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Les clôtures du quai de Shippagan suscitent un malaise aux trois paliers de gouvernement

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Ces clôtures au quai de Shippagan bloquent l'accès des cyclistes et des marcheurs au sentier de la Véloroute de la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / René Landry

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Les clôtures métalliques qui entourent le quai de Shippagan sont devenues une source d'embarras et de malaise pour les gouvernements fédéral et provincial de même que pour les autorités municipales.

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Le quai de Shippagan est entouré de clôtures de métal et de barrières.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Le maire de Shippagan, Kassim Doumbia, le député fédéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, de même que le premier ministre Blaine Higgs ne cachent pas qu'ils sont agacés par la présence de ces clôtures.

Elles sont installées sur une propriété du gouvernement fédéral et elles bloquent l'accès à la Véloroute, une infrastructure provinciale.

Pour une partie de la population, ces clôtures et barrières représentent en quelque sorte une cicatrice au visage de la « Capitale de la pêche commerciale du Nouveau-Brunswick ».

Il y a deux ans, des barrières ont fait leur apparition. Des clôtures ont ensuite été installées autour du quai pour « protéger la santé et la sécurité du public pendant la pandémie de COVID-19 ».

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Seules les personnes munies d'une carte fournie par l'administration portuaire peuvent faire activer la barrière.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Le maire de Shippagan, le député fédéral ainsi que le premier ministre indiquent que c'est à l'Administration portuaire de Shippagan de fournir des explications publiquement.

Toutefois, cette organisation responsable des installations portuaires refuse systématiquement d'accorder des entrevues sur cette question.

Le député Cormier semble particulièrement agacé par la situation.

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Le député d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, trouve que la question des clôtures du quai de Shippagan gruge de l'énergie inutilement et il souhaite que la question soit réglée le plus rapidement possible.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

On perd du temps très précieux et je pense que ces groupes-là peuvent trouver une solution, affirme-t-il. D'autres quais dans la région sont ouverts au public à ma connaissance.

« Pour moi, c'est très clair. L'Administration portuaire de Shippagan doit trouver une façon de permettre l'accès au quai aux visiteurs et à la communauté. »

— Une citation de  Serge Cormier, député libéral d'Acadie-Bathurst

Le député fédéral précise que Pêches et Océans n'a pas forcé l'Administration portuaire à installer des clôtures et qu'il s'agit de la décision de cette organisation.

Malaise dans la communauté

Le maire de Shippagan, Kassim Doumbia, semble également très embarrassé par la présence de ces clôtures et barrières autour de ce lieu qui fait partie de l'image de marque de sa municipalité.

Je sais qu'il y a certains quais où l'accès peut être restreint d'une autre façon, mais les gens peuvent quand même y circuler à pied, indique-t-il.

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Le maire, Kassim Doumbia, ne veut pas que la ville Shippagan soit reconnue pour ses clôtures.

Photo : Gracieuseté Kassim Doumbia

Il pense que le conseil d'administration de l'Administration portuaire devrait clarifier la situation auprès de la population en raison des frustrations inutiles dans la communauté.

Étant donné que la responsabilité du quai relève de Pêches et Océans, on a entrepris des démarches auprès du fonctionnaire responsable afin de créer ce corridor qui peut être emprunté par les cyclistes et les marcheurs en tout temps, précise-t-il.

Le tourisme et l'image

Les touristes, c'est connu, sont souvent attirés par ce qui est unique. Mais, à la suggestion que ces clôtures et barrières à Shippagan puissent un jour devenir une attraction en soi, le maire Doumbia a une forte réaction.

Bien, je n'aimerais pas que la ville de Shippagan attire l'attention pour des clôtures, dit-il après un rire étouffé. Ce n'est pas forcément ce qu'on veut projeter comme image pour notre municipalité.

« C'est tout à fait inconcevable qu'on attire l'œil à l'est du pays pour des clôtures, ça, c'est certain. »

— Une citation de  Kassim Doumbia, maire de Shippagan

Ces installations hors normes embarrassent également l'industrie touristique.

C'est dommage de voir cet aménagement-là, déplore Yannick Mainville, de l'Office du tourisme de la Péninsule acadienne.

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Yannick Mainville, de l’Office du tourisme de la Péninsule acadienne, déplore que la Véloroute, « un bijou », soit bloquée par des clôtures de métal.

Photo : Radio-Canada

La Véloroute reste quand même une des infrastructures majeures de la Péninsule acadienne, note-t-il. C'est un bijou. Il y a beaucoup de touristes qui viennent dans la région pour la Véloroute. Il s'agirait de s'assurer que ce soit sécuritaire pour les cyclistes quand ils sont dans le coin de Shippagan.

Le ministère du Tourisme du Nouveau-Brunswick a ignoré nos nombreuses demandes d'explications et de commentaires sur cette question qui crée un malaise.

Toutefois, la semaine dernière, le premier ministre Blaine Higgs a fait part de sa perplexité et de son incompréhension au sujet de la présence de ces clôtures anti-COVID-19.

La sécurité?

Les responsables de l'Administration portuaire de Shippagan n'ont pas encore invoqué publiquement la raison des craintes d'accidents sur le quai avec la présence de visiteurs ou de curieux.

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Au bureau de l'Administration portuaire de Shippagan, personne n'a envie de parler des clôtures et des barrières.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Mais, le maire Doumbia indique que la raison de la présence de ces clôtures serait maintenant davantage reliée à la crainte des accidents qu'à la pandémie.

Ce qui a été soulevé par le comité de l'Administration portuaire, c'est la question de sécurité pour les activités qui se passent au quai, fait-il savoir. Les affiches parlent plutôt de la COVID. Mais, on en est à une étape nouvelle dans cette ère de COVID. Donc, je pense qu'il devrait peut-être y avoir des possibilités de la part de l'Administration portuaire pour créer un corridor sécuritaire pour les marcheurs et les cyclistes.

Pas de statistiques sur les accidents

Jusqu'en 2004, deux importantes usines de transformation de produits marins, situées près du quai, faisaient travailler quelques centaines de personnes.

Des employés d'un peu partout dans la Péninsule acadienne, de Neguac à Allardville, convergeaient vers le quai de Shippagan pour y travailler. Il n'était pas rare de voir une longue file de voitures, le matin, entrant dans la ville.

Aujourd'hui, Shippagan ne compte plus aucune usine de transformation. Les responsables de l'Administration portuaire seraient malgré tout très préoccupés par les risques d'accident.

Au bureau de l'Administration portuaire, le directeur général, Camille-André Mallet, n'est pas en mesure de fournir des statistiques sur le nombre d'accidents impliquant des membres du public au cours des 10 ou 15 dernières années.

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