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Pénurie de médecins : le Nord de l’Ontario en attente de solutions des partis politiques

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Les urgences de plusieurs régions du Nord de l'Ontario sont mises en danger par une pénurie de médecins.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Radio-Canada

Avec la pénurie de médecins dans le Nord de l’Ontario, estimée à plus de 300 médecins, quelles solutions politiques existent pour résoudre ce problème qui a des conséquences sur la santé des habitants du Nord?

Le Nord de l’Ontario a un problème de personnel médical et de médecins. Que ce soit par la fermeture d’unités d’urgence ou par le recours aux médecins suppléants, plusieurs communautés subissent les conséquences directes d’une incapacité à attirer ou à retenir des médecins dans la région.

Selon la Dre Sarah Newbery, la doyenne associée responsable de la planification de la main-d'œuvre à l'École de médecine du Nord de l'Ontario (EMNO), les conséquences des fermetures d’urgences et du manque de médecins sont encore plus graves dans un territoire comme le Nord de l’Ontario.

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La Dre Sarah Newbery, doyenne associée de la stratégie de la main-d'œuvre médicale à l'Université de l'École de médecine du Nord de l'Ontario.

Photo : Twitter/Dre Sarah Newbery

Elle prend l’exemple de la communauté de Marathon, pour qui l’hôpital régional offre les soins de base de santé pour la communauté.

Si on perd un médecin de famille, ce n’est pas seulement grave pour les soins primaires que reçoit la personne; ça veut aussi dire que ces patients vont se retrouver à alourdir la tâche de l’hôpital, ce qui va affecter la capacité des soignants à aider les autres patients, explique-t-elle.

La Dre Newbery affirme qu’en cas de fermeture des urgences, la plupart des hôpitaux sont à une ou deux heures les uns des autres, ce qui rend la situation encore plus difficile en cas de situation médicale urgente.

La Dre Newbery affirme que les partis politiques n’ont pas tous offert de solutions à cet aspect de la pénurie pour le moment.

Je crois que nous n’avons pas eu beaucoup de détails à ce sujet pour le moment, mais je crois que les partis ont tous conscience de l’ampleur du problème, explique-t-elle.

Un bulletin pour juger des plateformes en santé

Au début de la campagne électorale, l'Association médicale de l’Ontario (AMO) a produit un bulletin analysant les promesses en santé des quatre partis politiques.

Dans la catégorie des enjeux qui touchent le Nord de l’Ontario, seul le NPD a obtenu un score parfait de trois stéthoscopes pour leurs engagements.

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L'Association médicale de l'Ontario estime qu'il manque plus de 300 médecins dans le Nord pour combler la pénurie de personnel.

Photo : Getty Images / Morsa Images

Selon la Dre Rose Zacharias, présidente de l'AMO, la pénurie de médecins est l'un des problèmes les plus importants pour l’accès du public.

Elle affirme qu’en tant que professionnelle de la santé qui travaille aux urgences, penser que des services d’urgence peuvent avoir à fermer leurs portes pendant un certain temps [lui] brise le cœur.

Pour régler le problème, elle propose de se tourner vers les médecins formés à l’international, qu’ils soient canadiens ou non. Il faut aussi repenser la manière de fournir des soins selon une approche d’équipe avec les différents professionnels de la santé, ajoute-t-elle.

L’Association médicale de l’Ontario a aussi publié un plan qui s'intitule Prescription pour l’Ontario, un plan en cinq recommandations pour améliorer le système de santé en province.

Il inclut 12 consignes précisément pour le Nord de l’Ontario, comme la formation de résidents pour la pratique rurale, l'augmentation des occasions de formation et de stage dans les communautés éloignées et l’objectif que les patients aient un accès aux soins équitable dans leur communauté.

Les services en français en queue de file

Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario, affirme que les francophones sont encore plus touchés que les autres habitants par la pénurie.

Nous sommes triplement pénalisés. Non seulement il manque de médecins, mais il faut aussi qu’ils soient francophones et qu’ils souhaitent vivre dans la région, explique-t-elle.

Mme Quintas affirme cependant que l’École de médecine du Nord de l’Ontario vient en quelque sorte atténuer cette pénalisation.

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Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Photo : Image : Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Une chance que nous avons notre école de médecine dans le Nord de l’Ontario qui entraîne des médecins qui ont plus de chances de s’installer dans la région, ajoute-t-elle.

Selon elle, les partis politiques n’ont pas réussi à sécuriser l’accès aux services de santé en français en Ontario et les politiques des gouvernements pour les services en français ne se font pas ressentir sur le terrain.

Mon équipe et moi, on travaille sur le terrain, et je vous dis que sur le terrain, l’impact est beaucoup moins apprécié que les annonces le disent. [...] Potentiellement il y a un recul au niveau des soins de santé en français dans le Nord de l’Ontario, explique-t-elle.

Selon elle, les organismes qui recrutent et qui offrent des services en français devraient inclure dans leurs offres d’emploi qu’il faut que les candidats parlent français.

Mme Quintas et son organisme travaillent pour que les organisations de santé adoptent une lentille francophone dans l’organisation des services de santé dans la région.

Les engagements des partis

Pendant le dernier débat de la campagne électorale, le sujet de la sauvegarde du système de santé est entré dans la discussion.

Andrea Horwath, la chef du NPD, a blâmé les conservateurs et les libéraux pour l’état actuel du système de santé.

Le système de santé était à genoux lorsque la pandémie est arrivée, les libéraux nous ont donné la médecine de corridor, mais les coupes dans les hôpitaux du gouvernement Ford ont empiré les choses, a dit Mme Horwath.

Son parti promet une réforme de soins de santé, en créant plus de cliniques d'infirmières praticiennes et de centres de santé communautaires.

Le chef des libéraux, Steven Del Duca, a répondu en faisant la promotion de son plan pour le système de santé, qui veut donner davantage de ressources au système.

Le chef progressiste-conservateur promet, lui aussi, plus de médecins dans les hôpitaux s'il est réélu.

Le Parti vert a aussi dit vouloir s’attaquer à la pénurie de médecins dans le Nord de l’Ontario.

Avec les informations de Bienvenu Senga.

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