•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tarifs des taxis : une possible hausse de 10 % à prévoir dès juin à Ottawa

Un autobus et des taxis devant une station du train léger d'Ottawa.

Les chauffeurs de taxi n'arrivent plus à joindre les deux bouts. (Archives)

Photo : CBC/Andrew Lee

Radio-Canada

Le Comité des services communautaires et de protection de la Ville d'Ottawa a recommandé jeudi une hausse de 10 % des tarifs des taxis à compter du 11 juin. Cette recommandation doit être entérinée par le conseil municipal avant de prendre effet.

Si la recommandation est adoptée par les élus, le tarif de base passera à 3,80 $ et il en coûtera 0,18 $ pour chaque 86 mètres de distance parcourue.

Cette recommandation a été formulée à la suite d'une demande des chauffeurs de taxi de la capitale fédérale, qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. En février dernier, ceux-ci revendiquaient une hausse des tarifs en raison de la taxe carbone. L'explosion du coût de l'essence n'a fait qu'exacerber ce besoin.

De plus, à compter du 1er novembre, l'assurance responsabilité civile commerciale requise pour toutes les entreprises de taxi, de limousine et de transport privé sera réduite de 5 millions $ à 2 millions $, apprend-on également dans le communiqué de la Ville. Il s'agit d'une seconde mesure pour améliorer la capacité de l’industrie à fonctionner et à fournir des services aux résidents et aux visiteurs.

En point de presse, le président du Comité des services communautaires et de protection, Matthew Luloff, indique toutefois que cette hausse ne s'applique pas à la passe mensuelle offerte en partenariat avec Para Transpo.

« Les tarifs pour les usagers de Para Transpo ne changent pas. »

— Une citation de  Matthew Luloff, président du Comité des services communautaires et de protection

On a un contrat avec Para Transpo, explique-t-il. On ne paie pas le même montant qu'un taxi régulier si on utilise un laissez-passer d'OC Transpo avec ce service-là.

M. Luloff concède que ce sera plus cher pour les personnes qui utilisent un taxi régulier, mais qu'en même temps, le service coûte de plus en plus cher à offrir.

Cette hausse vient pallier la hausse du prix de l'essence, qui dépasse 2 $ le litre depuis quelques semaines à Ottawa.

Les chauffeurs du Québec veulent aussi des hausses

En sol québécois, on réclame également la hausse des tarifs pour soutenir l'industrie.

Pour le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), la Ville d'Ottawa ne va pas assez loin avec ce 10 % d'augmentation.

Dans une lettre de recommandation envoyée à la Commission des transports du Québec en mars dernier, le CPCDIT demandait une augmentation des tarifs de 25 %.

L'industrie du taxi à Ottawa relève de la municipalité, alors qu'elle est régie par la province au Québec.

On a un très grand problème de rétention des chauffeurs, fait valoir le directeur général du CPCDIT, Joseph Naufal. Le salaire a d'ailleurs un rôle à jouer dans ce problème.

« On n'arrive pas à remplacer les départs à la retraite. »

— Une citation de  Joseph Naufal, directeur général du CPCDIT

Un chauffeur de taxi gagne environ 10 $ l'heure avant impôt, une fois qu'il a remboursé ses dépenses, fait valoir M. Naufal. Le directeur général ajoute que le passage du salaire minimum à 14,50 $ de l'heure au Québec a changé la donne.

C’est pour cette raison qu’il n’y a pas beaucoup de jeunes, même les immigrants qui arrivent, ce n’est pas quelque chose de bon pour eux, soutient-il.

Un impact sur les personnes vulnérables

Catherine Gardner milite pour les droits des personnes en situation de handicap. Si le conseil municipal d'Ottawa entérine la recommandation du comité, cela pourrait avoir des impacts importants sur les personnes vulnérables, selon elle.

Avec l'inflation qui touche tous les secteurs de consommation, elle s'inquiète, affirmant que cela pourrait obliger les gens à faire des choix déchirants.

C’est de l’argent de plus destiné à la nourriture ou pour la médication que les gens doivent payer, souligne-t-elle. Ça n’impacte pas que les gens qui vivent avec un handicap, mais ça va les toucher très sévèrement.

Avec les informations de Julien David-Pelletier et de Frederic Pepin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !