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Laissez pousser votre pelouse ce printemps, disent des environnementalistes

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En matière d'entretien de jardin, les environnementalistes conseillent de changer de perspective : une belle pelouse serait désormais celle qui préserve la biodiversité (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy LeBanc

Radio-Canada

Des chercheurs de la région de Calgary encouragent les Albertains à renoncer à tondre leur pelouse ce printemps. Selon eux, un terrain « en désordre » favorise la biodiversité, contribue à maintenir les sols en bonne santé et prévient le ruissellement des eaux de pluie.

Adieu les jardins impeccablement et uniformément taillés et débarrassés des mauvaises herbes et bienvenue aux cours de résidences aux allures de champs en friche. L’idée semble farfelue, mais des chercheurs exhortent les résidents de Calgary à la considérer sérieusement.

Les pelouses en désordre sont de bonnes pelouses, déclare d’emblée Mindi Summers, professeure titulaire en sciences biologiques à l'Université de Calgary.

« Lorsque vous regardez une pelouse en désordre, vous devriez penser qu'elle abrite beaucoup de vie et qu'il y a un sol sain. Cela aide donc à préserver des espèces et aussi à prévenir le ruissellement des eaux pluviales. »

— Une citation de  Mindi Summers, biologiste à l’Université de Calgary

En mai, laissez pousser!

La biologiste apporte son appui au mouvement No Mow May (mai sans tondeuse) qui appelle les gens à se passer des tondeuses à gazon et des coupe-bordures au mois de mai. Né au Royaume-Uni, il a de plus en plus de résonances au Canada. Conservation de la nature Canada (CNC), l’un de ses relais et porte-voix au pays, le surnomme d'ailleurs En mai, laissez pousser! .

Mindi Summers encourage ainsi les résidents à ne pas tondre leurs pelouses pendant le mois de mai comme ils le font habituellement après la fonte des derniers amas de neige.

Cela nous aide à changer nos attitudes envers ce que nous considérons comme beau en regardant les arrière-cours de nos voisins de quartier, dit-elle.

« C'est incroyable ce que les gens trouveront dans leur jardin, comme des orchidées ou des plantes rares, des fraises des bois, des oignons et toutes sortes de biodiversité végétale auxquelles ils ne s'attendraient pas. »

— Une citation de  Mindi Summers, biologiste à l’Université de Calgary

Une fière chandelle aux pollinisateurs

Mindi Summers, qui mène également des recherches sur les invertébrés, participe aux efforts de l'Université de Calgary pour rendre le campus plus favorable aux abeilles.

Elle explique que tondre une pelouse empêche non seulement certaines plantes indigènes de pousser, mais peut également perturber les abeilles hibernant dans le sol et qui refont surface au printemps.

Elle soutient par conséquent que le fait de ne pas tondre sa pelouse favorise la croissance des plantes indigènes qui, à leur tour, aident les pollinisateurs comme les papillons, les coléoptères et les abeilles.

Entomologiste au Olds College, Ken Fry abonde dans le même sens, en soulignant la relation d’interdépendance entre les humains, les plantes et les pollinisateurs. Nous avons besoin des abeilles pour donner vie [aux] fruits et légumes, note-t-il.

Par ailleurs, ces appels à laisser les pelouses à l'état sauvage interviennent dans un contexte morose pour les apiculteurs albertains qui font face au pire taux de mortalité des abeilles jamais enregistré dans l’histoire récente de la province.

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Des jardins laissés en désordre seraient un terreau fertile pour les pollinisateurs, disent des chercheurs (archives).

Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

Changement de perspective

Selon Mindi Summers, l'invitation à ne pas tondre les pelouses en mai pourrait être élargie au mois de juin en Alberta. À Calgary, par exemple, c'est à cette période-là que nous voyons arriver beaucoup de nos abeilles pollinisatrices ainsi que nos fleurs sauvages indigènes, explique-t-elle.

La biologiste conseille ainsi de changer désormais de perspective en présence d'une pelouse envahie par la végétation à tout moment du printemps, car une pelouse est belle parce qu'elle soutient la biodiversité, tranche-t-elle.

Alors, tout comme il ne faudrait pas se découvrir d’un fil en avril, il ne faudrait pas non plus tondre sa pelouse au printemps, disent les environnementalistes.

Avec des informations de Taylor Simmons et d'Ellis Choe

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