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L’autonomie financière passe aussi par les cheveux

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Asmaou Baldé est originaire de la Guinée.

Photo : Radio-Canada

L’organisme Connecture Canada crée à Mississauga une académie de soins capillaires et de coiffure pour cheveux crépus et bouclés afin d’aider des femmes afro-descendantes à tirer des revenus de leur talent.

Dénommée Braids On Call, cette académie offre des cours gratuits en français et en anglais et forme un réseau de femmes capables de confectionner divers types de tresses.

Rose Cathy Handy est la fondatrice de cette école. Elle explique qu’il est important de briser le cycle de la pauvreté en outillant professionnellement des femmes noires.

« On parle beaucoup de pauvreté et de chômage au sein des communautés noires, mais on a aussi certaines niches qui nous sont propres [...]. Pour changer la situation économique de notre communauté, une des niches, ce sont nos cheveux. »

— Une citation de  Rose Cathy Handy, fondatrice de Braids On Call

Les cheveux afro dans la formation professionnelle en coiffure

Asmaou Baldé est la formatrice de cette académie. Comme beaucoup de femmes noires, depuis l’enfance, Mme Baldé a appris à se coiffer en observant ses proches prendre soin de leurs cheveux ainsi que des siens. Devenue adulte, elle a décidé de suivre une formation collégiale en coiffure dans une école anglophone à Toronto.

Cependant, cet établissement ne lui offrait aucune connaissance pour servir la clientèle de femmes noires qui, par affinité communautaire, allait se tourner vers elle. Ça ne donnait pas de formation pour les cheveux crépus [...]. Même les produits n'étaient pas bons pour les cheveux crépus, dit-elle. Mes clients avaient à 90 % des cheveux crépus, ajoute-t-elle.

Pour Mme Baldé, cette expérience renforce sa vocation de former d’autres femmes noires au sein de Braids On Call, une option qui se veut complémentaire à ce qui est offert aux étudiants en coiffure.

Oui, il y a des instituts qui ont des programmes de coiffure, mais c'est toujours le même problème : la tresse [africaine] ne fait pas partie de ça, ajoute pour sa part Rose Cathy Handy, l’instigatrice de cette académie. Elle croit également que les femmes noires hésitent aussi à suivre des cours en coiffure au niveau collégial en raison des frais associés à cette formation.

De plus, le seul programme en coiffure qui existe au niveau collégial en français est offert à Sudbury, au Collège Boréal.

Savoir-faire générationnel et standard compétitif du marché

Les femmes inscrites à l’académie sont originaires des Caraïbes et d’Afrique. Elles possèdent une certaine connaissance en matière de soins pour cheveux au sein des communautés afro-descendantes.

Rose Cathy Handy, fondatrice de l’académie et présidente de Connecture Canada, explique qu’en dépit de leurs connaissances de base, les femmes qui suivent cette formation ont besoin d’améliorer leur savoir-faire transmis de génération en génération, souvent de mère en fille. On s’est rendu compte qu'elles maîtrisent parfois une seule technique alors qu’il y a plusieurs styles de tresses, dit-elle.

« Il y a un certain niveau qui correspond au genre de tresses que ta sœur ou ta maman peuvent accepter [...]. Le niveau de maîtrise des techniques doit équivaloir à celui du marché [pour] que la clientèle soit satisfaite. »

— Une citation de  Rose Cathy Handy, présidente de Connecture Canada

Désirée Sylvia Gnegbé, étudiante à l’académie, rêve d’avoir un salon de coiffure à domicile. Elle affirme que cette formation actualise son savoir-faire. C’est une occasion pour moi d'acquérir plus d’expertise, dit-elle. On peut le faire de façon non professionnelle, mais cette formation donne la possibilité d’aller encore plus loin.

« Depuis très jeune, j’ai commencé [à coiffer] mes cheveux, ma famille. C’est la première formation que je fais. »

— Une citation de  Désirée Sylvia Gnebé, Mississauga

L'académie en est à sa quatrième cohorte. Son lancement officiel est prévu le 28 mai. Jusqu’ici, environ une quarantaine de femmes ont reçu une attestation à la suite de leur formation, qui peut durer de deux à quatre mois.

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