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Une femme allègue avoir été frappée par un policier lors d’une altercation

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Sarah Soyemi, 36 ans, allègue qu'un agent police de London, en Ontario, l'a frappée sur l'œil gauche lors d'une altercation dans un stationnement de centre d'achat.

Photo : Sarah Soyemi

Radio-Canada

Sarah Soyemi affirme qu'elle vendait du thé à l'extérieur du centre commercial White Oaks à London, en Ontario, quand une agente de police l'aurait agrippée avant que son collègue la frappe au visage. Elle affirme qu'un œil au beurre noir découle de l'altercation.

La femme de 36 ans est maintenant accusée d'avoir refusé de quitter les lieux lorsque les policiers lui ont demandé, d'avoir résisté à son arrestation et d'avoir agressé un agent de la paix.

C'est juste beaucoup. C'est incroyable , déplore Sarah Soyemi, une mère monoparentale de jumeaux.

Elle a présenté sa version des faits dans une vidéo partagée  sur le réseau social TikTok. La vidéo a été vue plus de 80 000 fois, en plus d’être largement partagée.

Le Service de police de London (LPS) a déclaré jeudi mener une enquête interne pour comprendre les circonstances de l’événement. 

Nous ne sommes pas d'accord avec certains détails sur la façon dont cet incident a été décrit, mais le LPS prend ces allégations très au sérieux. Le chef de la police a ordonné qu'une enquête soit lancée sur cet incident , a écrit l’agente Sandasha Bough dans un courriel envoyé à CBC.

Un jour après l'altercation, soit le 11 mai, la police de London a publié un communiqué de presse qui indique qu'un agent se serait approché de la femme et que celle-ci aurait refusé de quitter les lieux. Lorsque le policier a informé la femme qu'elle était en état d'arrestation pour intrusion, elle a résisté à l'arrestation et est devenue agressive avec la police , indique le communiqué.

Le communiqué précise aussi que d'autres agents auraient été dépêchés pour venir en aide à leurs collègues, mais la suspecte a continué d’agresser l'agent et de résister à l'arrestation .

La policière et la suspecte ont toutes deux subi des blessures mineures , peut-on lire dans le communiqué de la police de London.

Ne me touchez pas , aurait dit la femme à la police

Selon Sarah Soyemi, elle se trouvait sur le stationnement du centre commercial White Oaks pour vendre du thé aux passants lorsqu'elle aurait été interpellée par un agent de sécurité.

Mme Soyemi affirme avoir dit au garde qu'elle prévoyait quitter les lieux au cours de la prochaine heure.

Je suis encore nouvelle à London. Je n'ai pas rencontré beaucoup de gens alors je vais au centre commercial où les gens se déplacent, explique Mme Soyemi, qui a déménagé de Toronto à London il y a six mois.

Elle a quitté le Nigeria en 2018 et affirme que ses ventes de thé et l'argent du programme Ontario au travail lui permettent de subvenir aux besoins de sa famille.

Lorsqu'un véhicule de police s'est arrêté à côté d'elle, Sarah Soyemi dit qu’elle n'a pas réalisé que c'était pour elle. 

La policière est sortie de la camionnette et s'est jetée sur moi. Elle ne m’a pas parlé et je n'ai pas pu voir qui elle était. Elle est juste sortie du véhicule et a essayé de m'agripper , affirme-t-elle.

Sarah Soyemi déclare qu'elle a reculé et crié à l'agente : Ne me touchez pas. Je n'ai rien fait. Pourquoi vous en prenez-vous à moi?

La deuxième fois que l'agente a essayé de l'attraper, Mme Soyemi aurait crié et, par réflexe, aurait tiré sur ses cheveux . Les deux femmes seraient alors tombées et deux civils auraient plaqué la présumée victime au sol, exigeant qu'elle lâche les cheveux de la policière. Je leur ai dit de lui dire de me lâcher , ajoute-t-elle.

 Nous sommes restés comme ça pendant environ deux minutes. Quand j'ai essayé de tourner la tête, un autre policier, un homme, est venu et m'a donné un coup de poing dans l'oeil, puis je me suis évanouie , affirme Mme Soyemi. 

Les policiers l’auraient ensuite menottée pour l'emmener au poste de police et l’accuser de plusieurs infractions.

Selon la police, Mme Soyemi aurait déjà été bannie du centre commercial White Oaks. CBC a demandé au centre commercial de confirmer cette information, mais la direction a refusé de commenter l’affaire pour des raisons de confidentialité.

Mme Soyemi confirme qu'elle avait déjà été dans le stationnement du centre commercial à une reprise, mais elle ne croyait pas avoir été bannie.

Au poste de police, Sarah Soyemi aurait demandé de l'aide pour soigner son oeil. J'ai senti mon oeil gonfler et j'ai commencé à crier : "J'ai besoin de soins médicaux". Je ne pouvais rien voir de cet oeil , raconte-t-elle. 

On lui aurait dit qu'elle pourrait obtenir de l'aide après sa libération, selon Mme Soyemi, mais elle n'aurait finalement reçu aucun soutien. Ils m'ont jetée hors du poste de police. Je ne savais pas où j'étais parce que je n'y étais jamais allée auparavant , lance-t-elle.

Par la suite, elle est allée chercher ses fils à l'école avant de prendre un taxi pour se rendre aux urgences de l'University Hospital de London, où le personnel soignant lui a fait passer un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM).

Ils ont dit que mon visage était fracturé [...] Je ne méritais pas ça , conclut-elle.

Une militante de Black Lives Matter commente

Tous les jours, nous recevons des histoires d'organisations qui abusent de leur force, qui sont racistes envers les personnes noires. C'est une chose quotidienne , explique Alexandra Kane de l'organisme Black Lives Matter de London.

« J'en ai marre de tout ça. J'ai mal à l'estomac. J'ai mal aux tripes. J'ai mal au coeur.  »

— Une citation de  Alexandra Kane, membre de l’organisme Black Lives Matter de London

Cela passe de 0 à 100 juste parce que vous êtes noir. Pourquoi la policière a-t-elle posé ses mains sur Soyemi? Pourquoi l'a-t-elle touchée en premier lieu? , se questionne Mme Kane. 

Le LPS a déclaré qu'il contacterait Mme Soyemi pour lui expliquer comment déposer une plainte auprès du Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police.

Sarah Soyemi doit comparaître devant le tribunal le 2 août prochain.

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