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L’électricité canadienne pourrait être sans émissions dès 2035

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Selon des chercheurs de l'université de Victoria, basculer intégralement vers une électricité d'origine renouvelable représenterait plus de 27 % des réductions totales nécessaires pour atteindre les objectifs de carbo neutralité du Canada.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Le Canada a les moyens de produire l'intégralité de son électricité sans générer de gaz à effet de serre dès 2035,selon un rapport produit par des chercheurs de l'Université de Victoria et publié jeudi par la fondation David Suzuki. Une révolution nécessaire pour lutter contre les changements climatiques, mais qui présente aussi des avantages socio-économiques, selon les auteurs.

S'affranchir de l'électricité produite à partir de combustibles fossiles au niveau national est possible, selon Tom Green, co-auteur du rapport Changer de courant : L'électricité sans émissions dans tout le Canada d'ici 2035 (Nouvelle fenêtre) (en anglais) et conseiller principal en matière de changement climatique à la fondation David Suzuki.

Dans notre scénario, zéro émission, ça signifie qu'il n'y a pas du tout d'émissions de gaz à effet de serre. On n'utilise pas le charbon, pas de gaz naturel ou du gaz de schiste. Donc 'il n'y a pas de dioxyde de carbone qui va à l'atmosphère, explique Tom Green.

Pour y parvenir, le Canada peut s'appuyer sur son réseau hydroélectrique, qui représente déjà 57 % de la production d'électricité totale, mais doit intensifier le développement des filières éolienne et solaire.

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En janvier 2021, le coût de construction du barrage hydroélectrique du Site C était estimé à jusqu'à 15 milliards de dollars.

Photo : Courtoisie Site C Clean Energy Project

D'après les conclusions du rapport, cela passe par le déploiement de nouvelles structures et par l'acquisition de technologies permettant d'accroître les capacités de stockage de ces deux sources d'énergie renouvelable.

Selon l'Association canadienne des énergies renouvelables, la plus grande capacité d'énergie éolienne et solaire construite au Canada sur une période de cinq ans était de 9200 Megas Watt, entre 2011 et 2015.

Dans la prévision plus ambitieuse présentée dans le rapport, il faudrait construire en moyenne tous les cinq ans plus de 50 000 Megas Watt de nouvelles installations éoliennes et solaires, soit quintupler le précédent record.

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Des éoliennes dans le parc Blackspring Ridge, dans le sud de l'Alberta. Enbridge détient 50% du parc.

Photo : Radio-Canada / Laurence Martin

Les bonnes nouvelles c’est que l'on peut déjà acheter ces technologies. Il y a des vendeurs qui sont prêts à nous vendre ces sources de production. Mais également que le prix de ces technologies a tellement baissé dans les dernières décennies que c’est désormais l'énergie la plus abordable dans l'histoire, comme l’a dit l'Agence internationale de l'énergie, souligne Tom Green.

En raison du caractère aléatoire de la production d'électricité à partir d'éolienne, de panneaux solaires ou de barrages hydroélectriques, qui demeure dépendante des conditions météorologiques, le rapport suggère d'établir une politique de coopération et d'échange interprovincial d'électricité propre.

La Colombie-Britannique, dont l'électricité est à plus de 90 % d'origine hydroélectrique, pourrait fournir l'Alberta et la Saskatchewan, qui ont beaucoup de moins de possibilités dans ce domaine, mais qui ont plus de potentiel pour produire de l'énergie éolienne et solaire, soutient Tom Green.

Selon le rapport, basculer vers une électricité intégralement d'origine renouvelable représenterait plus de 27 % des réductions totales de GES nécessaires pour atteindre les objectifs de carbo neutralité du Canada. Soit une économie totale de 3,2 milliards de tonnes équivalent CO2 entre 2025 et 2050.

Des gains sociaux et économiques

Les experts affirment aussi qu’une électrification sans émission serait profitable à l'économie. On prévoit que ça va générer 75 000 emplois par année en moyenne d’ici 2050, affirme Tom Green.

Par ailleurs, une note d’un rapport complémentaire insiste sur le fait que la décarbonisation de l'électricité passe par la décolonisation du pouvoir et par la garantie que les bénéfices profitent aux communautés autochtones.

Les scénarios dont on parle, avec tellement d'énergie éolienne et d'énergie solaire, vont seulement marcher si [les Premières Nations] ont la permission de mettre ces projets dans leurs territoires et si elles participent d'une manière économique aussi, dit Tom Green.

Les projections tablent également sur la fin des investissements dans le nucléaire et sur l'électrification verte des bâtiments résidentiels et commerciaux.

Les consommateurs et les entreprises profitent également des gains d'efficacité réalisés lorsque l'électricité propre remplace les combustibles fossiles, par exemple lorsqu'une chaudière au gaz naturel est remplacée par une thermopompe électrique à haut rendement, explique Tom Green.

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En 2018, quatre autobus électriques ont été mis à l'essai par TransLink dans le Grand Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

L'électrification du secteur des transports, second émetteur de gaz à effet de serre, comporte cependant des défis.

Le remplacement du parc automobile par des véhicules zéro émission, soutenu par des politiques incitatives, soulève la question du coût environnemental de l'extraction et du recyclage des matériaux nécessaires à la confection des piles.

C’est quelque chose que nous avons regardé dans d'autres travaux à la fondation et on sait que, bien sûr, il y a de bonnes et de mauvaises méthodes pour obtenir le lithium et les autres matériaux dont on a besoin pour cette transformation, poursuit M. Green

On encourage les méthodes qui ont beaucoup moins d'impact sur l'environnement, poursuit-il. Mais l'autre chose qu'il faut comprendre, c'est qu'une fois qu'on a cette pile, ces matériaux seront utilisés dans l'économie pour des décennies à venir parce qu'on peut les recycler, les réutiliser, conclut Tom Green.

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