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Vers un statu quo pour l’été sur la rivière Bonaventure

Des canoteurs descendent la rivière Bonaventure à bord d'une embarcation jaune.

Des canoteurs descendent la rivière Bonaventure (archives).

Photo : Radio-Canada

Le statu quo sur l'utilisation de la rivière Bonaventure par Cime Aventures restera en vigueur pour au moins un été, voire plus longtemps. Les audiences en Cour supérieure dans le litige opposant Cime Aventures et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) n’auront lieu qu’au printemps 2023.

L’entreprise récréotouristique conteste devant le tribunal l’entente de commerce signée avec Québec qui limitait, pour l’été 2021, le nombre d’embarcations qu’elle peut admettre sur la rivière Bonaventure.

Trois journées d’audiences ont été fixées au palais de justice de Montréal, les 4, 5 et 6 avril 2023.

L’ordonnance de sauvegarde rendue par la juge Danielle Turcotte le 22 juillet dernier, qui suspend l’entente 2021 jusqu’à ce que la question soit réglée sur le fond, sera donc toujours valide cet été.

Deux avocats marchent devant le palais de justice de Montréal.

Si une demande de transfert de district judiciaire a été déposée l'automne dernier, les audiences auront bel et bien lieu au palais de justice de Montréal (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le président du conseil d’administration de la ZEC de la rivière Bonaventure, André Hébert, n’est pas surpris des délais encourus.

« C’est sûr que je ne m’attendais pas à avoir des dates d’audience pour l’été qui vient. Je m’attendais plus à la fin de l’année, mais bon, on va faire avec. »

— Une citation de  André Hébert, président du conseil d'administration de la ZEC de la rivière Bonaventure

Selon André Hébert, l'ordonnance de sauvegarde pourrait également être en vigueur une partie de l’été 2023.

À son avis, il est en effet peu probable qu’un jugement soit rendu avant le début de la saison estivale. La tombée du jugement se fera plusieurs semaines après [les audiences] et il y a un délai d’appel. Ça risque de tomber en pleine saison, anticipe-t-il.

M. Hébert rappelle qu’une nouvelle entente devra être négociée entre Cime Aventures et le MFFP si le juge tranche en faveur de Québec dans ce litige.

L'entreprise doit absolument chaque été détenir une entente de commerce pour ses activités sur la rivière. Elle devra donc en obtenir une nouvelle si l'ordonnance de sauvegarde ne s'applique plus.

Une victoire de Cime Aventures au terme des procédures judiciaires remettrait quant à elle en question le pouvoir de Québec de conclure de tels contrats. L'entreprise soutient que le gouvernement provincial s'approprie une compétence fédérale, soit celle de la navigation.

Qu’est-ce que ça signifie?

En vertu de l’ordonnance de sauvegarde, les règles de l’entente de 2020, plus permissives, seront appliquées jusqu’à ce qu'un jugement soit rendu dans cette affaire.

L’entreprise récréotouristique de Bonaventure peut donc continuer d’admettre quotidiennement 260 embarcations sur la rivière, comparativement à la limite de 220 qui devait lui être imposée avant les procédures judiciaires.

De plus, le nombre de clients admis dans le secteur très prisé compris entre le rapide Malin et la base de Cime Aventures est établi à 125 par jour. L’entente de 2021 resserrait à l’origine ce nombre à 20 en basse saison et à 45 en haute saison.

Des usagers de la rivière sont attroupés aux abords du cours d'eau. Derrière eux, on aperçoit leurs embarcations.

L’entreprise récréotouristique de Bonaventure peut donc continuer d’admettre quotidiennement 260 embarcations sur la rivière (archives).

Photo : Dylan Stewart Page

Le MFFP a par ailleurs confirmé à Radio-Canada que l’autre litige en cours sur la rivière Bonaventure, celui opposant le Camp Bonaventure et l’entreprise Le Malin, n’aura pas d’impact sur les activités de Cime Aventures.

André Hébert explique que la situation à prévoir cet été devrait être similaire à celle vécue en 2021 en matière de fréquentation de la rivière Bonaventure. Il convient que les relations entre les différentes organisations œuvrant sur la rivière ne sont toutefois pas toutes au beau fixe.

On va faire comme l’année passée, dans le fond. Tout le monde a fait, un peu, comme il pensait bien faire chacun de son côté, mais c’est sûr qu’il y a eu des débordements, admet le président.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure.

La pêche débutera le 1er juin prochain dans la zone un, qui comprend la rivière Bonaventure (archives).

Photo : Radio-Canada

La pêche au saumon de l’Atlantique débute le 1er juin prochain et M. Hébert s’attend à ce que de nombreux touristes convergent une nouvelle fois vers la très populaire rivière. Il faudra être vigilants, note-t-il, précisant qu’il en va de la protection du cours d’eau.

Des problèmes de cohabitation sont constatés entre les différents usagers sur la mythique rivière depuis de nombreuses années. La situation s’est toutefois exacerbée à l’été 2020.

En quête de dialogues

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, estime que les parties concernées par le sort de la rivière Bonaventure, c’est-à-dire les intervenants qui se penchaient avant le litige sur les règles de cohabitation, auraient tout intérêt à s’asseoir ensemble dans les meilleurs délais.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, photographié dans son bureau.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, croit que les gens concernés par l'utilisation de la rivière devraient s'asseoir ensemble sans délai (archives).

Photo : Gracieuseté de la Ville de Bonaventure

Ce n’est pas parce qu’on a un statu quo qu’on ne peut pas le modifier ou l’améliorer. À mon point de vue, on pourrait regarder comment faire ça et […] s’assurer de se remettre en équilibre pour une saine gestion de la rivière Bonaventure, fait valoir l'élu.

Comme le litige est actuellement devant les tribunaux, Cime Aventures n’a pas souhaité accorder d’entrevue dans ce dossier. Sa directrice générale, Élodie Brideau, a toutefois acheminé une déclaration écrite par courriel à Radio-Canada.

Comme l’année dernière, nous souhaitons continuer d’offrir aux usagers une expérience de mise en valeur de la rivière de qualité, sécuritaire et dans le respect de l’environnement. Il est également notre souhait que l’accès à la rivière Bonaventure pour tous et toutes soit maintenu, et que chacun déploie les efforts requis pour assurer une saine cohabitation sur la rivière, peut-on y lire.

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