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À Cannes, des personnalités ukrainiennes demandent l’exclusion des Russes

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L'actrice américaine Phoebe Price brandit un carton sur lequel est inscrit «M. Poutine, arrêtez la guerre. Vive l'Ukraine!», avant la projection du film «Coupez!», mardi à Cannes.

Photo : afp via getty images / LOIC VENANCE

Agence France-Presse

Des personnes représentant le cinéma ukrainien ont demandé jeudi à Cannes l'exclusion totale des films russes à l'international, y compris celui de Kirill Serebrennikov, au lendemain de l'ouverture par ce dernier – en rupture avec le régime de Vladimir Poutine – de la compétition.

Nous pensons vraiment que tout ce qui est russe doit être effacé, a indiqué Andrew Fesiak, producteur ukrainien de films, lors d'une conférence sur la propagande russe hébergée par le pavillon américain au Marché du film.

Les cinéastes russes ne peuvent pas prétendre que tout va bien et qu'ils n'ont rien à se reprocher, a-t-il affirmé, au moment où les cinéastes ukrainiens sont forcés d'arrêter de faire des films parce qu'ils doivent fuir pour sauver leur vie, ou prendre les armes.

Le cas Serebrennikov, une épineuse question

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Kirill Serebrennikov

Photo : afp via getty images / CHRISTOPHE SIMON

Au sujet de la présence en compétition du film La femme de Tchaïkovski, il a estimé que son réalisateur Serebrennikov n'est pas un opposant, pas du tout, rappelant que toute sa carrière a été financée par l'argent du gouvernement russe.

Le film a été financé par des entreprises russes indépendantes, des fonds privés, s'est défendu le réalisateur russe jeudi après-midi.

Je comprends totalement pourquoi ils disent ce qu'ils disent, parce qu'ils sont dans une situation terrible. Pour eux, c'est même difficile d'entendre parler le russe, a-t-il réagi. Mais évincer la culture russe serait une erreur énorme.

Le Festival de Cannes a décidé de ne pas accueillir de représentation officielle russe ni d’artistes russes qui défendent la ligne du Kremlin au sujet de l'Ukraine. Mais, tout comme le font les autres grands événements culturels mondiaux, son délégué général Thierry Frémaux a défendu lundi l'idée d'accueillir des dissidents et dissidentes russes.

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Thierry Frémaux

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Il y a des Russes artistes, journalistes, qui ont quitté la Russie. Kirill Serebrennikov est un homme qui a considéré que s'il ne quittait pas la Russie, il se rendait complice de cette guerre.

Un boycottage réclamé par des ultras

Également metteur en scène, Kirill Serebrennikov est désormais installé à Berlin. Il avait affirmé en avril avoir quitté sa Russie natale pour une question de conscience.

M. Frémaux avait précisé lundi que l'idée d'un boycottage total avait été demandée, non pas par les autorités ukrainiennes mais par des ultras, des gens qui sont très radicaux.

C'est une position que je peux comprendre [...] parce que ce sont des gens qui sont sous les bombes, avait-il reconnu.

Dans une tribune publiée par Le Monde, Alexandre Rodnianski, producteur de cinéma ukrainien qui a travaillé 20 ans en Russie, s'est insurgé contre l'idée d'un boycottage.

Il assure que les sélections des plus grands festivals de cinéma ont toujours inclus les témoignages honnêtes sur l'état actuel des choses en Russie et que dans la vie de celles et ceux qui ont commis le massacre de Boutcha, le rôle de la culture était plus que minime. C'est la télévision propagandiste qui les a élevés.

Aujourd'hui, seule l'authentique culture russe peut servir d'appui pour aider à changer le pays, conclut Alexandre Rodnianski.

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