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Indemnisation du syndicat des profs de l’Université du Manitoba : la province fait appel

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Dans un communiqué de presse, l’UMFA confirme que l’appel a été déposé mercredi (archives).

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Michel

Radio-Canada

Le gouvernement du Manitoba fait appel de la décision de justice qui lui ordonne de verser 19,3 millions de dollars à l’Association des professeurs de l’Université du Manitoba (UMFA) pour ingérence dans les négociations collectives en 2016.

En février, la juge de la Cour du Banc de la Reine Joan McKelvey a statué que le gouvernement manitobain s'était ingéré dans les négociations entre l'Université du Manitoba et l’UMFA, violant ainsi les droits de la charte du syndicat.

L'attitude du gouvernement avait entraîné une grève de 21 jours du corps enseignant.

En février, le syndicat avait expliqué que cette indemnisation se monterait à 16 millions au personnel pour compenser les salaires perdus. Le reste, soit près de 3 millions, est destiné à couvrir les coûts associés à la grève de 2016.

Dans un communiqué de presse, l’UMFA confirme que l’appel a été déposé mercredi. La présidente du syndicat, Orvie Dingwall ne comprend pas cette décision.

« C'est décourageant de voir que le gouvernement a choisi de faire appel de cette décision et de prolonger l'ère de l'ingérence dans les négociations collectives et à l'Université du Manitoba. »

— Une citation de  Orvie Dingwall, présidente de l'Association des professeurs de l’Université du Manitoba (UMFA)

Des pourparlers secrets sur le gel des salaires

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La grève des professeurs de 2016 a pris fin lorsque les membres du syndicat ont accepté à contrecœur un gel des salaires d'un an (archives).

Photo : Radio-Canada

Orvie Dingwall précise que l'appel du gouvernement est intervenu deux jours après qu'un comité législatif a commencé les audiences sur l'abrogation de la loi sur le gel des salaires.

Les problèmes constitutionnels sans précédent et le recours méritent un examen plus approfondi , a dit un porte-parole de la province. Il s’est refusé à tout autre commentaire.

Le gouvernement dispose de 45 jours pour déposer tous ses arguments et ses preuves, après quoi l'UMFA, qui représente 1265 professeurs, instructeurs et bibliothécaires à temps plein, déposera sa réponse.

Avant la grève, il semblait qu'un long processus de négociation avait abouti. Après neuf mois de négociation, l'Université a proposé à l'UMFA un contrat de quatre ans qui aurait entraîné une augmentation de salaire de 17,5 % sur cette période.

L'administration de l'Université a été forcée de retirer cette proposition de la table après des communications secrètes entre des membres du gouvernement.

Selon des documents judiciaires, la province, sous la direction de Brian Pallister, alors premier ministre, avait formé un comité de rémunération du secteur public, composé de ministres et d'autres personnes. Le comité a élaboré une politique de gel des salaires d’un an à 0 % et a informé le négociateur en chef de l'Université du Manitoba que cela n'était pas négociable.

Le comité a alors indiqué à l'Université de ne pas divulguer la directive provinciale lors des pourparlers avec le syndicat et l’a informée que le non-respect de cette directive entraînerait des répercussions financières.

L'Université a donc proposé à l'association des professeurs une proposition modifiée qui comprenait un gel des salaires d'un an. Cela a déclenché la grève, qui n'a pris fin que lorsque le syndicat l'a acceptée à contrecœur, trois semaines plus tard.

L'administration de l'Université s'est excusée en mai 2018 et a accepté de verser à chaque membre de l'UMFA et au syndicat un montant de 2000 $ en compensation.

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