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Hôtel Albert : des rénovations effectuées, mais encore du travail à faire

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Des systèmes d'alarme ont été installés, les sorties de secours ont été dégagées et les portes coupe-feu réinstallées.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Lacas

Radio-Canada

Des rénovations ont bel et bien été amorcées à l'hôtel Albert. Le directeur du Service de protection contre les incendies à Sherbrooke affirme que ce qui nécessitait une correction urgente a été effectué.

Un grand ménage a été effectué sur les lieux, notamment pour libérer les sorties de secours. Les panneaux lumineux ont été branchés et de nombreux murs ont été réparés. Des salles de bain ont toutefois été condamnées, car elles étaient insalubres.

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Les murs de l'hôtel Albert avant les travaux.

Photo : Utilisation autorisée

Il y avait cinq éléments, souligne Stéphane Simoneau. Les choses qui étaient urgentes, on parle de sécurité de base lorsqu'on occupe un bâtiment locatif. Un système d'alarme, un système de détecteur de fumée. On demande aussi une protection thermique sur les murs, le gypse, pour éviter qu'un incendie puisse progresser dans le bâtiment de façon rapide. Il y avait des portes coupe-feu qui étaient manquantes, des portes carrément de logement qui étaient absentes.

Le directeur du SPCIS est toutefois loin de crier victoire. Il souligne que l'hôtel Albert est un lieu reconnu pour ses conditions de logement insalubres et qu'il a frôlé la fermeture à de multiples reprises. De nombreuses inspections ont été réalisées au fil des années, et il remarque que l'hôtel ne cesse de se dégrader.

Notre objectif, ce n'est pas de fermer, affirme-t-il. C'est le retour à la conformité pour le bénéfice des usagers.

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Un grand ménage a été fait à l'hôtel Albert.

Photo : Utilisation autorisée

L'appel à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) était d'ailleurs une pression ultime pour tenter de faire bouger les choses. On a fait plusieurs démarches pour faire faire des améliorations minimales, qui n'avaient pas été faites, rappelle-t-il.

« Il est encore minuit moins une. Il y a encore un avis d'éviction qui pend au bout du nez. Ça ne prendra pas des semaines, ça prendra quelques jours. Si nous, l'autorité, on est satisfait d'une progression, ça peut influencer une décision. Mais au final, ce sont les inspecteurs de la RBQ qui auront à statuer. »

— Une citation de  Stéphane Simoneau, directeur du SPCIS
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Les rénovations ne visaient pas à améliorer le confort, mais bien à rendre l'endroit plus sécuritaire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Lacas

Sensibiliser les résidents

Le directeur du SPCIS a par ailleurs mis sur pied un groupe d'intervention pour faire de la sensibilisation auprès des usagers. À la suite de ses visites, il dit avoir ressenti beaucoup de craintes et de l'incompréhension face à la situation.

On travaille beaucoup avec les travailleurs de rue, avec le CIUSSS, avec nos services, pour avoir une approche humaine avec les locataires, explique-t-il. Ma préoccupation, c'était qu'on en jase beaucoup avec les médias, mais est-ce qu'on prend le temps de s'assurer que la clientèle qui est visée a été informée et comprend les risques d'incendie?

Pas de l'avis de Françoise Sicotte, qui réside à l'hôtel Albert depuis quatre mois. Elle admet que la dégradation des lieux n'est pas uniquement causée par la négligence du propriétaire.

Il y a du monde qui a de la difficulté à comprendre des choses, comme mettre les poubelles dehors. Il y a beaucoup de choses comme cela, mais ça se travaille à la longue, estime-t-elle.

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Françoise Sicotte, résidente de l'hôtel Albert, a montré les lieux.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Lacas

Françoise Sicotte rappelle que plusieurs résidents ont des problèmes de santé mentale, et que cela peut également nuire aux efforts pour garder les lieux sécuritaires.

Notre ami, chaque semaine, il arrache sa porte. C'est comme ça, on l'accepte comme ça. La maladie mentale... Ce mur, il a été réparé cette semaine. Un trou a été fait hier. Le mur de l'entrée, il a dû être fait plusieurs fois, explique-t-elle.

« C'est toujours à faire et à refaire. »

— Une citation de  Françoise Sicotte, résidente de l'hôtel Albert

Elle croit pour sa part que le propriétaire n'arrivera pas seul à régler les problèmes. Ça ne pourra jamais être parfait ici. On accepte tout le monde. Cette personne, elle ne veut pas mettre ses poubelles à la rue, elle dit que ses poubelles, ce sont ses amies. Il y a des choses comme ça... Et c'est dur de mettre du monde à la rue.

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Le bar situé sous les logements n'est pas touché, pour sa part, par l'avis d'éviction.

Photo : Radio-Canada

Elle espère plus que tout que les lieux ne fermeront pas. Pour elle, et pour plusieurs, il s'agit du seul endroit où ils peuvent s'entraider et vivre un semblant de vie familiale. J'ai un bon souvenir de mon Noël ici, souligne-t-elle, ajoutant qu'elle n'a pas de famille dans la région. Plusieurs locataires hébergent d'ailleurs deux, trois personnes pour leur donner un coup de main.

« Ici, c'est le seul lieu qui les prend. Il n'y a pas personne d'autre qui va nous prendre chez eux. Moi, je suis une fille débrouillarde. Je vais me débrouiller [...] Mais je me suis attachée à la place. On est comme une famille. »

— Une citation de  Françoise Sicotte, résidente de l'hôtel Albert

Des gens croient que la seule piste de solution est l'éviction. J'ai fait de l'éducation avec quelques-uns qui étaient là, affirme pour sa part Stéphane Simoneau. Il espère que les résidents vont comprendre qu'ils ont des droits, mais aussi des responsabilités pour éviter l'éviction.

Essayer de créer un engagement de part et d'autre. S'il n'y a pas de changements, on s'en va tous à la perte du bâtiment et il va manquer des loyers. Si tout le monde est de bonne foi, nous, les autorités, les propriétaires et les usagers, on est tout à fait capables de corriger la situation, soutient-il.

« On va assurer une présence physique. On va appuyer les locataires, le propriétaire. On va être présents et je pense que cela va avoir un effet positif sur l'état du bâtiment. »

— Une citation de  Stéphane Simoneau, directeur du SPCIS

La propriétaire du bar-salon Albert, situé sous les logements, n'est pour sa part pas touchée par l'avis d'éviction. Elle espère que les choses se calmeront bientôt pour retrouver sa quiétude.

Avec les informations de Marie Eve Lacas

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