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Garderies : le manque de places reste un problème en Ontario

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Des garderies restent fermées faute de personnel.

Photo : Getty Images / FatCamera

Pour certains Ontariens, trouver une garderie pour leurs enfants est un défi de taille.

C’est à cette situation que sont confrontés Chsylain Nsufeu et son épouse depuis qu’ils se sont installés à Angus, dans la région de Barrie, à 1 h 30 environ au nord de Toronto.

C’est un problème qui empêche beaucoup de jeunes de s'épanouir sur le plan professionnel. Ça empêche beaucoup de femmes de poursuivre leur carrière. Je prends l’exemple de mon épouse, elle est enseignante. Nous avons trois enfants, explique Chyslain Nsufeu.

« Elle est toujours obligée d’abandonner son travail, le métier qu’elle aime, pour prendre soin des enfants; et ces enfants, c’est l'avenir de notre pays. »

— Une citation de  Chyslain Nsufeu, résident d’Angus

Depuis leur installation à Angus il y a plusieurs mois, l’épouse de M. Nsufeu doit s’occuper des enfants, faute de places en garderie. Pourtant, la famille a quitté Vaughan, dans la région Toronto, en espérant trouver des conditions de vie plus épanouissantes.

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Chyslain Nsufeu déplore le manque de places en garderie dans sa communauté.

Photo : Gracieuseté de Chsylain Nsufeu

Pour Chyslain Nsufeu, l’installation de plus de personnes dans de petites communautés comme Angus aide à les développer, mais il affirme que ces personnes subissent le contrecoup de leur décision, même si la vie dans la région de Toronto n’était déjà pas facile.

Quand j’étais à Toronto, je payais 1500 $ [par mois pour un enfant] pour la garderie. Maintenant, je voudrais même payer les 1500 $ que ce ne serait pas possible, puisque je n’en trouve pas dans ma communauté. Pas de garderies privées, pas de garderies subventionnées, déplore-t-il.

Un besoin criant

Pour pallier le manque de places en garderie, le gouvernement de l’Ontario a signé une entente avec Ottawa qui prévoit, notamment, la création de 86 000 places supplémentaires.

Le besoin de plus de places dans les garderies, Nicole Blanchette le constate chaque jour. Elle est la directrice du réseau de garderies La Ribambelle qui gère neuf établissements dans le Sud-Ouest de l’Ontario (7 à London et 2 à Sarnia).

Elle dit douter des ambitions de la province.

On a vraiment un point d’interrogation quand la province annonce qu’elle veut créer 86 000 places de garderie quand nous, à la Ribambelle, [...] depuis le début de la COVID, on a encore deux garderies qui sont fermées parce qu’on n’a pas d’éducatrices pour les ouvrir, explique-t-elle.

« On a des listes d’attente. Les parents en ce moment ne sont pas servis, et ça, ça a un impact direct sur l’économie parce que quand un parent n’a pas accès à la garderie, il ne peut pas nécessairement rentrer sur le marché du travail. »

— Une citation de  Nicole Blanchette, directrice de La Ribambelle

Selon Mme Blanchette, il ne peut être envisagé d’avoir plus de places en garderie que si le métier d’éducatrice de la petite enfance est suffisamment attrayant pour attirer plus de monde.

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Nicole Blanchette souhaite des conditions de travail plus attractives pour le personnel des garderies.

Photo : Gracieuseté de Nicole Blanchette

Elle déplore notamment les paramètres de l’accord entre Ottawa et l’Ontario qui prévoit un salaire plancher de 18 $ l’heure pour tous les travailleurs des services de garde d’enfants.

Ce qui est très très bas, ce qui est beaucoup plus bas que ce qui était demandé à la province. Ce qu’on demandait à la province, c’était un plancher de 23 $ pour que ce soit l’équivalent ou au moins se rapprocher des salaires qui sont offerts dans les conseils scolaires pour la même certification pour les éducatrices qualifiées, explique-t-elle.

« Il faut que ce soit un salaire avec lequel les personnes peuvent vivre. Et non seulement ça, c’est une profession dont la responsabilité est énorme. On prend soin d’êtres humains, on prend soin d’enfants. »

— Une citation de  Nicole Blanchette, directrice de La Ribambelle

Nicole Blanchette affirme que son réseau de garderies a essayé à sa manière de vendre le métier aux résidents de London et de Sarnia en effectuant des campagnes publicitaires, mais elle regrette d’avoir dû le faire, considérant que le problème est provincial et qu’il devrait être géré à ce niveau-là.

Offres politiques

Au NPD ontarien, on épouse l’idée selon laquelle c’est le gouvernement provincial qui a la solution au problème.

Joel Harden est candidat NPD dans Ottawa-Centre. Il fustige d’une part l’attitude du gouvernement progressiste-conservateur qui a, selon lui, pris beaucoup trop de temps pour conclure l’entente sur les garderies avec Ottawa et affirme d’autre part que l’une des particularités du NPD, c’est qu’il ne souhaite pas travailler avec des entités à but lucratif.

C’est important de chercher des partenaires communautaires pour chercher des espaces non lucratifs, des espaces coopératifs, parce qu’on a de l’argent maintenant avec le gouvernement fédéral, indique-t-il.

« Côté NPD, nous n’aimons pas les options privées, les options qui ont beaucoup de coûts. »

— Une citation de  Joel Harden, candidat dans Ottawa-Centre
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Pour Joel Harden, les mesures annoncées par son parti seront mises en place immédiatement.

Photo : Radio-Canada

M. Harden annonce une batterie de mesures parmi lesquelles le salaire horaire à 25 $ pour les éducatrices qualifiées et à 20 $ pour le reste du personnel des garderies (cuisiniers, personnel d’entretien, notamment), des partenariats avec des garderies en milieu familial et le possible recours à la syndicalisation.

Avec un gouvernement néo-démocrate, il sera plus simple de créer un syndicat dans les lieux de travail [...] s’il y a 55 % des collègues dans un espace de travail qui [veulent] créer un syndicat, c’est possible, explique-t-il

« Et avec un syndicat, c’est possible de chercher une retraite, des bénéfices, des congés maladie, des choses qui sont importantes en ce moment avec la pandémie. »

— Une citation de  Joel Harden, candidat dans Ottawa-centre

Il affirme que ces mesures seront mises en place aussitôt qu’un gouvernement NPD entrera en fonction.

Au Parti libéral et chez les verts, l'approche est similaire.

Avant même la signature de l'entente entre Ottawa et le gouvernement de l'Ontario, le Parti libéral de l'Ontario avait indiqué qu'il s'engageait à réduire le coût des garderies à 10 $ par jour et à créer 160 000 nouvelles places.

Quant au Parti vert de l'Ontario, il indique dans sa plateforme électorale vouloir travailler avec le gouvernement fédéral pour garantir le financement continu de l’accès universel aux services de garde d’enfants de haute qualité à 10 $ par jour dans toutes les collectivités afin que les femmes soient mieux à même de réintégrer le marché du travail.

Le parti a également l'ambition d'offrir aux éducateurs en garderie, dont plus de 95 % sont des femmes, un salaire équitable d’au moins 25 $ l’heure.

Affaire classée ?

Pour le Parti progressiste-conservateur, la messe est dite : Doug Ford et le parti ont obtenu une entente solide qui permet de régler à la fois la question du coût et celle des places en garderie.

Nous avons obtenu la meilleure entente pour les familles ontariennes - une entente qui comprend des milliards de dollars de financement supplémentaire, 86 000 places supplémentaires en garderie et une entente plus longue qui protège le choix des parents, explique dans un courriel Caitlin Clark, une des porte-parole du parti.

« Nous savons que les coûts des services de garde d'enfants sont montés en flèche sous la direction des libéraux de Del Duca-Wynne, laissant derrière eux un héritage d'inabordabilité, d'inaccessibilité et de pénurie.  »

— Une citation de  Extrait du courriel de Caitlin Clark

À la question de savoir comment la création de plus de places se fera concrètement, Mme Clark répond, toujours par voie de courriel, que 15 000 [places] sont déjà opérationnelles. Une approche progressive de la mise en œuvre est en cours et nous continuerons à nous engager avec nos partenaires municipaux.

En attendant, Chyslain Nsufeu se demande si cette élection aboutira à des solutions qui permettront rapidement à son épouse de reprendre le travail.

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