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COVID-19 : attention à la désensibilisation face aux décès, disent des experts

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Le nombre de décès a diminué moins vite que la vigilance et la compassion populaires, observent certains experts.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Ces deux dernières semaines, la COVID-19 a fait plus de victimes en Alberta que la grippe n'en fait habituellement en 12 mois. Alors que ces décès prennent de moins en moins de place dans les discours politiques, des experts estiment que la « normalisation » de ces morts pourrait s’avérer dangereuse.

La COVID-19 continue d’avoir un impact sur les Albertains. Elle a, par exemple, eu des conséquences terribles dans ma famille, dit Timothy Caulfield, détenteur de la Chaire de recherche du Canada en droit et politique de la santé à l'Université de l'Alberta.

Son beau-père, l’ancien doyen de la faculté de génie de l’Université de l’Alberta, Fred Otto, a succombé à la maladie il y a à peine deux semaines.

Timothy Caulfield dit que, depuis cette perte, les membres de sa famille a depuis eu des discussions avec des personnes qui leur disaient qu’elles étaient fatiguées de la pandémie, et des masques, et qu’elles voulaient passer à autre chose.

Nous ne leur avons rien dit, mais ces commentaires font mal. Je comprends leur perspective. Je suis fatigué de la COVID-19 moi aussi. Mais la pensée magique ne nous sauvera pas.

Huit à dix décès par jour

La tendance à long terme montre que les choses vont dans la bonne direction , comme aide Timothy Caulfield tient à le souligner

Au pire de la pandémie, il n’était pas rare de voir plus d’une vingtaine de décès en une journée. La moyenne quotidienne tourne autour de 9 désormais.

C’est moins, mais ce n’est pas peu, dit Craig Jenne, spécialiste en microbiologie et maladies infectieuses à l’Université de Calgary.

Ce sont des chiffres difficiles à digérer, affirme-t-il.

Pour les remettre en perspective, il rappelle qu’une saison de grippe particulièrement féroce tue environ 120 personnes.

La COVID-19 a fait 131 victimes au cours des deux dernières semaines.

« Nous commençons à normaliser ces chiffres. [...] Je crois que nous avons besoin de réfléchir et de nous demander : "Est-ce que c’est vraiment acceptable?" »

— Une citation de  Timothy Caulfield, Chaire de recherche du Canada en droit et politique de la santé à l'Université de l'Alberta

Une complaisance qui pourrait être dangereuse

Les premières vagues de la pandémie ont été suivies par des chutes abruptes des taux de transmission, d’hospitalisations et de décès.

Craig Jenne observe cependant que ces indicateurs semblent faire différence à un plancher plus haut qu’avant après le sous-variant BA.2

Il semble que la province en soit arrivée à l’accepter et c’est particulièrement inquiétant parce que certaines de ces morts sont probablement évitables, dit-il, rappelant que la vaccination, dont les troisième et quatrième doses, et le port du masque, sont des mesures toujours efficaces.

Timothy Caulfield explique qu’il y a une lassitude générale de la population, après tant de tragédies et de restrictions.

Mais [...] les politiciens reconnaissent ce sentiment et le nourrissent peut-être. La combinaison de ces deux facteurs peut créer une complaisance qui n’est pas totalement justifiée, dit-il.

Il s’inquiète d’une émergence d'un discours politisé et révisionniste qui minimise la gravité des pires vagues de la pandémie.

Alors que les restrictions disparaissent et que le public est appelé à se fier au bon sens pour décider des risques acceptables face au virus, cela pourrait avoir de graves conséquences, juge l’expert.

Qu’est-ce que les gens sont censés faire? On leur dit que [la pandémie] n’était pas si grave et, en même temps, on leur demande de faire cette évaluation de risques personnelle.

C’est une façon de dire aux gens de ne pas prendre cela au sérieux à l’avenir et, je pense, une façon de compliquer l’implantation de mesures sanitaires futures si elles sont nécessaires.

Avec des informations de Jennifer Lee

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