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L’auteur des attaques du Vieux-Québec reconnu coupable de meurtres au premier degré

Un croquis de Carl Girouard qui témoigne à son procès.

Carl Girouard témoigne à son procès. (Archives)

Photo : ILLUSTRATION HBÉ

Carl Girouard, l'auteur des violentes attaques dans le Vieux-Québec en octobre 2020, a été déclaré coupable de meurtres au premier degré, vendredi.

Le jury, qui avait commencé ses délibérations lundi, vient de rendre son verdict au palais de justice de Québec.

Carl Girouard est coupable des meurtres de François Duchesne, 56 ans, et de Suzanne Clermont, 61 ans. Il est également coupable de cinq tentatives de meurtre, après s'en être pris à des passants, le soir du 31 octobre 2020.

Vendredi, peu avant 14 h, l’accusé est arrivé dans la salle d’audience la tête haute. Avant de s’adresser à son avocat, il a balayé la salle du regard.

Une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle pour ce verdict très attendu. Lisa Mahmoud était la seule victime sur place. Elle avait témoigné lors du procès.

C'est tout ce qu'il mérite, a réagi celle qui a survécu après avoir reçu plus d'une douzaine de coups de sabre.

À la sortie de la salle d'audience, la jeune femme a enlacé la belle-soeur de Suzanne Clermont, qui elle est morte lors de la violente attaque.

Lisa Mahmoud, vêtue de noir, répond aux questions des journalistes au Palais justice.

Lisa Mahmoud, une des victimes des attaques du Vieux-Québec, réagit au verdict de culpabilité de Carl Girouard.

Photo : Radio-Canada

À l'énoncé du verdict, Carl Girouard a relevé la tête et jeté un coup d'œil furtif vers les 11 jurés.

Le jeune homme de 26 ans est automatiquement condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Avant de faire les observations sur la peine, le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé d’attendre la décision la semaine prochaine dans la cause du tueur de la grande mosquée, Alexandre Bissonnette.

Pour ce qui est des représentations sur la peine, elles ont été reportées au 10 juin. [...] Il y a également des victimes qui voulaient se faire entendre au niveau de la peine, a précisé Me François Godin aux médias, après s'être dit très heureux du verdict pour les membres des familles des victimes, avec l'espoir que ces derniers puissent mettre un peu de baume sur leurs plaies.

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Le procureur du DPCP Me François Godin, entouré de l'enquêteur du SPVQ Joce Bélanger (gauche) et Me Pierre-Alexandre Bernard, également du DPCP (droite)

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

La cause portée en appel

L’avocat de Carl Girouard, Me Pierre Gagnon, a annoncé qu’il allait porter la cause en appel.

Grande déception. Le verdict n’est évidemment pas aligné avec les arguments qu’on avait soumis au jury. Par ailleurs, les derniers jours nous ont permis de faire une rétrospective de la preuve qui avait été présentée et je peux d'ores et déjà vous mentionner que j’ai le mandat d’aller en appel, a indiqué l'avocat.

Selon nous, il y a des motifs sérieux de porter le verdict en appel, a insisté Me Pierre Gagnon devant les journalistes.

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Me Pierre Gagnon, avocat de la défense

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Il a retenu que le juge s'est montré sévère envers le représentant du DPCP, juste avant de faire entrer le jury pour le prononcé du verdict.

Le juge Richard Grenier est revenu sur l'interrogatoire policier durant lequel l'accusé a exercé son droit au silence. Le magistrat avait assimilé l'interrogatoire qui dure plus de cinq heures à du harcèlement.

Citant une décision, il a indiqué que la Cour d'appel avait déjà ordonné un nouveau procès pour une situation similaire.

Me Godin, votre rôle en est un d’officier de justice et non de protéger la police, a lancé sèchement le juge Grenier, avant de faire entrer le jury.

Pour sa part, Jacques Fortin, le conjoint de Suzanne Clermont tuée dans l'attaque, ne pense pas que l'appel changera l'issue du processus.

Je ne suis animé par aucun sentiment de vengeance [...] je veux que justice soit rendue et la justice a été rendue aujourd’hui, et c’est à mon grand soulagement, a-t-il affirmé en entrevue à l'émission C'est encore mieux l'après-midi.

Jacques Fortin, qui a préféré ne pas assister au procès, dit vivre une vie en dents de scie depuis le 31 octobre 2020.

Je passe de la joie à de grands moments de tristesse, a soufflé celui qui espère pouvoir entamer son vrai deuil à la suite du verdict.

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Jacques Fortin, le conjoint de Suzanne Clermont, a réagi, vendredi, à l'annonce du verdict de culpabilité.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Pour sa part, la belle-sœur de Suzanne Clermont, Marie-Claude Veilleux, s'est dite très satisfaite du verdict.

C’est conforme à la preuve que j’ai entendue, pour y avoir assisté tous les jours, [je suis] très soulagée que le jury ait rendu le seul verdict possible, le bon verdict, a-t-elle souligné.

La société va être protégée de cet individu très dangereux. Malheureusement, il est trop tard pour Suzanne Clermont et François Duchesne, a-t-elle déploré.

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Marie-Claude Veilleux, la belle-sœur de la victime Suzanne Clermont, se dit soulagée après l'annonce du verdict.

Photo : Radio-Canada

La maladie mentale au cœur des débats

Carl Girouard avait admis être l'auteur des attaques, tout en présentant une défense de non-responsabilité criminelle, en raison de troubles mentaux.

Le jury n'a donc pas adhéré aux arguments de son avocat, qui avait présenté le témoignage du psychiatre Gilles Chamberland. Ce dernier avait diagnostiqué chez l'accusé une schizophrénie qui l'aurait entraîné dans un délire, l'empêchant de faire la différence entre le bien et le mal.

La poursuite avait répliqué avec les témoignages de deux experts, dont celui du psychiatre Sylvain Faucher. Ce témoignage semble avoir convaincu le jury que l'accusé était pleinement conscient de ses actes lorsqu'il a commis ses crimes.

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Les policiers de la Ville de Québec ont procédé à l'arrestation de Carl Girouard dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, tout près de l'Espace 400e. (Archives)

Photo : Reuters / Steve Jolicoeur

Lors du procès, Carl Girouard a affirmé s'être débattu avec ses deux personnalités avant de passer à l'acte.

Il avait raconté s'être senti investi d'une mission pour changer le monde pour le mieux. Selon son récit, il devait créer un chaos pour faire un nouveau monde.

Le résident de Sainte-Thérèse avait commencé à élaborer ce plan six ans plus tôt.

Le jury était composé de sept femmes et quatre hommes, un membre ayant été exclu au début des procédures après avoir contracté la COVID-19.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier et de Pascal Poinlane

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