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L’Oklahoma vote une loi bannissant l’avortement dès la fécondation

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En avril, le gouverneur de l'Oklahoma, Kevin Stitt, avait promulgué une autre loi anti-avortement qui en faisait, pour les médecins qui le pratiquent, un crime passible de 10 ans de prison.

Photo : Associated Press / Sue Ogrocki

Agence France-Presse

L'Assemblée législative de l'Oklahoma a adopté jeudi une loi interdisant tout avortement « dès la fécondation », faisant de ce bastion conservateur du sud des États-Unis l'État qui possède la réglementation la plus restrictive en matière d'interruption volontaire de grossesse.

Le vote est intervenu au moment où le droit à l'avortement aux États-Unis est menacé par la Cour suprême qui, selon un document révélé par Politico, semble prête à revenir en arrière, 50 ans après sa décision historique.

Pour entrer en vigueur, le texte doit désormais être signé par le gouverneur Kevin Stitt. Cet élu républicain avait déjà indiqué qu'il apposerait sa signature sur toute loi imposant davantage de restrictions sur l'avortement.

Inspiré d'une législation adoptée par le Texas en septembre, ce texte de loi de l'Oklahoma ouvre la porte à des poursuites lancées par de simples citoyens à l'encontre de personnes soupçonnées d'avoir aidé ou incité une femme à obtenir un avortement. La loi texane interdit quant à elle l'avortement après six semaines.

Le texte législatif prévoit des exceptions pour les cas de viol et d'inceste, mais uniquement si ces crimes ont été signalés aux forces de l'ordre.

La définition de l'avortement, selon le texte de l'Oklahoma, n'inclut toutefois pas l'utilisation, la prescription, la fourniture ou la vente de pilules du lendemain, ou de tout type de contraception ou de contraception d'urgence.

La vice-présidente américaine Kamala Harris a, dans la foulée, dénoncé la décision du Parlement de l'Oklahoma comme la dernière en date d'une série d'attaques flagrantes sur les femmes par des élus.

La numéro deux de l'exécutif a ainsi appelé les Américains à élire des dirigeants qui défendraient le droit à l'avortement au niveau local, des États et fédéral. Cela n'a jamais été aussi urgent, a-t-elle affirmé sur Twitter.

L'organisation Planned Parenthood, qui défend le droit à l'avortement, a annoncé de son côté qu'elle allait assigner l'Oklahoma en justice.

Il faut empêcher cette interdiction – ainsi que toutes les autres interdictions que cet État a votées au cours du mois passé, a poursuivi Planned Parenthood sur Twitter.

Faire de l'Oklahoma le champion des États opposés à l'avortement

Le 3 mai, le gouverneur Kevin Stitt avait annoncé avoir signé une loi qui interdisait déjà l'avortement après six semaines de grossesse.

« Je veux que l'Oklahoma devienne l'État le plus pro-vie du pays. »

— Une citation de  Kevin Stitt, gouverneur de l'Oklahoma, 3 mai

L'Oklahoma accueillait depuis quelques mois des milliers de Texanes cherchant à avorter, après le passage en septembre d'un texte similaire dans cet État voisin.

Même s'il est soutenu par une majorité de la population, selon de récents sondages, le droit à l'avortement est un sujet de société très clivant depuis l'arrêt historique Roe c. Wade de janvier 1973, qui protège le droit des Américaines à interrompre leur grossesse.

En cas de décision de la Cour suprême revenant sur ce droit, 26 États conservateurs, pour la plupart dans le centre et le sud du pays comme le Wyoming, le Tennessee ou la Caroline du Sud, sont prêts à interdire ou restreindre de façon significative l'avortement.

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