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Une arnaque immobilière sur Facebook fauche les plans d’une jeune étudiante de Moncton

Chaque année, des milliers de Canadiens sont victimes d'escroqueries sur des sites de vente de marchandises ou de location de logements.

Anastasia Zaiets regarde son ordinateur.

La future étudiante en criminologie à l'Université d'Ottawa pensait avoir trouvé la perle rare. Anastasia Zaeits a plutôt perdu 1500 $ en tentant de louer l'appartement.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

Le jour du déménagement d’Anastasia Zaeits approche à grands pas. En septembre, elle entamera des études universitaires en criminologie à Ottawa, à des milliers de kilomètres de son nid familial. À trois mois de son départ, cette finissante de l’école L’Odyssée, à Moncton, ne sait pas encore où elle habitera.

Pourtant, quelques semaines plus tôt, sa future colocataire et elle pensaient avoir déniché l’appartement idéal. Au lieu de cela, Anastasia s’est fait dérober 1500 dollars avant même d’avoir eu l’occasion de visiter le logement.

De l’argent que la jeune femme de 18 ans a travaillé fort à économiser pour son tout premier chez-soi. Je me suis sentie vraiment déçue. Vraiment, il n’y a pas de mots pour expliquer ça, soupire-t-elle.

Une annonce alléchante

L'écran d'un téléphone montrant des photos d'un appartement.

L'annonceur avait publié des photos de l'appartement sur un groupe Facebook destiné aux personnes à la recherche d'un appartement dans la capitale canadienne.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

C’est sur un groupe Facebook destiné aux personnes à la recherche d’un appartement dans la capitale canadienne qu’une annonce attire leur attention.

Un appartement de trois chambres, entièrement meublé et situé dans une tour prestigieuse à proximité du campus de l’Université d’Ottawa, est disponible pour la location à court ou long terme. Il est d’autant plus intéressant que chaque chambre peut être louée individuellement au prix de 750 $ par mois.

Sa colocataire décide d’envoyer un message à la personne à l’origine de la publication pour lui signaler son intérêt. La prétendue propriétaire l’informe que la gestion locative de son logement a été confiée à une agence immobilière. Elle lui transmet l’adresse courriel de l’entreprise et lui demande de communiquer directement avec elle.

Silence radio

L’agence immobilière, qui dit être basée à Surrey, en Colombie-Britannique, demande aux deux jeunes femmes de leur fournir une pièce d’identité pour mener des vérifications de leurs antécédents.

Une fois cette étape effectuée, elles recevront un contrat de location qui devra être signé et accompagné d’un virement bancaire équivalant à un dépôt de sécurité et le premier mois du loyer, leur indique-t-on par courriel.

Une capture d'écran d'une preuve de paiement pour la location d'un logement.

L'agence immobilière exigeait un paiement de 1500 $ lors de la signature du contrat de location.

Photo : Capture d'écran

Malgré quelques doutes qui s’installent, Anastasia accepte de se plier aux conditions de l’agence. Elle leur fait un virement Interac de 1500 $. Mais sa colocataire, elle, décide d’y renoncer.

« J’avais peur de perdre cette offre formidable, cette offre qui ne s’offre probablement pas très souvent. Puis il y avait aussi le temps qui me pressait. Dans le contrat, ça disait 48 heures. »

— Une citation de  Anastasia Zaeits, finissante à l’école L’Odyssée à Moncton

Depuis maintenant près de trois semaines, ni la compagnie de gestion immobilière ni la prétendue propriétaire ne répondent aux multiples tentatives d’Anastasia d’entrer en communication avec elles.

La visite virtuelle qu’on lui avait d’ailleurs promise le 30 avril n’a jamais eu lieu.

Nous avons tenté de joindre l’agence immobilière et l’annonceur pour obtenir des explications, mais nos demandes n’ont pas porté fruit.

Parmi les fraudes les plus fréquentes

Les escroqueries associées à la marchandise, qui incluent les fraudes à la location immobilière, se retrouvent régulièrement au sein du palmarès des 10  fraudes les plus couramment signalées.

En 2021, ce type d’arnaque a fait plus de 4000 victimes au pays, selon les données du Centre antifraude du Canada, avec des pertes financières totalisant 12,3 millions de dollars.

L’organisme fédéral détient plusieurs partenariats avec des agences policières partout au Canada et dans le monde car, dans la majorité des cas, le fraudeur se trouve dans une autre région que la victime.

Anastasia Zaeits assise sur un banc.

Anastasia Zaeits, Ukrainienne d'origine, à Moncton depuis un peu plus de deux ans, n'imaginait jamais pouvoir être victime de fraude au Canada.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

Il met à la disposition des corps policiers des informations qui pourraient faire avancer leurs enquêtes portant sur des activités frauduleuses. Il aide également les victimes à mieux les reconnaître et à se protéger contre d’autres fraudes.

Pour rassurer leurs victimes potentielles, les fraudeurs utilisent des noms d’entreprises à l’apparence des fois légitime, affirme Hans Ouellette, agent des relations pour les médias de la GRC au Nouveau-Brunswick. C’est vraiment de prendre le temps, d’être vigilant.

En cas de fraude financière ou personnelle, la GRC recommande aux victimes de communiquer avec leur institution bancaire, le service de police local et le Centre antifraude du Canada pour signaler l’événement.

On demande d’appeler la police aussi parce que sur le côté criminel, on peut faire une investigation et peut-être ça peut [mener] à des arrestations, détaille le caporal Hans Ouellette.

Le détachement de Codiac de la GRC indique qu’une enquête a été ouverte à la suite de la plainte déposée par Anastasia, mais aucune accusation n'a encore été portée.

La future étudiante de l’Université d’Ottawa ne se leurre pas. Elle sait que les chances de récupérer son argent sont minces. Elle retient néanmoins une leçon, celle de ne jamais faire de transaction à l’aveugle.

Comment se protéger des fraudes immobilières

  • Méfiez-vous des prix trop bas par rapport au marché. Si ça paraît trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement faux.
  • Ne cédez pas à des tactiques de vente sous pression et prenez le temps de faire vos devoirs.
  • N’envoyez jamais d'argent et ne divulguez jamais d’informations personnelles avant d’avoir vu le logement.
  • Si vous pensez avoir été victime de fraude, contactez immédiatement votre institution bancaire ou Equifax (si vous craignez une usurpation d'identité) ainsi que votre service de police local. Pensez également à signaler l’activité frauduleuse au Centre antifraude du Canada.

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