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Un parasite décime les ruches du Nouveau-Brunswick

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Le varroa affecte le système immunitaire des abeilles ainsi que leur longévité.

Photo : getty images/imagebroker rf / Horst Sollinger

Quand Eric Neil a scruté les alvéoles de ses ruches de la miellerie HoneyHouse, à Charlo dans le Restigouche, il a découvert un véritable carnage d’abeilles mortes, causé non par un hiver difficile, mais par la présence d’un insecte nuisible que redoutent les apiculteurs.

Le varroa a frappé. Et il a frappé fort. Ce parasite a détruit près de la moitié des colonies de ses 400 ruches.

À une centaine de kilomètres à l’ouest, c’est un désastre, a qualifié Claude Hachey, de la Vallée du nectar à Tétagouche-Sud, près de Bathurst.

« Nous n’avons jamais eu des pertes aussi énormes. Normalement, on peut voir jusqu’à 20 % de perte. Mais là, c’est la moitié et même plus. Au Québec et en Ontario, on parle même de plus de 60 %. C’est beaucoup trop. J’ai parlé à d’autres apiculteurs et eux aussi ont enregistré de grosses pertes.  »

— Une citation de  Eric Neil, apiculteur de la miellerie HoneyHouse de Charlo

Claude Hachey a également subi des pertes importantes, de près de 60 %, sur ses 160 ruches. Normalement, quand il atteint 5 %, c’est beaucoup, atteste-t-il. Des pertes qu’il devra payer de sa poche.

J’ai éparpillé mes ruches sur une dizaine d’emplacements. Certaines sont mieux. D’autres, c’est dégueulasse. Avec ces pertes, on arrive à peine à garder la tête au-dessus de l’eau, prétend-il.

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Eric Neil, de la miellerie HoneyHouse de Charlo, montre une affiche expliquant les ravages du parasite varroa dans ses ruches.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Cette situation risque de faire mal aux producteurs de bleuets, dont la pollinisation par les abeilles est essentielle. Surtout que ce printemps, les plants ont produit plusieurs bourgeons, indique M. Hachey.

Une menace pour les abeilles mellifères

Le varroa représente la plus importante menace pour les abeilles mellifères. Ce parasite externe de taille relativement grande (1,5 millimètre) se nourrit des liquides organiques des abeilles mellifères adultes ou au stade de développement.

En se nourrissant, le varroa cause des dommages matériels aux abeilles, les affaiblit et leur transmet divers pathogènes, en particulier des virus. Dans presque tous les cas, une infestation par le varroa entraîne la perte de toute la colonie d'abeilles.

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L'image montre le parasite varroa collé sur le côté d'une abeille.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Leur présence en plus grand nombre - et leurs dégâts - est due à un été 2021 plus chaud et plus long, explique Eric Neil, ce qui a permis à la mite de proliférer.

À la miellerie HoneyHouse, on n’a pu que constater les ravages.

Cela a un effet énorme sur la pollinisation des champs de bleuets et sur la production de miel. Il faut aussi remplacer toutes ces ruches. Chez nous, il faut acheter plus de 200 ruches, dont le coût varie de 230 $ à 400 $. C’est un gros défi, raconte cet apiculteur qui doit répondre à des demandes de pollinisation un peu partout dans la province.

Claude Hachey, de la Vallée du nectar, croit aussi que le varroa est responsable de cette hécatombe, mais il ajoute d’autres facteurs comme la météo peu propice à la protection des ruches cet hiver après un été chaud et long ainsi que des virus communs dans le milieu de l’apiculture.

« Ces virus, c’est comme une sorte de COVID-19 de l’abeille. »

— Une citation de  Claude Hachey, propriétaire de la Vallée du nectar

Du côté du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, on a laissé savoir qu’il était encore trop tôt pour évaluer l’étendue des dommages chez les apiculteurs de la province.

Le Nouveau-Brunswick compte 450 apiculteurs qui élèvent plus de 10 000 colonies d’abeilles. Elles produisent 125 000 kilos de miel par an, selon les données du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches.

Un terrain de fleurs pour les abeilles

D’un autre côté, un résident de Grande-Anse veut lancer une initiative citoyenne pour utiliser les champs inutilisés et y planter des fleurs qui serviront de nourriture pour les abeilles.

Réginald Boudreau est prêt à fournir 40 acres de ses terres pour démarrer ce projet. Le retraité et ancien maire de la municipalité cherche maintenant des partenaires pour gérer cette expérience qui a suscité de nombreux commentaires d’appui sur les réseaux sociaux.

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Les propriétaires de terrains sont appelés à s'abstenir de couper l'herbe de leur terrain pendant tout le mois de mai.

Photo : iStock / Perboge

Son plan est de préparer ce terrain à l’automne pour semer dès que possible au printemps 2023. Il a parlé à des agronomes pour connaître les meilleurs mélanges de graines à semer.

Cependant, son projet a aussi un prix. Selon ses estimations, il en coûterait près de 5000 $ uniquement en graines. C’est pourquoi il ne veut pas s’en occuper seul. Il cherche des personnes qui seraient prêtes à lui donner un coup de main.

Ce sera bon pour les abeilles. Elles ont besoin de fleurs pour se nourrir. Nous allons choisir des variétés qui fleuriront tout l’été. Ce sera très beau et ça rendra service, est convaincu Réginald Boudreau.

Il dit souhaiter que ce petit engagement fasse boule de neige auprès d’autres propriétaires de terrains, des municipalités et des régions comme la Péninsule acadienne. Le succès de son initiative sur Facebook démontre l’intérêt face à son projet, donne-t-il comme preuve.

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