales. »

— Une citation de  Glen Hare, chef régional de l’Ontario pour l’Assemblée des Premières Nations

Depuis le début du mois de mai, aucun des quatre principaux partis de l’Ontario n’a fait de promesse ou d’annonce visant directement les Premières Nations.

De plus, aucun chef de parti n’a visité de communauté autochtone depuis le début de la campagne électorale. Andrea Horwath avait prévu un arrêt dans une communauté avant de recevoir un diagnostic positif de COVID-19 qui l’a forcée à annuler ses plans.

De leur côté, les libéraux, progressistes-conservateurs, néo-démocrates et verts affirment avoir fait différentes promesses concernant les Autochtones lors de cette campagne électorale. Toutefois, des intervenants autochtones estiment que les enjeux autochtones n’occupent pas suffisamment de place dans la politique ontarienne.

Une élection qui ressemble à celle qui l’a précédée

L’ancien chef régional de l’Ontario, Isadore Day, estime que les enjeux autochtones sont largement absents des discussions politiques de 2022, comme c’était le cas en 2018.

« Il n’y a pas d’enthousiasme, pas d’efforts concertés visant les Autochtones. »

— Une citation de  Isadore Day, anciennement chef régional de l’Ontario pour l'Assemblée des Premières Nations

Une situation qui le surprend, étant donné que la découverte de sépultures anonymes sur les terrains d’anciens pensionnats pour Autochtones a occupé une grande partie de la couverture médiatique nationale et provinciale au cours de la dernière année.

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L'activiste et chercheuse Riley Yesno est membre de la Première Nation d’Eabametoong, qui est également concernée par les projets miniers du Cercle de feu. (Archives)

Photo : Lisa Macintosh

De plus, il y a des lacunes majeures dans les promesses faites par les chefs et candidats des partis politiques de l’Ontario aux Premières Nations, selon Riley Yesno, écrivaine anichinabée et chercheuse à l’Université de Toronto.

Un des enjeux les plus importants, concernant le Cercle de feu dans le Nord de l’Ontario, n’a même pas été abordé par les politiciens durant la campagne électorale, déplore-t-elle.

La construction d’une route pour se rendre à ce gisement minier sème la controverse dans les Premières Nations de la région.

Il faut avoir le consentement des Premières Nations avant de mettre un projet de cette ampleur en marche, martèle Mme Yesno.

Peu de progrès au cours des quatre dernières années

Les dossiers importants pour les Premières Nations de l’Ontario, soit l’accès à l’eau potable, aux logements, la lutte contre la pauvreté et les droits issus des traités, ont peu progressé au cours des quatre dernières années, selon John Beaucage.

Anciennement Grand Chef de la Nation Anishinabek, il estime qu’il n’y a pas vraiment eu de mouvement du côté des économies des communautés autochtones, des niveaux de pauvreté, de la crise du logement et de l’eau depuis quatre ans.

Cette stagnation, combinée avec un silence sur les enjeux qui touchent directement les Autochtones, pourrait décourager l’électorat des Premières Nations et avoir un impact sur le taux de participation, selon Tania Cameron, une militante pour l’accès au droit autochtone de Kenora.

Pour l’instant, je ne vois pas le niveau d’engagement requis des partis politiques pour encourager les Autochtones à sortir et voter. J’espère qu’il y aura des changements au cours des deux prochaines semaines, conclut-elle.

Avec les informations de Logan Turner, CBC News

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