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Allègement des frais de garderie : entre confusion et impatience

Des enfants jouent avec des blocs en mousse.

Les parents doivent encore prendre leur mal en patience.

Photo : iStock

Près de deux mois après l’annonce de la signature d’une entente entre Ottawa et l’Ontario pour la réduction des frais de garderie dans la province, Jacques Lehani Kagayo n’a toujours rien vu venir.

J’attendais ça impatiemment, vu mon salaire [...], pour [...] que je puisse affecter le solde à d'autres dépenses familiales, explique ce résident de Windsor qui a une fille dans le réseau de garderies Toy Box.

« Pas plus tard qu’hier, j’ai payé la facture en totalité; le même montant que je paie mensuellement. »

— Une citation de  Jacques Lehani Kagayo, résident de Windsor
Jacques Lehani Kagayo avec une petite épingle du Canada sur son veston parle à la caméra.

Jacques Lehani Kagayo affirme qu'il aurait bien besoin d'argent.

Photo : Radio-Canada / Stacey Janzer/CBC News

M. Lehani Kagayo indique aussi qu'il n'a encore reçu aucune information de la garderie au sujet de la diminution des frais de garde. Il admet ne pas s'être informé à ce sujet non plus, supposant que l'établissement le contacterait au moment opportun.

Je croyais qu’eux, quand ils auront l’information, ils vont l’appliquer automatiquement. C’est ce que moi je me suis mis en tête, dit-il.

À géométrie variable?

Maxime Nouya, de son côté, est tout sourire : il a commencé à observer des allègements.

On a reçu la dernière facture au mois de mai de la garderie dans laquelle on a constaté qu’il y avait des réductions qui avaient été appliquées. C’était rétroactif. Les réductions ont été appliquées pour le mois d’avril et pour le mois de mai, et donc la facture était vraiment réduite pour le mois de mai, explique-t-il.

« C’est toujours une bonne chose d’avoir plus d’argent dans la poche. On peut faire autrement avec : faire des activités, voyager, ainsi de suite. »

— Une citation de  Maxime Nouya, résident de Windsor

Pourtant, son enfant fréquente le même réseau de garderie que la fille de M. Lehani Kagayo, mais dans une autre succursale de Windsor.

La direction de Toy Box n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada pour expliquer la différence de traitement entre ses clients.

Dawn Bosco assise et souriante.

Dawn Bosco affirme que la Ville a besoin de temps pour mettre en place le processus nécessaire.

Photo : Gracieusement de Dawn Bosco

La directrice des services à l'enfance de la Ville de Windsor ne comprend pas non plus la situation alors que comme gestionnaire de ce programme, la Ville n'a encore octroyé aucune subvention ni conclu d'entente avec les garderies pour permettre la baisse de ces frais.

Tant qu’elles n’auront pas reçu ces fonds ou que le processus n’aura pas été mis en place, aucun rabais ne sera accordé, explique Dawn Bosco.

Elle indique que les municipalités ont besoin de temps pour mettre sur pied les processus qui permettront de prendre en charge les demandes de financement des garderies avant que des réductions ne soient envisageables.

Je crois que là où il y a un peu de confusion, c’est qu’ils s’engagent [au fédéral et au provincial] à rétrofinancer au 1er avril, mais cela ne signifie pas qu’ils prévoyaient que l'entente entrerait en vigueur à partir du 1er avril, dit-elle.

« Il y a beaucoup de planification qui doit encore avoir lieu dans chaque municipalité afin que les familles aient accès à cette possibilité. »

— Une citation de  Dawn Bosco, directrice des services à l'enfance de Windsor

D’autres parents dans l'attente

Nicole Blanchette est directrice générale de La Ribambelle, qui gère neuf garderies dans le Sud-Ouest de la province.

Selon elle, les responsables de garderie ne peuvent tout simplement pas encore mettre en œuvre la baisse de 25 % parce qu'ils ne savent pas comment procéder.

Nous n’avons pas encore reçu assez d’informations, ni de détails, ni de subventions pour pouvoir permettre de réduire les frais. Ce n'est seulement qu’en période de discussion, explique-t-elle.

« On a jusqu’au 1er septembre pour décider si on veut faire partie de ce projet ou s’en désister. »

— Une citation de  Nicole Blanchette, directrice de La Ribambelle
Nicole Blanchette souriante.

Nicole Blanchette affirme ne pas avoir reçu suffisamment d'informations pour pouvoir mettre en place la réduction de 25 %.

Photo : Gracieuseté de Nicole Blanchette

Pour sa part, le ministère de l’Éducation de l’Ontario indique par courriel qu’il a débloqué des fonds et une gamme complète de mesures de soutien à la mise en œuvre pour les gestionnaires de systèmes de services municipaux afin de permettre l'inscription au système pancanadien d'apprentissage et de garde des jeunes enfants.

« Les gestionnaires de systèmes de services municipaux ont informé le ministère qu'ils continuent d'élaborer et de faire approuver leurs politiques et processus d'inscription des programmes de garde d'enfants agréés participants dans le nouveau système. »

— Une citation de  Extrait du courriel du ministère de l'Éducation de l'Ontario

Le ministère explique que des remises de frais pour les parents, jusqu'à 25 % et rétroactives au 1er avril auront lieu. Il ajoute qu’il s’attend à ce que le processus d'inscription se poursuive tout au long de l'automne.

Pendant ce temps, Jacques Lehani Kagayo se demande si l’argent promis n’arrivera pas trop tard, lorsque sa fille sera déjà inscrite à la maternelle.

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