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QG de la police de Winnipeg : un pot-de-vin de 105 000 $ pour le directeur du projet

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Les documents déposés à la Cour par la Ville de Winnipeg indiquent qu’Ossama Abouzeid aurait reçu un pot-de-vin par l’entremise d’une entreprise contrôlée par l’entrepreneur responsable de la construction du QG de la police.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Dans des documents récemment déposés à la Cour du Banc de la Reine, la Ville de Winnipeg allègue que le directeur du projet de construction du quartier général de sa police, Ossama Abouzeid, a accepté 105 000 $ en pots-de-vin de la part de l’entrepreneur responsable du projet.

L’allégation fait partie d’un avis de motion déposé le 4 mai dernier dans le cadre de la poursuite de Winnipeg à l’encontre de l’entrepreneur responsable du projet de construction, Armik Babakhanians, de sa compagnie Caspian et d'une douzaine d’autres défendeurs.

Winnipeg a lancé les procédures en 2020, accusant les défendeurs d’être impliqués dans un système de fraude, de détournement de fonds et de pots-de-vin en lien avec la construction du quartier général de la police.

Une décision récente de la Cour du Banc de la Reine dans cette affaire indique que l'ancien directeur général de la Ville de Winnipeg, Phil Seegl, a reçu un pot-de-vin de 327 000 $ de Mountain Construction, une entreprise contrôlée par Armik Babakhanians.

Selon la Ville, alors qu’il était le directeur du projet de construction, Ossama Abouzeid et sa compagnie Dunmore auraient reçu 105 000 $ de Mountain Construction.

Dans les plus récents documents qu’elle a déposés à la cour, la Ville affirme que Mountain Construction a transféré les fonds à M. Abouzeid en avril 2011, soit un mois avant que son contrat de directeur du projet de construction du QG de la police ne débute et plusieurs mois avant que Caspian n'obtienne le contrat de construction.

Winnipeg affirme que les fonds ont été versés en sachant que Dunmore et/ou M. Abouzeid étaient des agents de la Ville entretenant une relation commerciale avec d’autres défendeurs au moment où les pots-de-vin ont été donnés, dans le but de les influencer pour qu’ils procurent à des défendeurs des avantages déloyaux.

La Ville allègue dans des documents que M. Abouzeid et Dunmore conspiraient avec Armik Babakhanians et l’ancien DG de Winnipeg, Phil Sheegl. Winnipeg allègue que M. Sheegl aurait fait en sorte qu’un employé du Service de police de Winnipeg soit remplacé à la direction du projet par M. AbouZeid.

Les documents incluent aussi des échanges de courriels entre M. Babakhanians et Peter Chang, qui travaillait pour la société d'ingénierie structurelle Adjeleian Allen Rubeli. Il est lui aussi poursuivi par la Ville.

En 2012, M. Chang avait écrit à M. Babakhanians pour lui exprimer ses frustrations au sujet du projet du quartier général, toujours selon les documents déposés à la Cour par la Ville.

« J’ai mis Ossama [Abouzeid] là-bas parce qu’il n’a pas d’autre valeur que de faire tout ce qu’on lui demande et qu’il fait aussi partie d’un comité sur certaines affaires municipales. »

— Une citation de  Armik Babakhanians, dans sa réponse par courriel à Peter Chang

Les avocats d’Ossama Abouzeid ont refusé de répondre aux allégations de pots-de-vin. Nous n’avons pas de commentaires [...] Nous répondrons en cour [...] Notre client nie toute faute et franchement, il n’est pas au centre du litige, a déclaré l’avocat de M. Abouzeid, Jamie Kagan.

Un sous-traitant aussi accusé

Le directeur général actuel de la Ville de Winnipeg, Michael Jack, allègue aussi qu'un entrepreneur sous-traitant, Peter Giannuzzi fils, a reçu 1 million de dollars en profits provenant du projet.

Selon les documents déposés à la Cour en mai, M. Giannuzzi fils aurait reçu deux paiements de 500 000 $ provenant de Mountain Construction.

M. Jack y affirme que la Ville de Winnipeg a obtenu une copie d’un échange de courriels entre M. Giannuzzi et le fils d’Armik Babakhanians, Shaun Babakhanians, lui aussi poursuivi par la Ville.

Dans une feuille de calcul jointe à l’échange, Peter Giannuzzi fils parle de rénovations mineures de résidences personnelles amorties dans des projets et de profits provenant du projet de construction du QG de la police d'une valeur approximative de 12,5 millions de dollars.

Selon la feuille de calcul, la compensation totale anticipée de M. Giannuzzi se situe à un peu plus de 1,6 million de dollars.

Peter Giannuzzi fils était aussi un employé de Caspian et le chef de chantier dans la construction du quartier général de la police, selon l'organigramme de la compagnie qu'on trouve dans les documents de la cour.

Son père, Peter Giannuzzi père, et une compagnie à numéro qu'il possédait étaient étaient également actionnaires d’une autre entreprise poursuivie par Winnipeg, Fabca-PMG Projects. Cette compagnie a été incorporée en 2013, pendant la construction du quartier général.

Les services du juricomptable Victor Neufeld ont été retenus par la Ville pour faire un audit des dossiers du QG de la police. Son affidavit allègue que Caspian a facturé 20,7 millions de dollars à la Ville pour des travaux effectués par de Fabca-PMG Projects.

« On ne sait pas exactement comment Fabca a réussi, sans soutien externe, à accomplir la quantité de travail facturée, alors que Fabca n’avait que quatre employés disposant de l'autorisation de sécurité nécessaire pour être sur place. »

— Une citation de  Victor Neufeld, juricomptable

Les Giannuzzi père et fils et M. Babakhanians n’ont pas voulu répondre aux questions de CBC/Radio-Canada. Le dossier est toujours devant la Cour du Banc de la Reine.

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