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Des experts craignent le poids environnemental du projet d’autoroute 413

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Des écologistes et des citoyens pressent le prochain gouvernement de l’Ontario d'abandonner le mégaprojet de l’autoroute 413, qui relierait les banlieues du nord-ouest de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Radio-Canada

L'autoroute 413 est revenue à l’avant-plan cette semaine durant le débat des chefs. Le mégaprojet, qui fait partie des mesures phares des progressistes-conservateurs, relierait les banlieues du nord-ouest de Toronto sur une soixantaine de kilomètres.

Si la construction d’une telle autoroute est capable de séduire les automobilistes de la région, elle pourrait fragiliser, voire détruire les écosystèmes locaux, selon des spécialistes.

Le tracé prévu de l’autoroute, de Milton à Vaughan, traverse une partie de la ceinture de verdure et des zones humides, parmi les rares milieux naturels presque encore intacts qui restent dans la grande région de Toronto.

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Le projet d'autoroute 413.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

L'écologiste Ryan Norris, professeur à l'Université de Guelph, affirme qu'une trentaine d'espèces menacées perdraient leur habitat.

Si nous enlevons une espèce ici ou là, nous n'allons pas nécessairement voir un changement immédiat dans quoi que ce soit, mais si nous continuons à rogner, nous n'aurons plus de biodiversité, assure-t-il.

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Ryan Norris, écologiste et professeur associé au Département de biologie intégrative de l'Université de Guelph.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Yannick Beaudoin, directeur ontarien de la Fondation David Suzuki, craint que les rivières et les plans d'eau risquent la contamination avec une autoroute qui les entrecoupe, en raison de la présence des sels, des métaux et d'autres polluants.

« On a les petits morceaux de plastique des pneus, ça rentre dans les rivières, dans les eaux, on boit l'eau. Ça fait tout partie de l'écosystème qui donne l'eau à Toronto et la région. »

— Une citation de  Yannick Beaudoin, directeur ontarien de la Fondation David Suzuki

Selon un rapport de l’organisme Environmental Defence, la construction de l'autoroute 413 générerait 100 000 tonnes de CO2, auxquelles s’ajouteront environ 700 000 tonnes chaque année par les émissions des véhicules.

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Yannick Beaudoin, directeur ontarien de la Fondation David Suzuki, craint notamment la contamination des plans d'eau qui seraient entrecoupés par l'autoroute 413.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Selon le rapport, les coûts liés à la pollution de l'air et à la destruction des écosystèmes seraient de 1,4 milliard de dollars d'ici 2050.

Le projet d'autoroute est présenté par les progressistes-conservateurs de Doug Ford comme une solution aux problèmes de congestion du réseau des autoroutes de la série 400. Si les habitants du centre-ville peuvent compter sur les transports en commun, les banlieusards, eux, dépendent largement de l'automobile.

Todd Lett habite Brampton, une des villes qui compte le plus de nouveaux résidents au Canada. Son explosion démographique a un impact sur les routes.

L’homme d’affaires et président de la Chambre de commerce de Brampton estime que la 413 lui permettrait d’économiser jusqu’à 5 h par semaine dans ses trajets.

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Ces jeunes arbres récemment plantés pourraient être rasés si le mégaprojet de l'autoroute 413 va de l'avant. Une trentaine d'espèces menacées perdraient leur habitat, selon des experts.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Besoin ou idée révolue

Sans appuyer ouvertement les conservateurs, M. Letts affirme que les partis qui ne veulent pas construire d'autoroutes ne gagneront pas dans les banlieues.

Nous encourageons les candidats à soutenir cet investissement, dit-il.

L’urbaniste et auteur Ken Greenberg regrette quant à lui que le projet soit une redite d’une idée des années 50 [...] lorsqu’on était emballé par les autoroutes, par la vie dans les banlieues, totalement dépendant [de] l’automobile.

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L'urbaniste Ken Greenberg estime que la construction de l'autoroute 413 irait à l'encontre des cibles climatiques. Il prône plutôt la bonification du transport collectif.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Ça induit la congestion, ça induit l'étalement, ça détruit la nature.

Avec les informations de Philippe de Montigny et Yasmine Mehdi

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