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Analyse

Déchirements chez les conservateurs : l’autre bataille de l’Alberta

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Malgré la démission de Jason Kenney, les tensions au sein des troupes conservatrices albertaines pourraient durer encore un certain temps.

Photo : La Presse canadienne / Dave Chidley

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Des échanges musclés, des rebondissements et une province entière qui a les yeux rivés sur de vieilles rivalités qui reprennent de la vigueur. Depuis quelques jours, les soubresauts politiques entourant la démission de Jason Kenney à titre de chef du Parti conservateur uni (PCU) rivalisent avec la série entre les Oilers et les Flames, surnommée la « bataille de l’Alberta », en matière de coups d’éclat.

Sauf que contrairement aux passions soulevées par le hockey, qui s’estomperont une fois la série entre Edmonton et Calgary terminée, les tensions entre conservateurs pourraient bien durer encore un certain temps.

Il fallait entendre le soulagement des députés détracteurs de Jason Kenney à leur arrivée à la réunion du caucus jeudi matin, quelques heures après l’annonce de la démission du chef, pour comprendre à quel point le premier ministre était devenu polarisant dans sa propre famille politique à cause de sa gestion de la pandémie et de son style jugé trop autoritaire.

C’est un moment magnifique, c’est une superbe occasion de passer à autre chose, disait, visiblement émue, la députée Leela Aheer, expulsée du Cabinet l’été dernier après avoir critiqué son chef.

Or, après une longue réunion du caucus, il a été décidé par les députés que Jason Kenney restera dans ses fonctions de chef et premier ministre en attendant qu’un successeur soit choisi.

Une décision qui ne peut que déplaire aux conservateurs mécontents, qui voulaient voir Jason Kenney partir pour de bon et le plus rapidement possible. Difficile d’imaginer les critiques rentrer dans le rang et cesser d’exprimer leur mécontentement. D’autant plus qu’en annonçant son départ, quelle autorité reste-t-il à Jason Kenney pour assurer la cohésion?

Ce choix de maintenir en poste Jason Kenney est d’autant plus curieux que sa cote de popularité demeure faible. Un récent sondage de la firme Common Ground révélait que 60 % des Albertains souhaitaient le départ de Jason Kenney à l'issue de son vote de confiance.

Ce même coup de sonde indique qu'à peine 31 % des Albertains approuvent le travail de Jason Kenney, une cote de popularité identique à celle de Justin Trudeau dans la province!

Une course et des défis

Il y aura donc une course à la direction du PCU au cours de laquelle différentes visions du conservatisme s’affronteront. Dans un parti aussi désuni, un tel exercice pourrait venir encore exacerber la ligne de fracture entre anciens du Wildrose et du Parti progressiste-conservateur.

Les militants conservateurs ont aussi déjà les yeux rivés sur la course à la chefferie fédérale, ce qui devrait forcer les candidats à la succession de Jason Kenney à redoubler d’efforts pour capter leur attention.

Qu’il soit populiste, de la droite économique traditionnelle ou progressiste-conservateur, le nouveau chef aura fort à faire pour maintenir les conservateurs au pouvoir.

La personne qui succédera à Jason Kenney aura comme premier mandat de réparer les pots cassés et de rallier tous les mécontents. Même les deux premiers candidats déclarés, les anciens chefs du Wildrose Brian Jean et Danielle Smith, ont dû admettre leur réelle inquiétude de voir la droite se diviser de nouveau, ce qui ouvre la voie à un retour au pouvoir du NPD de Rachel Notley.

Autre important défi, la personne qui dirigera la province devra aussi regagner la confiance des Albertains.

Si Jason Kenney est impopulaire, le PCU l’est tout autant. Depuis des mois maintenant, le parti est bon deuxième dans les sondages et les conservateurs risquent de se retrouver dans l’opposition s’ils ne parviennent pas à renverser la tendance.

Même le retour à l'équilibre budgétaire, une première depuis 2014, combiné à une économie revigorée par la hausse du prix du pétrole ne semblent pas permettre aux conservateurs de remonter la pente.

Avec ce vote de confiance, le premier ministre voulait mettre fin pour de bon aux déchirements internes qui rongent son parti et se donner un nouveau départ à un an des prochaines élections. Finalement, les événements de la semaine n’auront rien réglé, bien au contraire.

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