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Accès inédit aux archives musicales franco-ontariennes

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Dans sa résidence, Guy Madore possède plus de 140 cartables d'archives sur la musique franco-ontarienne.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Guy Madore ouvre les portes de sa maison du Nipissing Ouest, où il conserve des milliers de coupures de journaux sur Damien Robitaille et sur Stef Paquette en passant par Paul Demers et plusieurs autres. Un travail d'archivage qu'il a commencé il y a presque cinquante ans avec sa femme, la regrettée Pierrette Madore.

On a au-dessus de 140 cartables, clame Guy Madore. Facile à croire, car trois armoires sont remplies de cartables de trois pouces. À côté de l’imprimante, le trop-plein.

Je ne les ai pas tous placés encore parce que je n’ai plus de place, s’esclaffe M. Madore à propos de son imposante collection. J’aurais été obligé d’avoir toute une autre armoire.

Chaque artiste a son propre cartable et les plus médiatisés comme Robert Paquette et Véronic Dicaire en ont quatre.

Ce n’est pas seulement les articles de journaux : il y a nos propres photos à nous autres qu’on prend, assure-t-il en nous montrant une capture d’un jeune Damien Robitaille au Festival du loup en 2003 à Lafontaine.

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Dans sa collection, Guy Madore a non seulement des articles de journaux mais aussi des photos qu'il a prises lors de concerts et de festivals.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Après avoir feuilleté un des cartables du spécialiste des vidéos virales, Guy Madore nous ouvre celui de Stef Paquette.

Son voyage au Moyen-Orient est cité par de nombreux médias puisque l'artiste a préféré passer du temps au pays des chameaux plutôt que d'aller recevoir son Trille Or en personne au gala de la chanson de l'Association des professionnels de la chanson et de la musique.

« Avant, on recevait tous les journaux [du Canada], parce que Pierrette travaillait à la Commission des langues officielles. Eux autres les recevaient tous. Quand ils venaient pour les jeter après un mois, ils donnaient la pile à Pierrette. »

— Une citation de  Guy Madore, archiviste

À leur résidence, Guy et Pierrette ont épluché les moindres articles afin de voir si on n'y parlait pas d’un des leurs.

Ils ont découvert des artistes comme Soir de semaine et Jocelyne Baribeau dans les journaux L’Aurore boréale au Yukon et La Liberté au Manitoba.

Depuis ces découvertes musicales, les artistes de l’Ouest ont leurs cartables eux aussi.

Découper, classer et collectionner : une façon de se connecter avec Pierrette

En 2020, Guy Madore a perdu sa femme, Pierrette, une semaine avant notre quarantième anniversaire de mariage.

Depuis, la vie lui a envoyé quelques autres embûches, notamment la pandémie et la perte de ses beaux-parents, mais il continue à s’accrocher. Il se sent plus près de sa bien-aimée en épluchant les sections arts et spectacles des journaux locaux.

J’essaie de passer deux à trois heures à chaque trois jours, dit-il tout en prenant soin de mettre les découpures du Voyageur dans des pochettes plastifiées afin d'éviter qu’elles jaunissent.

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En l'absence de sa femme, Guy Madore continue de découper les derniers articles du journal «Le Voyageur».

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

À cause de la pandémie, Guy n'a pas pu socialiser avec les artistes ni les prendre en photo. J’ai essayé de regarder tous les spectacles virtuels que je pouvais.

Il repense avec beaucoup d’émotion à cette soirée d’avril dernier où il a reçu le prix Nouvel Ontario lors de la 49e Nuit sur l'étang de Sudbury.

Il y avait quelqu’un là-haut qui me regardait, laisse-t-il tomber avec un fort trémolo dans la voix. Ça faisait huit ans qu’ils n’avaient pas donné le prix.

Une collection qui a une valeur historique

Après le décès de sa bien-aimée, les appels pour prendre possession de sa collection ont commencé à rentrer chez Guy Madore.

« On me dit que c’est la seule collection d’archives des artistes franco-ontariens. »

— Une citation de  Guy Madore, archiviste

Qu’adviendra-t-il de cette collection? Où se trouvera-t-elle quand M. Madore ne pourra plus en prendre soin? Il envisage déjà de s'en départir et de l'offrir au centre d'archives de l’Université d’Ottawa.

Je n’ai pas mis de date, j’ai mis une année. J’ai eu 67 [ans]. Je vais essayer de continuer le plus longtemps possible.

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Cet article au sujet de Robert Paquette est le premier que le clan Madore a recueilli.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

D’ici là, le finaliste au prix Bâtisseur lors du Gala Trille Or de 2017 espère faire découvrir la culture franco-ontarienne à un plus vaste public.

Une classe en provenance de la Suisse est d’ailleurs attendue à son domicile.

L'enseignant suisse veut faire découvrir à ses élèves d’autres cultures que celle du Québec : il veut introduire les Franco-Ontariens à la Suisse, conclut un Guy Madore excité par son devoir de passeur culturel.

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