•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Même au coeur de la « Ford Nation », Doug Ford ne fait pas l’unanimité

Le boucher Stephen Linardi pèse des saucisses de porc fraîches dans son commerce situé au coeur de la Ford Nation.

Le boucher Stephen Linardi pèse des saucisses de porc fraîches dans son commerce situé au coeur de la Ford Nation.

Photo : Radio-Canada

Chez Potenza Meats, boucherie familiale en plein coeur de la Ford Nation, difficile de trouver quelqu'un qui n'aime pas le premier ministre sortant.

Teresa hésite devant le comptoir, puis pointe du doigt le foie de boeuf, qui est au rabais.

Cliente fidèle de Potenza depuis des décennies, la septuagénaire, qui ne nous dit pas son nom de famille, a vu la région passer du rouge au bleu plus d'une fois.

Je n'ai rien à lui reprocher, dit-elle, lorsqu'on lui demande ce qu'elle pense de Doug Ford, qui a remporté plus de 50 % des voix dans Etobicoke-Nord aux dernières élections.

Avant 2018, la circonscription a été rouge pendant 15 ans et a été détenue par l'adjoint parlementaire de l'ancienne première ministre Kathleen Wynne, Shafiq Qaadri.

L'un des bouchers montre un certificat signé par Doug Ford, soulignant les 50 ans de l'entreprise. M. Ford l'a apposé lui-même sur le mur, souligne-t-il fièrement. Il a visité la boucherie plus d'une fois.

« Doug Ford travaille dur pour remettre de l'argent dans nos poches et stimuler l'économie. On a déjà eu un remboursement pour nos frais de vignettes d'immatriculation. »

— Une citation de  Stephen Linardi, boucher chez Potenza Meats
Un certificat pour souligner les 50 ans de l'entreprise, signé par Doug Ford.

Un certificat pour souligner les 50 ans de l'entreprise, signé par Doug Ford

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Son cousin Nicholas, lui aussi boucher, renchérit : Doug Ford a vraiment fait de son mieux durant la pandémie. Il comprend le monde des affaires, il travaille fort.

Doug Ford est à nouveau largement favori dans Etobicoke-Nord, mais ce ne sont pas tous les électeurs qui approuvent son bilan.

Collins Tambe nous accorde une entrevue à la hâte, à l'extérieur de son restaurant, African Village.

Durant la pandémie, le jeune entrepreneur d'origine camerounaise a dû licencier la majorité de ses employés et limiter les montants qu'il pouvait envoyer à sa famille, au pays.

Les aides financières promises par le gouvernement ontarien ont tardé à venir et ne couvraient qu'une fraction de ses dépenses. Ce qu'ils nous ont donné, franchement, ça n'est rien comparé à ce qu'on gagnait avant.

Collins Tambe, propriétaire du restaurant African Village, avec l'une de ses employées.

Collins Tambe, propriétaire du restaurant African Village, avec l'une de ses employées.

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Il ne pense pas qu'il ira voter, à moins que l'un des partis propose une nouvelle aide financière considérable pour les commerçants. De toute manière, il n'a pas trop le temps d'y penser.

Rien ne change. Avec Doug Ford, avec celui qui était là avant, rien n'a changé.

Une Franco-Ontarienne contre Doug Ford

Julie Lutete est bien connue dans la communauté immigrante de l'ouest de Toronto. La fondatrice de l'organisme l'Auberge francophone dit avoir aidé des centaines de familles à s'établir dans la région au fil des ans.

M. Ford, dit-elle, ignore les communautés culturelles de sa propre circonscription qui peinent à joindre les deux bouts. C'est la raison qui la pousse à se présenter sous la bannière libérale dans Etobicoke-Nord, même si le défi est de taille.

Les loyers sont trop chers, les maisons sont devenues trop chères. Les gens nous disent qu'ils n'ont même pas les moyens d'avoir le dépôt pour pouvoir acheter une maison, dit-elle.

Sa stratégie contre M. Ford? Aller à la rencontre des gens et entendre les doléances des petits commerçants qui ont souffert durant la pandémie, pour les ramener chez les libéraux.

Mme Lutete, qui est aussi présidente de la Coalition des Noirs francophones de l'Ontario, compte sur l'appui de membres de l'organisme comme bénévoles.

Nous en rencontrons quelques-uns dans son bureau de campagne.

C'est une dame forte, qui en a fait beaucoup pour la communauté, lance l'un d'eux.

La candidate libérale dans Etobicoke Nord entourée de bénévoles.

La candidate libérale dans Etobicoke-Nord entourée de bénévoles.

Photo : Twitter/Julie Lutete

Chez les verts, c'est aussi un francophone qui se présente dans la circonscription : Gabriel Blanc, un étudiant en histoire et en études de l'environnement à l'Université Brown.

La candidate néo-démocrate, Aisha Jahangir, est une infirmière spécialisée en santé mentale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !