•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tamara Lich reconnaît un lien entre son prix et sa participation au convoi des camionneurs

La Couronne évoque une possible demande d'annulation du procès et demande au juge de se récuser.

Chargement de l’image

Tamara Lich, une des organisatrices de la manifestation des camionneurs, s'entretient avec des journalistes à Ottawa le 14 février 2022, quelques jours avant son arrestation. Le deuxième examen de ses conditions de mise en liberté sous caution a commencé jeudi et se poursuit devant le tribunal vendredi.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada

Tamara Lich a admis jeudi devant le tribunal que la récompense qu’elle doit recevoir pour l'organisation de la manifestation des camionneurs « est liée » au convoi. Elle estime toutefois ne pas avoir violé une de ses conditions de libération sous caution qui lui interdit de ne soutenir d’aucune façon la mobilisation qui a occupé plusieurs rues du centre-ville d'Ottawa pendant près de trois semaines.

L’une des organisatrices de la manifestation des camionneurs a fait ces commentaires au premier jour du deuxième examen de sa mise en liberté sous caution devant la Cour supérieure de justice de l'Ontario, à Ottawa. Une procédure émaillée d'échanges tendus entre le procureur de la Couronne, Moiz Karimjee, et le juge Kevin Phillips.

Mme Lich, tout comme son collègue organisateur de convoi Chris Barber, est accusée de méfait, d’avoir encouragé d’autres personnes à commettre un méfait, d'entrave au travail de la police, d’avoir encouragé d’autres personnes à faire obstruction au travail de la police, d’avoir encouragé d’autres personnes à faire de l’intimidation et d'intimidation en bloquant et en obstruant une ou plusieurs autoroutes.

Elle est en liberté sous caution depuis le 7 mars, liée par l'ordonnance d'un autre juge de la Cour supérieure de l’Ontario qui lui impose notamment de ne pas verbalement, par écrit, financièrement ou par tout autre moyen, soutenir quoi que ce soit lié au convoi des camionneurs et de rester en dehors de l'Ontario.

Tamara Lich honorée d'accepter son prix

Lors de son interrogatoire par l'avocat de la défense, Lawrence Greenspon, jeudi, Mme Lich a témoigné par vidéoconférence depuis l'Alberta. Elle a demandé que ses conditions de mise en liberté sous caution soient modifiées pour lui permettre de se rendre à Ottawa. Les raisons de sa demande font l'objet d'une ordonnance de non-publication judiciaire et ne peuvent être divulguées.

Elle a également indiqué qu'elle adorerait assister au gala, prévu à Toronto en juin, durant lequel elle doit recevoir un prix de la liberté. Mais je ne violerai pas mes conditions de mise en liberté sous caution pour ça, a-t-elle assuré.

Le 28 mars, un organisme de bienfaisance appelé le Justice Center for Constitutional Freedoms a envoyé un courriel à Mme Lich pour l'informer qu'elle avait été choisie pour recevoir le prix George Jonas Freedom 2022, a-t-elle expliqué à la Cour.

Le courriel, qu'elle a lu à haute voix, indiquait que ce prix lui était décerné en reconnaissance de votre rôle de leader dans le convoi des camionneurs.

Chargement de l’image

Tamara Lich reçoit un prix du Justice Centre for Constitutional Freedoms pour son travail d'aide à l'organisation de la manifestation des camionneurs qui a occupé certaines rues du centre-ville d'Ottawa pendant des semaines plus tôt cette année.

Photo : Site internet jccf.ca

Sur le site web de l'organisme, on explique que Mme Lich a pris l'initiative d'aider à organiser une manifestation pacifique et d'en être l'un des leaders. La manifestation pacifique qui en a résulté à Ottawa a éveillé de nombreux Canadiens à l'injustice des fermetures et des politiques de vaccination obligatoire qui violent la Charte.

On y explique également que Mme Lich a souffert pour la cause de la liberté en passant 18 jours en prison injustement, et [qu'elle] illustre le courage, la détermination et la persévérance.

Le lendemain de la réception de ce message, Mme Lich a répondu par courriel pour dire qu'elle serait honorée d'accepter un tel prix. Elle n'a toutefois pas demandé si ce serait possible compte tenu de ses conditions de mise en liberté sous caution, a-t-elle reconnu lors de son contre-interrogatoire par Me Karimjee.

Lorsqu'il lui a demandé si, en acceptant ce prix, elle soutenait le convoi, Mme Lich a reconnu : J’imagine, oui. Je suppose que oui.

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une violation [de mes conditions de mise en liberté sous caution]. Je ne pense pas que cette reconnaissance serve à ça. Je pense que ce prix vise plutôt à inspirer les Canadiens à tenir le gouvernement responsable de faire respecter la primauté du droit et à défendre leurs droits garantis par la Charte, a-t-elle poursuivi.

Je suppose que c'est lié à ce qui s'est passé, a ajouté Mme Lich.

La Couronne demande au juge de se récuser

La première journée d'audience a été marquée par des échanges houleux entre le juge Phillips et l'avocat de la Couronne, Me Karimjee.

Alors que le juge venait de lui reprocher ses manières, Me Karimjee a rétorqué ne faire que son travail, avant d'énumérer plusieurs problèmes liés aux décisions et remarques de la Cour, notamment le fait que le juge Phillips ait auparavant refusé d'autoriser que le courriel informant Mme Lich de son prix soit soumis au tribunal.

S'en est suivi un échange tendu au cours duquel Me Karimjee a demandé au juge Philips de se récuser.

Une demande refusée, avant que Me Karimjee ne reprenne son contre-interrogatoire.

Un début difficile dès le départ

L'audience de jeudi avait déjà eu bien du mal à démarrer.

Alors qu'on s'attendait à ce que la Couronne fasse valoir que Mme Lich devrait être remise en prison pour avoir prétendument continué à soutenir le convoi des camionneurs, que de leur côté, les avocats de Mme Lich tenteraient de revenir sur la mise à l'écart de Mme Lich des réseaux sociaux, la Couronne a plutôt insisté pour demander au juge si ce dernier a le pouvoir de se prononcer sur de prétendues erreurs de droit commises par un de ses homologues de la Cour supérieure de justice.

Me Karimjee a fait valoir que le juge Phillips ne pouvait se pencher que sur de nouveaux éléments. Se prononcer sur les erreurs de droit qu'un autre juge pourrait avoir commises amènerait la défense à, selon lui, demander révision après révision jusqu'à ce qu'un juge rende une décision favorable.

Après une pause de 20 minutes, le juge Phillips a finalement rejeté cet argument.

Le juge ne veut pas déterminer si Mme Lich a violé ses conditions

Le premier et unique témoin de la Couronne était le sergent de la police d'Ottawa, Mahad Hassan, qui coordonne cette enquête. L’enquêteur principal, le détective Chris Benson, était occupé à témoigner dans une affaire d'homicide, a-t-on expliqué au tribunal.

M. Hassan a témoigné qu'il pensait que les billets VIP, vendus plus cher pour l'événement de Toronto, donneraient à leurs détenteurs une chance de rencontrer les personnalités qui figurent sur les brochures - dans ce cas, Mme Lich et le chroniqueur Rex Murphy.

Lors de son contre-interrogatoire par Me Greenspon, il a toutefois admis qu'il n'y avait aucune mention de la présence de Mme Lich sur les affiches.

Alors que Me Karimjee dirigeait le témoignage de M. Hassan, le juge Phillips s'est étonné à l'idée qu'on pourrait lui demander de décider si Mme Lich avait violé une de ses conditions de libération sous caution, au lieu de laisser ce travail à la police.

C'est une tâche que je ne connais pas. Je ne suis pas un agent de police. Essayez-vous de me faire découvrir une infraction ici et de déclarer qu'elle a enfreint la loi? a questionné le juge Philips.

Me Karimjee lui a rétorqué avoir le droit de présenter des preuves prouvant que Mme Lich avait violé les conditions de sa libération, citant le Code criminel.

Chargement de l’image

Tamara Lich est reconnue comme étant l'une des figures de proue du convoi (archives).

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Mme Lich a été arrêtée le 17 février peu de temps avant qu'une importante opération policière ne dégage les manifestants et les véhicules des rues d'Ottawa.

Elle s'est d'abord vu refuser une mise en liberté sous caution, avant de gagner en appel. Mme Lich a été libérée après avoir passé environ 18 jours au Centre de détention d'Ottawa-Carleton.

L'examen des conditions de libération sous caution de Mme Lich doit se poursuivre vendredi matin.

Avec les informations de Guy Quenneville et de David Fraser, de CBC News

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.