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Inondations au Manitoba : trois chefs autochtones réclament des solutions permanentes

En habit traditionnel se sont réunis (à gauche) le grand chef de l'Organisation des chefs de Sud, Jerry Daniels, (au milieu) le chef de la Première Nation de Peguis, Glenn Hudson, et (à droite) le chef de la Première Nation de Kinonjeoshtegon Rod Travers.

En habit traditionnel se sont réunis (à gauche) le grand chef de l'Organisation des chefs du Sud, Jerry Daniels, (au milieu) le chef de la Première Nation de Peguis, Glenn Hudson, et (à droite) le chef de la Première Nation de Kinonjeoshtegon, Rod Travers.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Après s'être dissocié des manifestants qui envisagent de mener une action collective contre les gouvernements fédéral, provincial et municipal en raison de leur gestion des inondations, le chef de la Première Nation de Peguis, Glenn Hudson, s'est rallié à la cause des contestataires.

Selon Glenn Hudson, les inondations n’ont fait que mettre en lumière le racisme systémique qui existe dans les politiques publiques, alors que près de 1800 résidents ont dû être évacués de la communauté.

« Il est temps que les membres de la Première Nation de Peguis en finissent avec les inondations. »

— Une citation de  Glenn Hudson, chef de la Première Nation de Peguis

M. Hudson explique qu’à l’origine sa communauté était située sur les terres de St-Peter. Les résidents ont ensuite été forcés de s’installer à 160 km au nord de la capitale manitobaine.

Nous n’avons pas demandé à nous installer ici, nous avons été forcés par le gouvernement à nous retrouver dans cette situation, met de l’avant le chef de Peguis.

Selon Glenn Hudson, la route provinciale 224, qui traverse la communauté de Peguis et dessert de nombreuses autres Premières Nations, est dans un très mauvais état, et a rendu l’évacuation très difficile.

C’est un constat que partage le chef de la Première Nation de Kinonjeoshtegon, Rod Travers.

« Pendant des années, nous avons demandé de l’aide et pourtant c’est toujours la même chose… rien n’a été fait pour améliorer nos routes. »

— Une citation de  Rod Travers, chef de la Première Nation de Kinonjeoshtegon

Deux poids, deux mesures

Le grand chef de l'Organisation des chefs du Sud, Jerry Daniels, rappelle que le Canada vit dans une ère de vérité et de réconciliation.

Nous voyons les gouvernements municipaux ou provinciaux offrir des infrastructures contre les inondations et se préparer correctement pour ces inondations, avance-t-il. Cette protection n’est pas étendue aux Premières Nations, c’est ce qu'on appelle du racisme et de la discrimination.

Pour M. Daniels, il s’agit d’une preuve supplémentaire que les gouvernements n’ont pas changé.

«  Nous ne voulons pas de solutions pansements, nous voulons des solutions permanentes. »

— Une citation de  Jerry Daniels, le grand chef de l'Organisation des chefs du Sud

Le député de Saint-Boniface, Daniel Vandal, a été interrogé sur les plans d’Ottawa pour protéger l’avenir de Peguis. Il se range du côté de l’avis exprimé par les chefs autochtones.

Je pense que nous devons penser à des solutions à long terme. Je vais travailler en collaboration avec le chef de la Première Nation pour prévenir les inondations, affirme-t-il.

M. Vandal se dit conscient que cette communauté a trop souvent été le théâtre d’inondations dans le passé. En effet, depuis 1974, Peguis a subi onze inondations.

Dommages colossaux

Le chef de Peguis estime à 200 millions de dollars les dégâts sur les infrastructures et les résidences de sa communauté. Il s'agit encore d’une estimation. L’eau doit se retirer des terres avant de pouvoir mesurer l'ampleur précise des dégâts.

Le gouvernement fédéral a dépensé au moins 24 millions de dollars depuis 2006 pour aider la Première Nation de Peguis à combattre et à se remettre des inondations, et à se préparer aux futures inondations de la rivière Fisher.

Glenn Hudson a demandé un canal de dérivation, qui, selon lui, coûterait 90 millions de dollars à construire et éliminerait la plupart des dommages causés par les inondations à Peguis.

La disposition physique de Peguis rend les mesures telles que les digues circulaires irréalisables.

Une étude menée par le consultant en ingénierie AECOM Canada en 2006 et mise à jour en 2015 a porté sur la retenue d'eau en amont, le rehaussement du niveau des habitations, la construction de digues et le creusement d'un canal de dérivation pour la rivière.

Aucune de ces options n'a été jugée appropriée pour résoudre tous les problèmes de Peguis.

Avec les informations de Cameron MacLean

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