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La boutique Chez Pierre a pignon sur rue depuis 100 ans à Amos

Yves Gervais devant son commerce Chez Pierre.

Le propriétaire Yves Gervais, devant le commerce centenaire de la 1re Avenue Ouest, à Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

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La boutique Chez Pierre célèbre cette année ses 100 ans à Amos. Il s’agit fort possiblement du plus ancien commerce toujours actif en Abitibi.

Le magasin de vêtements a ouvert ses portes en avril 1922, sur le lot voisin de celui qu’il occupe toujours sur la 1re Avenue Ouest. Et 100 ans plus tard, Yves Gervais exploite toujours fièrement le commerce fondé par sa mère.

Ma mère, Cécile Lacroix, a tenu le magasin pendant 12 ans, de 1922 à 1934, alors qu'elle était célibataire. Elle s’est mariée en 1934. Ça s’appelait ''Cécile Lacroix, modiste de chapeaux''. C’était une boutique de chapeaux pour dames. Elle a ajouté plus tard les vêtements pour dames, ainsi que pour fillettes. Elle s’est mariée et, à cette époque-là, les femmes ne gardaient pas leur nom, elles prenaient toutes celui de leur mari. C’est comme ça que c’est devenu Chez Pierre, relate Yves Gervais.

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Yves Gervais, avec la caisse antique de marque Nationale qu'il utilise toujours à la boutique Chez Pierre.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Pierre Gervais a appris son métier de tailleur à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, en Mauricie, d’où il était originaire. Il a perfectionné son art à la Mercerie Drouin & Germain à Amos, puis dans la boutique qu’il a exploitée avec Cécile Lacroix jusqu’à son décès, en 1970.

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Pierre Gervais et Cécile Lacroix

Photo : Gracieuseté : Yves Gervais

Quand il s’est marié avec ma mère, il a ajouté les vêtements pour hommes. On était distributeurs pour l'entreprise d’habits Fashion Craft, qui était à Victoriaville. En 1939, il y a eu le grand feu du coin de la rue ici jusqu’à l'endroit où il y a aujourd’hui le Beau Coq. L’hiver suivant, ma mère a commencé à construire la nouvelle bâtisse. Mon grand-père, qui demeurait au lac Gauvin, était menuisier, et un de mes oncles qui demeurait dans la côte du pont l'était aussi. Ils ont tout de suite recommencé à construire, raconte Yves Gervais.

En 1947, le commerce a déménagé sur le lot contigu, qu’il occupe toujours.

Yves Gervais s'est joint à l’entreprise familiale au milieu des années 1950. Il travaillait auparavant pour Supreme Aluminium, à Toronto. Il y avait beaucoup d’employés qui partaient à ce moment-là, des filles qui se mariaient, et mon père m’avait demandé de revenir, se souvient-il.

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La pharmacie Bigué, la quincaillerie L.P. Cloutier, la boutique Chez Pierre et le magasin à rayons Paul A. Périgny en juillet 1951

Photo : Société d'histoire d'Amos - Fonds Studio Morasse / H. Dudemaine (P014)

Il n’a toutefois jamais appris le métier de tailleur. Mon père n’a jamais voulu me montrer le métier, jamais. Il disait : "Tu vas devenir comme moi, tu vas devenir esclave des clients", parce qu'il ne fournissait pas. Mais je peux me débrouiller. Je sors mon moulin à coudre à la maison et je fais la couture que j’ai à faire. Si c’est un bas de pantalon, je fais ça à la mitaine, indique Yves Gervais.

Des souvenirs

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Le sous-sol de la boutique Chez Pierre, où se trouvait notamment le salon de la mariée, regorge de trésors du passé que M. Gervais a bien voulu nous montrer.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Plusieurs générations d’Amossois et d’Abitibiens ont franchi les portes de la boutique Chez Pierre au fil des années, dont plusieurs futurs mariés. Au sous-sol, l’ancien salon de la mariée témoigne d’une époque où Cécile Lacroix confectionnait des robes, et Pierre Gervais, des habits, pour les mariages.

D’ailleurs, la boutique regorge de nombreux souvenirs. Depuis les uniformes de l’Institut de l’Assomption portés par les élèves de l’école Sainte-Thérèse jusqu'à la vieille caisse enregistreuse de marque National et au téléphone à cadran qu’Yves Gervais utilise toujours, le passé continue d’occuper une place dans le commerce local. On peut aussi y trouver plusieurs pièces de vêtements de qualité, toujours dans leurs boîtes d’origine. C’est sans compter la mémoire du propriétaire, qui regorge d’anecdotes historiques.

Toujours en poste

Au décès de sa mère en 1989, Yves Gervais a pris la relève au sein de la boutique. Et même si les affaires ne sont plus ce qu’elles étaient, le commerçant de 86 ans ne se voit pas faire autre chose.

Ça passe le temps, premièrement. Je vois du monde, je peux placoter, je peux me rappeler des souvenirs. C’est la vie. J’ai été élevé là-dedans. Et ça tient peut-être ma santé et mon moral au beau J’ouvre moins, c’est tout. J’ouvre du mercredi au samedi, précise-t-il.

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La Ville d'Amos et la Chambre de commerce ont souligné l'anniversaire de Chez Pierre en avril.

Photo : Gracieuseté : Lucie Veillette

Cet anniversaire hors du commun ne passe pas inaperçu. Un groupe Facebook recueille tous les souhaits et les témoignages des citoyens. Ça fait plaisir. Monique Dubé en fait pas mal, avec sa page Facebook [groupe Hommages Chez Pierre]. Elle en fait beaucoup. Merci Monique, merci, souligne Yves Gervais avec beaucoup de reconnaissance.

Cette longévité repose sur ses épaules, lui qui repousse toujours la retraite. C’est pour ça qu’on est rendu à 100 ans. Si j’avais arrêté, ça n’aurait pas été jusque-là, reconnaît d’emblée celui qui n’envisage pas de passer le flambeau.

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