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Un ancien élève du Collège Athol Murray, à Wilcox, dénonce la culture des initiations

Un homme sourit devant la caméra.

Todd Tisdale dit avoir quitté le collège catholique situé à Wilcox, au sud de Regina, traumatisé après avoir subi des violences physiques, mentales et sexuelles.

Photo : Gracieuseté de Todd Tisdale

Radio-Canada

Un ancien élève et joueur de hockey du Collège Athol Murray de Notre-Dame, à Wilcox, en Saskatchewan, dénonce la culture des initiations au cours de son passage au milieu des années 1980.

AVERTISSEMENT : ce texte présente des passages au contenu sensible.

Todd Tisdale dit avoir quitté le collège catholique, situé à Wilcox, au sud de Regina, traumatisé après avoir subi des violences physiques, mentales et sexuelles de la part d'autres élèves. L'homme, qui demeure aujourd’hui en Alberta, veut aider les autres qui auraient subi de tels sévices.

Je veux simplement changer le point de vue des gens sur la culture des initiations. Ce n'est pas une sorte d'expérience de rapprochement. C'est une expérience terrible et traumatisante, a-t-il déclaré en entrevue à CBC.

Selon lui, plusieurs anciens élèves l’ont contacté après que son histoire eut été rendue publique en décembre dernier.

Todd Tisdale est arrivé au Collège Athol Murray à l'âge de 15 ans. Malgré ses rêves de devenir hockeyeur, il affirme que les initiations étaient omniprésentes. Il dit qu'il a été étranglé et frappé au point de perdre connaissance.

« Il s'est passé beaucoup de choses dans cette école qui n'auraient pas dû se produire. »

— Une citation de  Todd Tisdale, ancien élève au Collège Athol Murray de Notre-Dame, à Wilcox

L'homme natif de Swift Current, en Saskatchewan, se souvient d'un incident particulièrement traumatisant. Il a été forcé d'entrer dans une pièce avec d'autres élèves. Il explique que, lorsqu'il est entré, un autre élève qui se trouvait déjà dans la pièce avait le pantalon baissé et une corde attachée autour de ses parties génitales.

Il raconte avoir été expulsé du Collège parce que la direction lui a dit qu’il était parti sans permission pour rendre visite à sa copine à Regina.

« J'ai vécu beaucoup de traumatismes entre l'âge de 16 et 24 ou 25 ans. J'étais en quelque sorte en état de choc et j'ai fait une dépression nerveuse à 24 ans. »

— Une citation de  Todd Tisdale, ancien élève du Collège Athol Murray de Notre-Dame, à Wilcox

Par la suite, il a quitté la province pour s’établir à Medecine Hat, en Alberta.

Le Collège réfute les allégations

Au cours des années 1990, Todd Tisdale a exigé à deux reprises des excuses de la part de la direction de l’établissement. Il a même intenté une poursuite au civil datée de 2018.

Dans cette poursuite, il invoque la négligence du personnel scolaire, le manque de supervision des élèves et l’échec de l’établissement à le protéger. Il demande une compensation financière qui doit être déterminée par un juge.

Comme il était mineur, c’est le Collège Athol-Murray qui agissait comme tuteur.

Le Collège Athol-Murray de Notre-Dame a réfuté toutes les allégations de M. Tisdale. La défense demande de prouver les blessures subies et les dommages qui sont décrits dans la cause. Le Collège réfute la responsabilité des comportements des autres élèves et souhaite que la poursuite soit annulée.

Todd Tisdale a soumis une version modifiée de sa poursuite en avril dernier avec un ancien élève, mineur à l'époque, qui résidait dans le même dortoir que lui en 1986. Cette personne doit faire une déclaration dans les 30 prochains jours.

Dans un communiqué envoyé le 11 mai à CBC, le Collège Athol-Murray de Notre-Dame a refusé tout commentaire supplémentaire en raison de cette poursuite en cours, a écrit le président, Rob Palmarin.

Changer la culture

Le professeur à la Faculté de kinésiologie de l’Université du Manitoba Jay Johnson affirme qu’il y a un long historique quant à la culture des initiations dans les écoles et les programmes sportifs.

Le professeur, qui a fait des recherches sur la culture des initiations dans le milieu sportif pendant des années, affirme que les initiations sont ancrées dans la tradition et ont souvent existé comme un secret dans les écoles.

Nous n’entendons pas souvent des personnes parler de cette culture en public parce qu’elles se sentent seules, explique-t-il.

M. Johnson précise que, depuis les années 1980, des progrès ont été accomplis pour mettre fin à cette culture des initiations, grâce à une meilleure sensibilisation. De plus, de nombreuses écoles et équipes ont maintenant des politiques. Cependant, plusieurs écoles doivent aller plus loin que de simplement ajouter un nouveau paragraphe dans leur code de conduite, selon lui.

Avec les informations de Kendall Latimer

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